À 8 mois, mon enfant est né une deuxième fois

À 8 mois, mon enfant est né une deuxième fois
2 septembre 2013

À l’âge de 3 mois et demi, la maladie a frappé*. Puis, les traitements se sont enchaînés, les effets secondaires ont suivi et il y a eu ces interminables hospitalisations. Survivre à la place de vivre. C’était le quotidien de mon bébé.

Du haut de ses 7 mois, mon petit bonhomme avait tout d’un enfant de 2 mois. Non seulement il avait cessé d’évoluer, mais son état l’avait fait régresser. Les pédiatres, les physiatres, les neurologues, les ergothérapeutes, les physiothérapeutes avaient beau dire qu’un enfant de cet âge peut rattraper le temps perdu assez rapidement, personne n’avait de garantie à nous offrir.

Puis, le matin de ses 8 mois, mon garçon a dit pour la toute première fois « Maman ».

Ces 2 syllabes n’étaient pas que son premier mot. Pour moi, elles symbolisaient le début d’un temps nouveau (petite pensée pour la chanteuse Renée Claude ici). Ce jour-là, je venais d’assister à quelque chose de rare : une seconde naissance.


Oui, le jour de ses 8 mois, mon enfant est né une deuxième fois.

Pour avoir la chance d’assister à cette renaissance, j’ai dû y croire et toujours regarder en avant. Avec maman, j’ai souffert. Ce travail-là, nous l’avons fait à deux, mais il y en a un qui a trimé encore bien plus dur que nous.

J’ai crié, j’ai pleuré, j’ai blasphémé. J’ai eu mes contractions.

J’ai été tantôt détrempé, tantôt gelé jusqu’aux os.

Gelé de terreur, gelé d’impuissance, gelé de crainte. Gelé devant l’inconnu.

Sa naissance a été, tout comme pour mon premier, un moment mémorable, extraordinaire, rempli d’émotions fortes. Mais sa renaissance a quelque chose de bien particulier à mes yeux. Parce que pour renaître, mon enfant a dû vivre une première fois. Il a dû bûcher, travailler d’arrache-pied, déjouer des pronostics.

Cette renaissance, il ne l’a pas volée.

Et maintenant, il est reparti.

Comme dirait Buzz Lightyear : « Vers l’infini et plus loin encore! »

Un enfant peut effectivement rattraper très vite le temps perdu et nous surprendre jour après jour.

Non, lors de cette deuxième naissance, je n’ai pas coupé le cordon qui reliait mon enfant à ma conjointe. J’ai fait bien mieux.

J’ai sectionné la chaîne entre mon garçon et la maladie.

*Hospitalisé au CHU-Sainte-Justine pendant une semaine, Éli-Noam a reçu un diagnostic d’épilepsie infantile à l’âge de 3 mois et demi. Après quelques visites à Montréal et 3 tentatives infructueuses de médications, il a reçu pendant 66 jours des injections de corticostéroïdes. Ces dernières ont permis de contrôler les spasmes épileptiques, mais ont provoqué de nombreux effets secondaires. Il a dû être hospitalisé de nouveau pendant 1 mois, puis quelques jours plus tard pendant 1 mois supplémentaire en raison de problèmes respiratoires et dysphagie qui l’ont mené vers un gavage à la maison pour une période toujours indéterminée.

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Jean-François Quessy
Je suis un père passionné, mais aussi un grand amoureux qui aborde sa vie avec humour.
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Commentaires (7)

  1. nadia lapointe 2 septembre 2013 à 19 h 50 min
    Ton billet est très touchant. Je suis vraiment émue. Votre garçon a une grande force ! Vous êtes, tout comme lui, des parents extraordinaires et je crois que votre garçon est reparti vers l'infini, en grande partie, parce qu'il a des modèles de courage, de persévérance et d'amour infini qui le soutiennent quotidiennement.
  2. Marie-Pier 3 septembre 2013 à 15 h 01 min
    Tres touchante votre histoire... Je dois dire que je sais ce que c'est. Depuis 1 mois et demi ma fille Loucie-Ann n'a plus son gavage naso-gastrique. Depuis ses 2 mois qu'on vivait avec ce petit bout de tuyau qui sauve la vie de nos enfants. Elle, survivante, courageuse, forte, aimant la vie... elle qui a survécue aussi a de multiples hospitalisations, qui a eu plus de 6 médicaments pour lui permettre de vivre, elle qui a passé au travers d'une chirurgie a coeur ouvert a l'age de 9 mois. Elle est aussi née, venue, arrivée dans ce monde une 2e fois. La journée de ses 1 an, il y a 3 semaines, elle s'est mise a vivre, mangé (ce qu'elle n'avait jamais fait) la vie est revenue s'installer dans son corps, ses yeux, son coeur. Dans nos coeurs. Grace a nos enfants, nous trouvons le courage de passer a travers ses épreuves avec eux, eux les combattants. Je vous souhaite la meilleure des chances, longue vie a toi Éli. Une vie remplie de bonheur, courage et de santé. Tu es fort... tout comme buzz ;)
  3. Michelyne 4 septembre 2013 à 09 h 33 min
    Merci de nous partager votre vécu et celui d'Éli Noam. Sa force ,il la puise à travers vous,je pense... Il sent tout L'AMOUR que vous lui porter...Vous formez vraiment une belle équipe,remplie de courage,d'espoir..etc. J'adore te lire...Merci et continuez tout ce beau travail ....Belle famille...xxxx Tante Mimi..
  4. Mireille Dion 5 septembre 2013 à 19 h 23 min
    Vraiment touchant Jean-François. Bonne renaissance à ton mini :)
  5. Katia 6 septembre 2013 à 14 h 45 min
    Je suis au bureau, je prends une petite pause et je lis votre mot.. ouf! J'ai les yeux pleins d'eau. Longue vie en santé à vous!!!
  6. Rosine 10 septembre 2013 à 10 h 17 min
    Je suis touchée par votre témoignage. La vie nous réserve toutes sortes d'épreuves. Donnez beaucoup d'amour à votre trésor et essayez d'apprécier chaque moment.
  7. Jean-François Quessy 22 octobre 2013 à 11 h 27 min
    Merci beaucoup pour vos commentaires et vos bons souhaits pour la suite!

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