Les troubles du sommeil

Les troubles du sommeil
« Y’a un monstre sous mon lit! » Des stratégies gagnantes devant leurs peurs et leurs cauchemars.


Un tout-petit qui dormait bien jusque-là peut soudainement se mettre à crier ou à pleurer pendant son sommeil et à refuser d’aller au lit le soir. Dans la plupart des cas, les cauchemars, les terreurs nocturnes et les peurs au coucher sont responsables de ces comportements.

Les peurs au coucher

Les peurs à l’heure du dodo sont fréquentes chez plusieurs enfants âgés de 3 à 6 ans. Les plus courantes sont : la peur du noir, la peur des monstres et la peur des bruits que l’enfant ne reconnaît pas.

À cet âge, l’enfant ne fait pas encore très bien la différence entre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas et, en plus, il a une très grande imagination. Comme le soir il ne voit pas bien dans sa chambre, il peut ainsi croire que les choses qu’il imagine sont réelles (ex. : il croit que l’ombre d’un toutou est un monstre).

Même si la cause de la peur est imaginaire, la peur ressentie par l’enfant est bien réelle. Il a donc besoin d’être rassuré.

Comment réagir?

  • Ne vous fâchez pas contre votre enfant et ne vous moquez pas de lui lorsqu’il veut que vous veniez le voir dans sa chambre parce qu’il a peur. Même si ses peurs sont farfelues, elles n’en sont pas moins réelles pour lui. Vous ne réussirez à le rassurer qu’en adoptant une attitude calme et affectueuse.
  • Nommez ses peurs et parlez-en avec lui. Plus il se sentira compris, plus il réussira à les dominer.
  • Mettez en place une routine du soir calme (ex. : histoire, musique douce, massage). Vous aidez ainsi votre tout-petit à se débarrasser des tensions de sa journée et à se préparer au sommeil.
  • Mettez à sa disposition des objets qu’il peut utiliser quand il a peur, comme une petite veilleuse, une lampe de poche qu’il peut garder dans son lit ou encore un toutou rassurant.
  • Apprenez-lui à respirer profondément quand il commence à avoir peur.
  • Ne proposez pas à votre enfant de chasser le monstre de sa chambre. En lui disant cela, vous lui confirmez que le monstre existe… et donc qu’il peut revenir.
  • Parlez-lui des peurs que vous aviez lorsque vous étiez enfant et de vos trucs, si vous en aviez, pour les combattre. Votre tout-petit réalisera ainsi qu’il n’est pas le seul à avoir des peurs et qu’il existe plusieurs façons de les surmonter.
  • Durant la journée, incitez votre tout-petit à exprimer ses peurs dans un dessin, un bricolage ou un jeu à l’aide de ses figurines, de ses poupées ou de ses toutous. Dans son jeu, l’enfant deviendra un chevalier imaginaire qui n’a plus aucune peur. Il aura ainsi le sentiment de reprendre le contrôle de la situation.
Illusions au moment de s’endormir
Les enfants ont aussi parfois des hallucinations hypnagogiques : au moment de s’endormir, ils ont la sensation de tomber dans le vide ou des hallucinations visuelles ou auditives. Si cela se produit, expliquez à votre tout-petit que ce sont des « farces de son corps qui s’endort ». Ces sensations sont bien réelles et normales. Ne les niez pas. Même vous, vous pouvez vivre cela!

Pour en savoir plus, consultez notre fiche Les peurs au coucher.

Les cauchemars

Fillette qui a peur dans son lit et qui serre un ourson en peluche dans ses bras.

Les cauchemars sont des mauvais rêves, survenant généralement en fin de nuit. Ils peuvent apparaître vers l’âge de 2 à 3 ans, et sont plus fréquents entre 3 et 10 ans. Ensuite, leur fréquence diminue.

Lors d’un cauchemar, l’enfant crie, appelle ses parents et vit une grande frayeur, même après son réveil. Le tout-petit a alors besoin d’être rassuré par ses parents et il s’accroche à eux.

C’est d’ailleurs l’une des façons de distinguer le cauchemar de la terreur nocturne. Dans le cas de la terreur nocturne, l’enfant ne cherche pas le contact de ses parents. En fait, ce contact peut intensifier l’épisode de terreur nocturne.

Après un cauchemar, le retour au sommeil est souvent difficile, car la peur de l’enfant reste présente même lorsqu’il est éveillé. Il est d’ailleurs capable de raconter son rêve.

Comment réagir lorsque votre enfant fait un cauchemar?

  • Allez le voir pour le rassurer.
  • Dites-lui que vous comprenez qu’il ait peur, car un cauchemar, c’est effrayant. Rappelez-lui aussi que ce n’était qu’un cauchemar et qu’il ne reviendra plus.
  • S’il vous raconte son mauvais rêve, aidez-le à transformer la partie effrayante du cauchemar en un événement drôle ou positif dans lequel il triomphera du monstre par exemple.
  • Une fois que votre enfant est calmé, quittez sa chambre en laissant sa porte ouverte et rappelez-lui que vous êtes tout près.
  • Évitez de le laisser finir la nuit dans votre lit. Il doit comprendre qu’il n’a pas à avoir peur dans son lit et qu’il est en sécurité dans sa chambre.

Comment réagir lorsque votre enfant refuse de se coucher le soir par crainte de faire des cauchemars?

  • S’il demande à dormir dans votre lit, dites-vous que cela ne résoudra rien, au contraire. Si vous acceptez, ce serait lui donner raison d’avoir peur. Il a juste besoin d’être entendu, compris, et de dormir dans son propre lit, comme d’habitude. Essayez de décoder ce qui se passe vraiment pour l’aider à s’endormir dans son lit.
Des cauchemars violents qui reviennent sans cesse et qui s’accompagnent d’anxiété le jour doivent vous alerter.
  • Accordez plus de temps au rituel du soir. Remplissez une boîte avec de belles images et demandez-lui de choisir un beau rêve. Faites-lui faire des respirations de détente. Vous pouvez aussi accrocher un capteur de rêves dans sa chambre et lui en expliquer la signification.
  • Dans la journée, lisez-lui des livres portant sur ses peurs, par exemple une histoire de monstres ou de sorcières, où il pourra s’identifier au héros qui les combat facilement. Lus avec humour, dans vos bras, les livres aideront votre tout-petit à affronter ses peurs. Évitez toutefois de lire ce genre d’histoire le soir.
  • Si cela peut contribuer à le rassurer, placez une veilleuse dans sa chambre ou laissez sa porte entrouverte avec le couloir éclairé.
  • Limitez l’exposition de votre enfant aux médias qui peuvent créer des peurs ou aggraver des peurs existantes, qu’il s’agisse de la télévision, de films, de jeux vidéo, d’Internet, et même des médias imprimés.

Pour en savoir plus, consultez notre fiche Les cauchemars.

Les terreurs nocturnes

Beaucoup moins fréquentes que les cauchemars, les terreurs nocturnes sont souvent impressionnantes pour les parents. Elles sont toutefois sans danger pour l’enfant. Elles apparaissent en général quand l’enfant est âgé entre 18 mois et 4 ans. Elles sont cependant beaucoup moins fréquentes après l’âge de 5 ans.

Lorsqu’elles se produisent, le tout-petit n’a pas conscience de la présence de ses parents, car il n’est en fait pas réellement réveillé. Les terreurs nocturnes durent typiquement de 1 à 5 minutes, mais elles peuvent durer plus longtemps chez certains enfants.

Elles se produisent au cours du sommeil lent profond, habituellement de 1 à 2 heures après l’endormissement. Les terreurs nocturnes surviennent plus souvent en début de nuit, car c’est à ce moment que les périodes de sommeil lent profond sont les plus longues.

Cependant, les terreurs nocturnes peuvent se produire aussi plus tard dans la nuit, car le sommeil lent profond revient dans les cycles de sommeil de milieu de nuit.

Aviez-vous des terreurs nocturnes lorsque vous étiez enfant?
Si l’un des parents a fait des terreurs nocturnes ou du somnambulisme lorsqu’il était jeune, l’enfant a de grandes chances de présenter l’un ou l’autre de ces troubles du sommeil lui aussi. Ces troubles du sommeil lent profond sont en effet héréditaires.

Comment reconnaître une terreur nocturne?

Des parents témoignent des terreurs nocturnes de leur enfant.

Pendant une terreur nocturne, l’enfant peut :

  • crier, et même hurler;
  • sembler terrifié;
  • être assis dans son lit;
  • avoir les yeux grand ouverts, mais son regard est vide;
  • avoir un discours qui n’a aucun sens;
  • être agité, désorienté et en sueur;
  • être agressif;
  • ne pas supporter qu’on le touche ni qu’on le tienne.

Une fois l’épisode terminé, tous ces signes disparaissent et le tout-petit se recouche rapidement, sans difficulté et sans se rendre compte de la présence des parents. S’il se réveille totalement, il est souvent perdu et inquiet, particulièrement si ses parents semblent perturbés par ce qui vient de se passer.

Comment réagir?

  • N’essayez pas de réveiller votre enfant.
  • Évitez de lui parler et de le toucher : même s’il semble réveillé, il ne vous remarque pas. En fait, votre intervention risque même de prolonger l’épisode. Il est ainsi préférable que vous restiez simplement à côté de lui pour vous assurer qu’il ne tombe pas de son lit.
  • Attendez qu’il se recouche tout seul.
  • Le lendemain, ne lui en parlez pas sauf s’il aborde lui-même le sujet, ce qui est peu probable. Par contre, accordez-lui du temps pour vérifier s’il y a des choses qui l’inquiètent.
  • Assurez-vous que votre enfant dort suffisamment, car les terreurs nocturnes ont plus tendance à se produire lorsqu’il est très fatigué.
  • Évitez, autant que possible, les situations stressantes, car le stress est un élément déclencheur d’épisodes chez les enfants prédisposés aux terreurs nocturnes.
L’enfant extériorise ses angoisses la nuit
Les terreurs nocturnes et les cauchemars sont fréquents et normaux chez l’enfant. Ils expriment certaines de ses angoisses et certaines de ses craintes. Ils peuvent aussi correspondre à des étapes importantes de sa vie, comme son entrée à la garderie, la naissance d’un frère ou d’une soeur, un changement d’éducatrice, l’éloignement d’un parent, le décès d’un membre de la famille, etc.
Toutefois, si votre enfant a des terreurs nocturnes ou des cauchemars presque toutes les nuits depuis plusieurs mois, parlez-en à son médecin.

Pour en savoir plus, consultez notre fiche Les terreurs nocturnes.

Autres troubles du sommeil

Lorsqu’ils dorment, certains enfants se déplacent (somnambulisme), grincent des dents (bruxisme) ou parlent (somniloquie). Généralement, cela arrive à plusieurs membres d’une même famille et finit par se régler à l’adolescence. Là encore, ce n’est pas grave.

Si ces périodes se prolongent, il est toutefois préférable d’en parler à un professionnel de la santé. Il est aussi recommandé de consulter si ces troubles du sommeil peuvent avoir des conséquences sérieuses (ex. : sorties de la maison ou blessures dans le cas du somnambulisme; usure des dents et douleur à la mâchoire dans le cas du bruxisme).

À retenir

  • Les terreurs nocturnes sont sans danger pour les enfants, même si elles peuvent être impressionnantes pour les parents.
  • En général, les terreurs nocturnes se produisent en première partie de nuit et les cauchemars surviennent en fin de nuit.
  • Consultez un médecin si votre enfant a des terreurs nocturnes ou des cauchemars presque toutes les nuits depuis plusieurs mois, si le trouble du sommeil dure depuis longtemps ou s’il peut avoir des conséquences sérieuses.

 

Naitre et grandir.com

Révision scientifique : Dominique Petit, Ph. D., Centre d’études avancées en médecine du sommeil, Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal
Recherche et rédaction : Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Janvier 2018

 

Photos : iStock.com/ValuaVitaly et GettyImages/I_rinka

 

Ressources et références

Note : Les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • CHALLAMEL, Marie-Josèphe (Dre) et Marie THIRION (Dre). Mon enfant dort mal. Paris, Éditions Pocket, 2005, 384 p.
  • CLOUTIER, Richard, Pierre GOSSELIN et Pierre Tap. Psychologie de l’enfant. Montréal, Chenelière Éducation, 2005, 576 p.
  • COLLINS, Jane (Dre). La santé de votre enfant : le guide essentiel, de la naissance à 11 ans. Saint-Constant, Broquet, 2006, 352 p.
  • GURNEY, Mandy et Tracy MARSCHALL. Fais dodo! Montréal, Éditions Hurtubise HMH, 2006, 160 p.
  • MARTELLO, Évelyne. Enfin je dors… et mes parents aussi. 2e édition, Montréal, Édition du CHU Sainte-Justine, 2015, 150 p.
  • PETIT, Dominique et autres. « Dyssomnias and parasomnias in early childhood », Pediatrics, 2007, vol. 119, no 5, p. 1016-1025.
  • PETIT, Dominique et autres. Le sommeil : un acteur méconnu dans le développement du jeune enfant. Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (ELDEQ 1998-2010) – De la naissance à 8 ans, Institut de la statistique du Québec, 2010, vol. 5, fascicule 2, 20 p. www.jesuisjeserai.stat.gouv.qc.ca
  • PETIT, Dominique et autres. « Childhood Sleepwalking and Sleep Terrors: A Longitudinal Study of Prevalence and Familial Aggregation », JAMA Pediatrics, 2015, vol. 169, no 7, p. 653-658.
  • SOCIÉTÉ CANADIENNE DE PÉDIATRIE. Soins de nos enfants. « Dompter les monstres : comment aider les enfants à affronter leurs peurs ». www.soinsdenosenfants.cps.ca
  • WEISS, Shelley K. Better sleep for your baby & child. Toronto, Robert Rose Inc., 2006, 256 p.

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