Propreté: prise 2

Propreté: prise 2
Par Josée Bournival, Auteure, animatrice et blogueuse
Léonard porte encore une couche. Il a suffisamment de vocabulaire pour la demander clairement.

Léonard porte encore une couche. Il a suffisamment de vocabulaire pour la demander clairement. Mais parfois, il demande tout aussi clairement à la retirer pour faire pipi sur la toilette. C’est une victoire!

Chaque fois, mon fils se concentre et annonce fièrement : « le pipi s’en vient ». Quelques secondes plus tard, le miracle se produit. Je suis très fière de lui, mais je m’efforce de ne pas lui montrer mon sentiment.

Car fiston m’a bien prévenue : « Fait rien, maman ».

La première fois, je n’ai pas vraiment saisi ce qu’il voulait dire. Mais il est revenu à la charge : « Fais pas bravo, maman, OK? » Je suis restée de marbre en refoulant un large sourire.

Fini les autocollants, les privilèges et les Smarties pour l’encourager à faire pipi sur la toilette. On a tout arrêté. Léonard préfère ça.

Soit notre enthousiasme mettait de la pression à notre fils, soit il a envie d’être traité comme les autres membres de la famille. Et évidemment, on respecte son choix.

Mon conjoint et moi avons eu une discussion hilarante sur le sujet. Nous nous sommes imaginé faire la fête, accrocher des ballons et célébrer chaque fois qu’un des membres de la famille passait au petit coin (il était tard et nous étions fatigués)… J’en ai encore mal au ventre!

Mon fils n’est pas encore propre. Mais comme pour bien des apprentissages, ça ne se fera pas du jour au lendemain. Chaque amélioration est un pas vers l’objectif : l’abandon de la couche.

Ces jours-ci, à la demande de mon fils, je passe beaucoup de temps, assise sur le plancher de la salle de bain, le dos appuyé contre le mur.

- Tu veux faire ton pipi tout seul?

C’est la question que je pose chaque fois que je commence à avoir mal aux fesses.

- Non, reste, maman.

Je lui souris tendrement et patiente. Il ne veut pas que je le félicite, mais il veut que je sois témoin de ses progrès. Pas de fête. Mais une présence.

Je me demande si, toute ma vie, je devrai refouler la fierté qu’il m’inspire pour ne pas lui couper les ailes…

Et vous? Est-ce que votre enfant vous a déjà fait comprendre que vous en faisiez trop? Est-ce que votre enthousiasme face à certains progrès l’a déjà agacé?

 

Photo : GettyImages/Onfokus

Josée Bournival, Auteure, animatrice et blogueuse
Je suis la maman de 3 grandes filles et d’un petit garçon. Je souhaite échanger avec vous sur une foule de sujets reliés à la vie de famille.
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