Tanné de cuisiner pour tout le monde!

Tanné de cuisiner pour tout le monde!
Une panne d’inspiration culinaire : ça vous dit quelque chose? Jean-François Quessy est passé par là.

Ce moment où tu regardes dans ton réfrigérateur, dans ton garde-manger, que tu vois l’heure qui file et que tu as l’impression que c’est le néant le plus total dans ton cerveau.

La véritable « panne d’inspiration culinaire »! Pourtant, tu sais très bien qu’un « Est-ce que c’est bientôt prêêêêêt? » va retentir d’une minute à l’autre, mais la seule idée qui te passe par la tête, ce serait de sortir des casseroles, d’étaler quelques livres de recettes sur la table de la cuisine, d’ouvrir le tiroir à ustensiles et de dire au reste de la famille : « Arrangez-vous donc, gang! Je fais ma part depuis assez longtemps, je suis tanné, je n’ai plus d’idée et plus d’énergie. Mangez ce que vous voulez. Moi, je suis parti prendre un bain et j’en ressortirai demain matin. »

Je suis passé par là

Comme n’importe quel parent chargé de la bouffe, ça m’est arrivé il y a quelques mois.

Je n’avais plus envie de rien, j’avais l’impression de cuisiner toujours la même chose, j’étais découragé en constatant que les enfants étaient parfois plus reconnaissants de manger des rôties au beurre d’arachide que du poulet parmigiana que j’avais mis 1 h 30 à préparer avec des légumes gratinés dans une sauce béchamel faite « maison », etc.

À quoi bon y mettre autant de temps et faire tous ces efforts?

Pourtant, à la base, je suis quelqu’un qui adore manger et cuisiner. Comment j’avais pu devenir aussi blasé? Où étaient passées mes idées de plats? Pourquoi n’avais-je plus envie de cuisiner, moi qui aimais tellement ça il n’y a pas si longtemps?

Retrouver l’envie de popoter

On ne s’en sortira jamais : tout le monde doit manger! Sachant que c’est une tâche quotidienne, aussi bien faire en sorte qu’elle ne soit pas un poids psychologique!

Je me suis donc dit qu’il fallait absolument que je comprenne comment j’en étais arrivé là. Et, pour ma part, ça a été assez simple : ce qui brûlait mon énergie, c’était le fait de revenir du travail et de devoir cuisiner sans que ce soit planifié.

Crevé de ma journée, j’avais le cerveau mou! Je n’étais plus efficace et la seule envie que j’avais, c’était de passer du temps auprès de ma femme et de mes enfants.

La pression de devoir préparer de la bouffe était en train de me gruger beaucoup trop d’énergie et de tuer mon plaisir de cuisiner.

J’ai trouvé ma solution

Il n’y a rien de magique et de facile.

Je crois que lorsque l’on se retrouve devant une telle situation, surtout si elle se répète et perdure, il faut trouver des solutions.

De mon côté, ça a été de planifier davantage les repas de la semaine. De cuisiner à l’avance, de congeler des repas, d’impliquer le reste de la famille la fin de semaine pour popoter à mes côtés pour les jours à venir, de me lever quelques fois plus tôt pour cuisiner le matin ou de me coucher parfois plus tard pour cuisiner le soir, etc.

Et depuis, progressivement, je retrouve le plaisir de cuisiner et l’inspiration que j’avais par le passé.

Ce n’est pas magique ni facile à faire, puisque ça demande parfois d’autres sacrifices. Mais, ayant retrouvé un rapport positif avec la préparation des repas, j’ai une meilleure humeur quand je reviens du travail. Il m’arrive même d’avoir un peu de temps pour moi (assez, par exemple, pour prendre un bain) avant de commencer à faire le souper!

 

Photo : GettyImages/AndreyPopov

Jean-François Quessy
Je suis un père passionné de deux garçons et je travaille comme thérapeute en relation d'aide.
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