Le jour où mon gars a failli mourir dans mes bras

Le jour où mon gars a failli mourir dans mes bras
C’était il y a quelques jours. Un matin comme tous les autres. Enfin, non.

Exceptionnellement, mon plus jeune ne nous avait pas sortis du lit comme il le fait tous les jours vers 5 h 30-6 h en courant dans sa chambre et en nous appelant. Les garçons s’étaient couchés un peu plus tard la veille. Donc, une belle récompense pour nous, les parents.

 Fallait en profiter! La journée de la fête des pères de surcroît!

Puis, à 7 h 30, ma conjointe et moi commençons à nous inquiéter. Le genre d’« instinct de parents » qui nous murmure que quelque chose d’étrange se trame…

Nous allons ouvrir la porte du petit. Il est là, blotti contre celle-ci, au sol. La porte est entrouverte. Je passe ma main pour tenter de le réveiller de quelques caresses, mais rien.

Je pousse la porte. Je pousse mon fils avec la porte. Je le traîne sur le plancher. Je le prends dans mes bras. Il est mou, mais il respire. Très lentement.

Il est moche. Il ne réagit pas. Il n’a que 2 ½ ans, mais j’ai l’impression qu’il pèse une tonne.

J’ai le même sentiment que si j’avais une ancre de bateau dans les mains et qu’elle me tirait vers le sol, qu’elle m’arrachait le dos. À cet instant précis, j’ai peur qu’il coule.

Et si ça arrivait, comment réussirais-je à ne pas couler avec lui? Je capote, par en dedans.

Mon cœur bat à tout rompre. Non, ça ne va pas se terminer comme ça, dans mes bras? Ça ne fait pas de sens, voyons!

Ma conjointe appelle le 9-1-1.

Nous tentons de le garder éveillé, mais ses yeux se referment. Il semble épuisé, crevé.

L’ambulance tarde à arriver : 5 minutes, 10 minutes, 15 minutes.

Merde! C’est interminable!

Heureusement, les ambulanciers ont découvert rapidement le problème une fois dans l’ambulance.

Mon garçon faisait une importante hypoglycémie (1,9 pour les connaisseurs) et il a pu commencer à recevoir le sucre nécessaire pour remonter peu à peu la pente et éviter le coma.

Ou pire.

C’était une question de combien de temps? Quelle était notre marge de manœuvre pour ouvrir sa porte sans que les conséquences soient irréversibles? Et si nous nous étions levés 15 minutes plus tard, que serait-il arrivé?

Toutes des questions que j’essaie de me sortir de la tête.

Nous avions déjà failli le perdre lorsqu’il était âgé de 7 mois, mais je ne croyais pas avoir à revivre cette crainte indescriptible une fois de plus dans ma vie.

***

Notre enfant a plusieurs problèmes de santé et nous avons appris ce jour-là que le sevrage de l’un de ses médicaments était la cause de ses chutes de glycémie.

C’était totalement inattendu pour nous, mais maintenant, les piqûres sur le bout des doigts font partie de notre quotidien.

Bien amicalement, je vous le dis : ces petites vies sont tellement fragiles.

Dites à vos enfants que vous les aimez. Dites-leur souvent. Dites-leur tout le temps. Assez pour qu’ils soient tannés de vous entendre.

Et appréciez. Surtout, appréciez chaque moment. Chaque sourire. Chaque éclat de rire.

Parce que rien n’est jamais acquis.

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Éli-Noam était « l’Enfant Soleil » du Lac-Saint-Jean lors du dernier Téléthon Opération Enfant Soleil : https://youtu.be/shmW3dO7zzY

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Jean-François Quessy
Je suis un père passionné de deux garçons et je travaille comme thérapeute en relation d'aide.
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