L’écrivaine Dominique Demers touchée par Naître et grandir

L’écrivaine Dominique Demers touchée par Naître et grandir
Par Geneviève Doray, Directrice, Naître et grandir

Vous avez peut-être vu ou entendu les publicités de la campagne Naître et grandir  qui veulent encourager les parents à prendre, avec leur tout-petit, 5 minutes de jeu avec un livre? Lors du lancement de cette campagne publicitaire, l’écrivaine Dominique Demers - qui a notamment écrit de nombreux livres pour enfants - a livré un touchant témoignage sur l’importance de la lecture dans la vie des tout-petits. Nous le partageons avec vous.

Mon nom est Dominique Demers. Je suis écrivaine. Après avoir visionné une publicité télé de la campagne Naître et grandir l’an dernier, j’ai écrit une lettre à la Fondation Lucie et André Chagnon pour les remercier. Je ne suis pas du genre à écrire des lettres mais j’ai fait exception parce qu’en 35 ans de travail en promotion de la lecture, je n’avais jamais été témoin d’une action grand public aussi formidablement juste et terriblement efficace.

Si j’aime lire, c’est grâce à ma grand-mère Flavi qui m’a transmis la magie des histoires avec des contes de fée tirés de sa mémoire : la Belle et la Bête, le Chat Botté, le Petit Poucet et Cendrillon. On n’avait pas de livres chez moi à part l’encyclopédie Tout connaître. Je me souviens que mes frères, ma sœur et moi fermions les yeux quand grand-maman Flavi racontait pour mieux voir les images dans notre tête.

À l’époque où j’étais une jeune maman, on parlait peu de lecture et beaucoup d’alimentation.  Je me souviens d’avoir broyé des brocolis au mélangeur tard le soir pour vider la mixture un peu dégueu dans des bacs à glaçons. Les bonnes mères devaient faire ça. Quand j’y pense, aujourd’hui, je me dis que c’est plus important pour un parent de passer cinq minutes à lire à son  enfant quitte à ce qu’il mange de la purée de brocoli en petit pot. Même que je pense qu’une histoire tous les soirs, c’est aussi important qu’un berlingot de lait chaque matin.

J’ai raconté des milliers d’histoires à mes trois enfants avec de beaux livres pour accompagner ma voix. Ils ont eu cette chance, que n’ont qu’une minorité d’enfants, aujourd’hui encore. Mille histoires racontées, au moins une histoire par jour, chaque jour jusqu’à ce qu’un enfant entre à l’école, c’est la norme minimale suggérée.

À 56 ans, je peux dire que les livres m’ont souvent sauvé la vie. J’ai traversé plus d’une journée difficile en sachant qu’un roman m’attendait sur ma table de chevet.

Quand on aime lire, on n’est jamais pauvre, jamais seul, et on peut toujours voyager.

Lire rend heureux. La lecture constitue une formidable assurance-bonheur. C’est aussi, encore aujourd’hui, le meilleur gage de réussite scolaire et le meilleur tremplin vers l’imaginaire. Or, c’est en libérant leur imaginaire qu’on développe des petits êtres qui deviendront aussi bien des poètes que des politiciens, des ingénieurs, des professeurs, des gestionnaires, capables d’emmieuter le monde en imaginant toutes sortes de solutions.

Apprendre à lire ne suffit pas. Pour qu’un enfant devienne lecteur, il faut non seulement lui enseigner à décoder les 26 lettres de l’alphabet mais lui faire aussi découvrir la joie de lire, le plaisir de la lecture et ça commence tout petit, à la maison.

Les élèves pauvres en lecture risquent de rester pauvres tout au long de leur existence, dans une foule de sphères, personnelles et professionnelles. C’est ce qu’on veut combattre.

Grâce à de belles actions concertées, comme celles de Naître et grandir de la Fondation Lucie et André Chagnon, non seulement toutes ces vérités ne sont plus des secrets mais elles sont moteurs de changements profonds grâce auxquels mes deux petites-filles grandiront, je l’espère, dans une société où l’accessibilité au bonheur de lire sera davantage généralisée et les navrantes statistiques selon lesquelles la moitié des Québécois ne lisent jamais ou presque jamais, choses du passé.

 

29 décembre 2013

Naître et grandir

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