Tout-petits et santé mentale

Tout-petits et santé mentale
Jusqu’à 20 % des enfants et des adolescents sont atteints d’un trouble mental, dont certains dès la petite enfance. C’est beaucoup, mais il faut savoir que le TDAH et les troubles de comportement entrent dans cette catégorie

Les tout-petits peuvent-ils avoir des problèmes de santé mentale?

Jusqu’à 20 % des enfants et des adolescents sont atteints d’un trouble mental, dont certains dès la petite enfance. C’est beaucoup, mais il faut savoir que les troubles du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et les troubles de comportement entrent dans cette catégorie. Parmi les autres problèmes de santé mentale pouvant toucher les enfants de 5 ans et moins, on trouve les troubles anxieux, les symptômes dépressifs et le trouble de l’attachement. Quels signes surveiller? En général, lorsqu’un comportement est envahissant et dure dans le temps, cela peut indiquer que quelque chose ne va pas, selon la pédopsychiatre Andrée-Anne Marcoux. « Lorsqu’on est dépassé par les émotions ou par les comportements de notre enfant, mieux vaut consulter », dit-elle. Cela pourrait être le cas, par exemple, si votre enfant est toujours triste, anxieux ou en colère, qu’il s’isole souvent, qu’il cesse de jouer, qu’il ne dort presque pas, qu’il fait exprès de se faire mal, qu’il a une peur intense d’être éloigné de vous, qu’il est incapable de fonctionner en milieu de garde à cause de son agressivité, etc.

La séparation des parents peut-elle affecter la santé mentale de leur enfant?

Les études scientifiques démontrent que la rupture des parents augmente les symptômes d’anxiété et de dépression chez les enfants. Même si cette augmentation est plutôt faible, elle indique que la séparation est une source de stress et de tristesse pour les tout-petits. « Plus le conflit est intense, plus cela cause de tort à l’enfant, qui se sent déchiré entre ses deux parents », souligne la psychologue Nancy Verreault. Pour faciliter la transition, il est important de penser à l’enfant, d’être respectueux envers l’autre parent et de coopérer avec lui. Même si vous en voulez à votre ex, rappelez-vous que votre enfant a besoin de lui.

Comment expliquer à un tout-petit le suicide de son papa ou de sa maman?

Mieux vaut éviter de cacher à l’enfant qu’il s’agit d’un suicide. « Vous pouvez lui expliquer que son papa avait une maladie dans sa tête qui le rendait très malheureux et que cela lui a fait prendre une mauvaise décision », suggère Josée Lake, travailleuse sociale à Ressource régionale suicide de Laval. Parfois, l’enfant peut croire que s’il avait été plus gentil ou s’il avait rangé ses jouets, sa maman ou son papa ne serait pas mort. Il est important de lui faire comprendre qu’il n’est pas responsable. Il se peut aussi qu’il réagisse peu à l’annonce du décès. « C’est typique, car la nouvelle est trop grosse à assimiler, dit la travailleuse sociale. Dans les semaines qui suivent, demeurez à son écoute et aidez-le à exprimer avec des mots ou des dessins ce qu’il ressent dans son coeur. »

Pour en savoir plus, consultez notre fiche Le deuil chez l’enfant.

Comment favoriser la bonne santé mentale de mon enfant?

« Avant tout, vous devez prendre soin de votre propre santé mentale, car celle-ci a un impact sur celle de votre enfant, répond la pédopsychiatre Andrée-Anne Marcoux. Le mieux ensuite, c’est d’être attentif aux besoins de votre enfant selon son âge. » Par exemple, dans ses premiers mois de vie, votre bébé s’attache à vous et bâtit sa confiance en vous. Il est donc important de répondre rapidement à ses besoins (être réconforté, nourri, changé, etc.). Il est essentiel aussi, pour que son cerveau se développe bien, de lui donner de l’affection, d’échanger des sourires avec lui, de lui parler et de jouer avec lui.

À mesure qu’il grandit, vous pouvez lui apprendre à reconnaître ses émotions, à parler de ce qu’il ressent, à entrer en relation avec les autres, à demander de l’aide… Pour qu’il développe une bonne estime de lui-même, vous gagnerez à valoriser ses efforts, à le féliciter pour ses réussites et à vous intéresser à ce qu’il fait. Et pour qu’il se sente en sécurité, il est recommandé de lui poser des limites. Mais attention : il ne s’agit pas d’une recette magique! Les maladies mentales sont complexes et peuvent apparaître, peu importe la façon dont vous élevez et encadrez votre enfant.
 

Où consulter?
Si votre santé mentale ou celle d’un proche vous inquiète, adressez-vous à votre médecin de famille, à une clinique, à votre CLSC ou à votre programme d’aide aux employés. La situation sera évaluée et vous pourriez recevoir certains soins. Si nécessaire, vous serez ensuite dirigé vers un service spécialisé en santé mentale. Vous pouvez aussi appeler la ligne Info-Social 811. Un intervenant psychosocial pourra répondre à vos préoccupations et vous orienter vers d’autres ressources au besoin. Des groupes de soutien peuvent aussi vous aider.

 

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, mai-juin 2016
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand
Révision scientifique : Dre Lorraine Boucher, psychiatre-consultante, CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal

Photo: iStock.com/PeopleImages

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