Les obstacles au sommeil

Les obstacles au sommeil
Tous les parents voudraient que leur enfant dorme bien, mais plusieurs éléments peuvent nuire au sommeil sans que l’on s’en rende compte. Voici les obstacles les plus courants et quelques pistes pour favoriser un meilleur sommeil.

Tous les parents voudraient que leur enfant dorme bien, mais plusieurs éléments peuvent nuire au sommeil sans que l’on s’en rende compte. Voici les obstacles les plus courants et quelques pistes pour favoriser un meilleur sommeil.

Heures de souper et de coucher irrégulières

C’est le grand défi de la conciliation famille-travail! Quand vous revenez de travailler à 18 h et qu’un membre de la famille a une activité en soirée, il n’est pas toujours évident de souper et de faire la routine du dodo aux mêmes heures. Il est avantageux d’essayer de maintenir malgré tout un horaire stable.

« Ça régularise l’horloge biologique de votre tout-petit et ça l’aide à s’endormir plus facilement, explique Jennifer McGrath, professeure en psychologie à l’Université Concordia. C’est pourquoi il est bon aussi de garder le plus possible le même horaire les fins de semaine. »

Pour alléger les soirs de semaine, il n’y a pas de solution miracle, mais la plupart des trucs souvent donnés pour concilier famille et travail peuvent aider : planifier le menu de la semaine et préparer quelques repas le week-end, limiter les sorties en soirée, bien répartir les tâches ménagères entre conjoints, etc.

Il est important aussi d’être attentif aux signes de fatigue de votre enfant pour le mettre au lit au moment où son horloge biologique le réclame. « Quand ma fille a besoin de dormir, elle pleurniche, s’impatiente pour un rien, tourne ses cheveux », décrit Pascal, papa de Félix, 5 ans, Manue, 2 ans et Matéo, 5 mois. D’autres enfants se frottent les yeux, bâillent, ont le regard fixe, cherchent la chicane, etc.

Absence d’une routine du dodo

C’est la principale cause des problèmes de sommeil chez les tout-petits, constatent les experts. Si vous établissez une routine prévisible et rassurante (ex. : bain, pyjama, brossage de dents, histoire, câlins, dodo), votre tout-petit dormira mieux et protestera moins pour aller au lit. « Un petit rituel rassure l’enfant, car il sait à quoi s’attendre, dit Dominique Petit, du Centre d’études avancées en médecine du sommeil de l’Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal. De plus, il apprend à en associer les différentes étapes à un passage vers le sommeil. »

Papa de quatre enfants de 5 ans à 21 ans, Éric sait combien cela peut améliorer les choses. « Avec mes aînés, je n’avais ni routine ni heure régulière de coucher et c’était toujours difficile de les mettre au lit. Avec mes plus jeunes, Lytycya, 5 ans, et Lukas, 6 ans, je répète les mêmes gestes dans le même ordre. Ils comprennent que c’est l’heure du dodo et ils dorment très bien. »

Par ailleurs, il est suggéré de faire des activités calmes dans l’heure qui précède le dodo, comme la lecture, l’écoute de musique douce ou le dessin.

Trop d’écrans et pas assez d’activité physique

Comme plusieurs études l’ont prouvé, passer trop de temps devant les écrans (télévision, tablette, cellulaire, ordinateur) nuit au sommeil. Il est d’ailleurs mieux de les éviter avant le dodo. Votre enfant ne devrait pas non plus avoir de télé ou d’autres écrans dans sa chambre.

Il faut aussi limiter l’utilisation des écrans pendant la journée afin, entre autres, de donner plus de place aux activités physiques. Pour bien dormir, votre enfant a en effet besoin de bouger, comme le constate le papa de Lukas : « Quand mon fils n’est pas assez actif le jour, il a de la difficulté à s’endormir le soir. » D’ailleurs, l’organisme canadien Participaction a souligné l’importance du sommeil dans son dernier bulletin sur l’activité physique chez les enfants. « Beaucoup d’enfants sont trop fatigués pour faire suffisamment d’activité physique au cours de la journée et ne sont pas assez actifs pour être fatigués le soir - c’est un cercle vicieux », peut-on y lire.

Certaines pratiques autour du sommeil

Dominique Petit l’a constaté dans ses recherches : il arrive souvent que, sans le vouloir, certaines façons de faire des parents lors du dodo ne favorisent pas le sommeil. Par exemple, voulant bien faire, la mère ou le père reste avec l’enfant jusqu’à ce qu’il s’endorme, l’amène dans son lit pour l’endormir ou lorsqu’il se réveille la nuit. L’ennui, c’est que l’enfant apprend ainsi qu’il a besoin d’un adulte pour arriver à dormir. Au contraire, s’il a l’habitude de s’endormir sans aide, il sera alors capable de se rendormir seul durant la nuit. Ses réveils nocturnes seront plus courts et il aura un sommeil plus long et réparateur.

« Le mieux, c’est d’apprendre à votre bébé à s’endormir seul le plus tôt possible », affirme Dominique Petit. À quelques mois déjà, vous pouvez le mettre au lit avant qu’il ne soit tout à fait endormi. Autour de 6 mois, les bébés n’ont habituellement plus besoin d’être nourris la nuit. Si votre enfant se réveille et qu’il pleure, allez le voir pour vous assurer que tout va bien, mais la spécialiste conseille de le laisser dans son lit. Pour le réconforter, vous pouvez simplement le caresser et lui parler doucement.

Évitez d’envoyer votre enfant au lit pour le punir. La chambre doit rester un endroit agréable.

Votre enfant a 1 an ou 2 ans et il a besoin de vous pour s’endormir? Il existe différentes méthodes pour l’aider à s’endormir seul et autant d’opinions sur le sujet. Par exemple, des parents choisissent d’essayer la méthode de l’attente progressive (le 5-10-15), alors que d’autres ne sont pas à l’aise avec cette technique. L’attente progressive consiste à attendre de plus en plus longtemps avant d’aller voir l’enfant s’il pleure, par exemple 5 minutes, puis 10 minutes, puis 15 minutes.

Des études démontrent que cette technique est efficace et sécuritaire, mais Marie-Hélène Pennestri, psychologue et professeure adjointe à l’Université McGill, est prudente dans l’interprétation de ces résultats. « Il est très difficile de faire un lien direct entre l’utilisation d’une méthode d’entraînement au sommeil et le développement affectif des enfants à long terme. Il s’agit d’un facteur parmi plusieurs autres », dit-elle. Elle ajoute qu’il vaut tout de même mieux essayer une technique d’endormissement au sommeil qu’être déprimé et développer une mauvaise relation avec son enfant. « Cependant, si les parents ne se sentent pas à l’aise, on ne devrait pas leur dire que c’est l’unique solution. Si un parent utilise la méthode parce qu’il ressent une pression sociale, cela risque de ne pas fonctionner et personne ne se sentira bien. »

Peurs et anxiété
Il se peut que votre enfant ait de la difficulté à dormir parce qu’il a peur du noir, des monstres sous son lit, des bruits bizarres ou encore parce qu’il a du mal à se séparer de vous. « En plus de le rassurer, c’est une bonne idée de lui apprendre à se réconforter lui-même avec un objet sécurisant comme une doudou ou une peluche », suggère Jennifer McGrath. Vous pouvez aussi laisser la porte entrouverte et installer une veilleuse pour qu’il se sente rassuré.

La façon de réagir face à un enfant qui fait des demandes répétées (pipi, eau, bisou…) pour étirer l’heure du coucher peut aussi être déterminante. Normal pour un enfant de tester les limites. Mais si vous dites oui à tout ou que vous agissez selon votre humeur, la situation se répètera soir après soir. Comme votre enfant apprendra qu’il « gagne » de temps en temps, il continuera à s’essayer. Pour diminuer les demandes à l’heure du dodo, il est donc important de poser des limites et de les tenir.

Certains parents choisissent aussi de renforcer les bons comportements à l’aide d’une récompense. C’est ce qu’ont fait les parents de Manue pour qu’elle cesse de se lever dix fois par soir. « Quand elle reste dans son lit, elle obtient un autocollant qu’elle colle sur un tableau, explique Pascal. Après trois autocollants, elle a droit à une petite surprise. »
 

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, octobre 2016
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand
Révision scientifique : Evelyne Martello, infirmière clinicienne, clinique spécialisée des troubles du sommeil, CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, Hôpital Rivière-des-Prairies

 

Photo : iStock.com/Bodler

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