Comment garder son calme avec son enfant

Comment garder son calme avec son enfant
Vie de famille : ce que vous devez faire pour garder votre sang-froid


Se fâcher devant son enfant peut arriver à tous les parents. Cependant, cette réaction peut entraîner chez l’enfant une augmentation du stress ainsi que différentes émotions, telles que la peur, l’impuissance, la tristesse et la honte. De plus, la colère fait souvent place, par la suite, à un sentiment de culpabilité et de honte chez le parent.

Comment garder son sang-froid

Quand vous sentez la colère monter en vous, plutôt que d’exploser devant votre enfant, vous pourriez vous éloigner un instant et poser des gestes qui feront baisser votre tension. Ainsi, en plus de vous calmer, vous montrez à votre enfant qu’il y a des façons saines de gérer la colère.

Voici quelques trucs qui vous aideront à vous maîtriser et à vous détendre :

Quand vous êtes en colère, il est important de faire passer la sécurité de votre enfant en premier. Si vous devez vous éloigner pour vous calmer, assurez-vous alors qu’il est en sécurité.
  • Modifiez le discours dans votre tête. Dites-vous, par exemple : « C’est moi le parent. Mon enfant compte sur moi pour l’aider à s’apaiser. Son cerveau est toujours en développement. »
  • Comptez jusqu’à 10, respirez profondément ou buvez un verre d’eau.
  • Rappelez-vous un moment de bonheur ou de tendresse vécu avec votre enfant. Ce souvenir libère dans votre cerveau de la dopamine et de l’ocytocine, des hormones de bien-être qui vous calmeront. Vous pourriez accrocher une photo d’un moment heureux avec votre enfant sur le réfrigérateur afin de pouvoir l’avoir sous les yeux rapidement.
  • Changez de pièce ou sortez quelques minutes, mais assurez-vous, avant, que votre enfant est en sécurité. Dites-lui que vous allez vous calmer et, surtout, que vous reviendrez le voir tout de suite après.
  • Téléphonez à votre partenaire, à un ami ou à la ligne Info-Social (811) pour une assistance immédiate. Vous pouvez aussi appeler Première ressource – Aide aux parents (1 866 329-4223).
  • Dites à votre enfant que vous êtes en colère et ce que vous comptez faire pour vous calmer, par exemple : « Ouf, je sens une boule de colère qui monte en moi, j’ai chaud et mon cœur bat rapidement, je vais compter jusqu’à 10 pour me calmer. » Nommer l’émotion ressentie (« Je suis très fâché »), et non la raison de la colère (« Je suis fâché parce que tu ne m’écoutes pas »), permet de diminuer l’émotion difficile ressentie.
  • Bougez. Lorsque vous vous mettez en colère, votre corps produit du cortisol et devient tendu. Bouger est un moyen efficace de libérer cette tension. Vous pouvez par exemple courir sur place, sauter ou danser. Vous pouvez aussi prendre lentement de grandes inspirations en gonflant votre ventre le plus possible. Maintenez votre souffle une ou deux secondes et expirez. Après trois ou quatre respirations, votre niveau de stress devrait diminuer.
  • Changez-vous les idées, en écoutant de la musique ou une vidéo drôle, par exemple.
  • Si l’autre parent est présent, déterminez à l’avance avec lui ou elle les gestes, les paroles ou les réactions qui indiquent que vous avez besoin qu’il ou elle vienne s’occuper de votre enfant. Votre partenaire saura ainsi rapidement quand intervenir pour vous permettre de vous calmer.
  • Si quelqu’un est présent pour s’occuper de votre enfant, écrivez au sujet de ce qui a provoqué votre colère.
  • Évitez les gestes violents (ex. : jeter un objet contre le mur ou taper du poing sur quelque chose), car cela ferait peur à votre enfant et alimenterait votre colère au lieu de vous calmer.
  • Ne prenez pas un verre d’alcool pour vous calmer. Au lieu de vous apaiser, l’alcool risque de rendre le contrôle de vos émotions plus difficile.

Quand votre patience est-elle mise à l’épreuve?

Pour le découvrir, vous pouvez noter pendant un certain temps les circonstances qui entourent chacun de vos moments d’impatience ainsi que vos réactions, par exemple : « Mon enfant refusait de venir s’asseoir à table. Je lui ai répété la consigne trois fois de loin, en parlant plus fort chaque fois et il n’a pas bougé. J’ai ensuite crié et il a pleuré. »
Vous verrez ainsi les situations qui mettent votre patience à l’épreuve ainsi que la progression de l’intensité de vos réactions (ex. : je me crispe, je lève le ton, mon coeur bat plus vite, etc.). Ces observations vous aideront à mettre en place des stratégies pour rester calme adaptées à vos besoins et à ceux de votre enfant.

Pourquoi un parent se met-il en colère?

Un comportement de votre enfant peut être à l’origine de votre colère. Toutefois, vous pouvez aussi vous mettre en colère contre lui parce que vous vivez du stress ou parce que vos attentes envers lui sont trop élevées. Trouver la véritable raison de votre colère est important pour comprendre votre réaction et éviter qu’elle se reproduise.

Le stress

Votre humeur, votre niveau d’énergie, votre journée de travail et l’accumulation de petits stress peuvent diminuer grandement votre réserve de patience. C’est pourquoi vous ne réagissez pas toujours de la même façon lorsque votre tout-petit adopte un certain comportement (ex. : chaque fois qu’il refuse d’aller prendre son bain).

Par exemple, plus vous vivez des situations stressantes durant la journée (ex. : enfant qui refuse de s’habiller, retard au bureau, patron qui réduit les délais pour un projet important, aucun repas planifié pour le souper), plus votre « réservoir » de patience se vide. Si votre « réservoir de patience » est plutôt vide en fin de journée, le refus de votre enfant de prendre son bain peut vous amener à perdre patience.

Lorsque vous vous mettez en colère contre votre enfant, demandez-vous si son comportement est véritablement à l’origine de votre réaction de colère. Si ce n’est pas le cas, prenez le temps de comprendre le ou les facteurs de stress qui peuvent influencer vos réactions avec votre enfant. Cette réflexion vous permet de déterminer des moyens pour travailler sur le réel problème et ainsi diminuer les risques que la situation se reproduise.

Dans ce cas, soyez honnête avec votre tout-petit. Vous pouvez par exemple lui dire : « J’ai perdu patience quand tu as refusé d’aller prendre ton bain, mais ce n’est pas ta faute. J’ai eu une dure journée au bureau. Je suis désolé de ma réaction. »

Comment remplir votre « réservoir de patience »?

Pour remplir votre « réservoir de patience », prenez 5 minutes au retour à la maison pour faire un gros câlin familial. Ce moment vous ramènera dans l’instant présent, vous apaisera en plus de vous donner l’énergie nécessaire pour poursuivre le reste de la soirée. Ce sera aussi l’occasion pour votre enfant de remplir son réservoir d’affection.

Des attentes trop élevées envers l’enfant

La maturité de votre enfant se développe petit à petit. Avant l’âge de 5 ans, le contrôle des émotions et des impulsions est difficile. Le développement de la partie du cerveau responsable de la gestion des impulsions, du raisonnement et de la résolution de problèmes est complexe et se poursuit jusqu’à l’âge adulte.

La réaction spontanée de votre enfant face à un inconfort est donc de réagir plutôt que de réfléchir. Si votre enfant en colère lance son toutou vers vous, votre cerveau le perçoit comme une menace et se met en mode défensif. Vous portez alors votre attention sur les réactions de colère de votre enfant, et non sur le fait que son cerveau est encore immature et que ses émotions sont exprimées avec maladresse. Vous perdez alors patience.

Comme parent, vous devez ajuster vos attentes en fonction des besoins et du développement de votre enfant. Par exemple, pour vous aider à rester calme, dites-vous que votre enfant est encore immature et qu’il a besoin de vous pour s’apaiser et apprivoiser ses émotions.

Faut-il s’excuser à son enfant?

Père qui s’excuse à son enfant

Exiger de vous-même de toujours rester calme et de ne jamais vous mettre en colère est une mission impossible. Votre patience a ses limites et, comme tout être humain, vous allez vivre des émotions que vous aurez de la difficulté à contrôler.

Toutefois, en raison de son cerveau immature, votre enfant pense que tout est centré sur lui. Ainsi, lorsque vous vous fâchez, il croit qu’il est responsable de votre réaction et que vous ne l’aimez plus.

Si vous avez réagi trop fortement devant votre tout-petit, il est donc préférable de vous excuser et d’admettre que vous n’auriez pas dû vous emporter. Présenter des excuses à votre enfant ne nuira pas à votre autorité. Au contraire, cela peut apaiser votre enfant et renforcer votre relation avec lui.

Comment présenter des excuses à votre enfant?

Lorsque vous vous excusez, votre enfant comprend que vous faites des erreurs vous aussi et que vous êtes capable de les reconnaître.
  • Mettez-vous à sa hauteur et regardez-le dans les yeux. Il comprendra la sincérité de vos excuses.
  • Dites-lui par exemple : « Je m’excuse, je t’ai fait peur quand j’ai crié tantôt. Je n’aurais pas dû crier, je crois que tu n’as pas aimé ça » ou « J’étais très en colère tout à l’heure. C’est pour ça que je suis allé dans la salle de bain pour respirer, me calmer et mieux réfléchir ensuite ». C’est l’occasion pour votre enfant de voir que vous mettez en pratique ce que vous lui enseignez, comme nommer ses émotions et trouver des moyens pour se calmer. Vous êtes un modèle pour lui.
  • Si votre enfant a eu un comportement inacceptable, profitez du moment où vous vous excusez pour lui expliquer calmement ce qui vous a mis en colère. Par exemple : « J’ai eu peur que tu blesses ton frère en le poussant. Ce n’était toutefois pas une raison pour crier fort. »
  • Après vos excuses, prenez le temps de faire des câlins à votre enfant ou de jouer avec lui afin de rétablir le lien entre vous.

Quand demander de l’aide?

Si vous vous mettez en colère de plus en plus souvent et que cela entraîne des répercussions sur votre enfant, votre couple ou votre famille, consultez un médecin, un psychologue, un travailleur social ou un psychoéducateur.

Si vous sentez que vous ne pouvez pas dominer vos accès de colère ou si vous pensez que vous risquez de blesser votre enfant, physiquement ou affectivement, communiquez rapidement avec votre CLSC, votre médecin ou un organisme local de protection de l’enfance. Vous pouvez aussi appeler Info-Social (811) pour une aide immédiate.

Pour vous aider à faire face à des problèmes de discipline sans vous fâcher, consultez ces fiches :

À retenir

  • Lorsque vous êtes en colère, il est impossible d’adopter un comportement éducatif réfléchi. Calmez-vous d’abord et intervenez ensuite.
  • Une fois votre colère terminée, rétablissez la « connexion » avec votre enfant par des gestes d’affection ou une période de jeu.
  • Réfléchissez à ce qui a réellement déclenché votre colère et prenez des mesures pour y remédier.
Naître et grandir

Révision scientifique : Marie-Hélène Chalifour, psychoéducatrice
Recherche et rédaction :Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Octobre 2023

Photos : GettyImages/VioletaStoimenova et Antonio_Diaz

Ressources et références

Note : Les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • APPRENDRE À ÉDUQUER. La colère des parents, toujours une deuxième émotion? 2015. apprendreaeduquer.fr
  • FILLIOZAT, Isabelle. « Il me cherche! » : comprendre ce qui se passe dans le cerveau de votre enfant entre 6 et 11 ans. N. éd., Paris, Marabout, 2019, 216 p.
  • GORDON, Thomas. Parents efficaces : les règles d’or de la communication entre parents et enfants. N. éd., Paris, Marabout, 2020, 448 p.
  • GUEGUEN, Catherine. Pour une enfance heureuse : repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau. Paris, Pocket, 2015, 368 p.
  • HAMMARRENGER, Benoît. De l’opposition à la communication : entendre et comprendre vraiment vos enfants et vos adolescents. Québec, Éditions Midi trente, 2022, 200 p.
  • HAMEL, Sarah. Le ti-pou d’Amérique : mieux le comprendre pour mieux intervenir. Laval, Saint-Jean Éditeur, 2022, 200 p.
  • JULIEN, Gilles. Aide-moi à te parler : la communication parent-enfant. Montréal, Éditions du CHU Sainte-Justine, 2004, 140 p.
  • LUPIEN, Sonia. À chacun son stress. Éditions Va Savoir, 2019, 336 p.
  • LUPIEN, Sonia. Par amour du stress. Éditions Va Savoir, 2020, 438 p.
  • RACINE, Brigitte. L’autorité au quotidien. Montréal, Éditions du CHU Sainte-Justine, coll. « Parlons Parents », 2018, 288 p.

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