L’âge influence-t-il la façon de vivre l’accouchement?

L’âge influence-t-il la façon de vivre l’accouchement?
Par Kathleen Couillard, Journaliste scientifique

Depuis quelques années, on remarque que l’âge moyen pour avoir un premier enfant est en hausse chez les femmes. Ce changement dans le profil des nouvelles mères pourrait-il modifier leur perception de l’accouchement?

finale 300Pour le savoir, des chercheurs norvégiens ont interrogé 30 000 femmes dont 8 839 avaient plus de 32 ans. Ils ont ainsi conclu que les femmes plus âgées avaient légèrement plus de risques de vivre une expérience négative lors de la naissance de leur enfant.

Les femmes de plus de 32 ans seraient en effet un peu plus nombreuses à décrire leur accouchement comme pire que ce qu’elles avaient envisagé. Cependant, cette constatation semblait dépendre en grande partie du mode d’accouchement.

Par exemple, les femmes de plus de 32 ans rapportaient une expérience moins positive lors des accouchements vaginaux spontanés. Les chercheurs croient qu’avec l’âge, le bon fonctionnement de l’utérus diminue tout comme l’état de santé générale. De plus, la durée du travail augmente. Cela pourrait donc rendre l’accouchement vaginal plus difficile pour les femmes plus âgées.

Selon les résultats de l’étude, la fréquence des urgences pendant l’accouchement serait aussi plus élevée pour les femmes plus âgées, ce qui augmenterait la probabilité de vivre la naissance de manière plus négative. Cependant, les scientifiques ont remarqué que les femmes de plus de 32 ans étaient plus aptes à gérer la situation lorsque des complications se présentaient.

En fait, davantage de femmes de plus de 32 ans choisiraient un accouchement par césarienne si cela était possible. Les chercheurs ont d’ailleurs remarqué qu’elles étaient plus nombreuses à dire que leur accouchement s’était mieux déroulé que prévu lorsqu’elles avaient vécu une césarienne planifiée. En effet, pour ces femmes plus âgées qui se préparent souvent davantage pour l’accouchement, il serait plus facile de prévoir une césarienne planifiée qu’un accouchement vaginal spontané.

Mieux préparées aux complications

Paradoxalement, les femmes de plus de 38 ans étaient celles qui étaient les plus positives par rapport à leur accouchement. Les scientifiques proposent comme explication que ces femmes ont tendance à s’inquiéter davantage pendant la grossesse et sont donc plus conscientes des risques associés au fait d’avoir un premier enfant plus tard. Cela leur permettrait d’être mieux préparées mentalement aux complications qui pourraient survenir. Par ailleurs, ces femmes ont peut-être aussi davantage de ressources à leur disposition, ressources qu’elles auraient acquises grâce à leur expérience de vie.

Il faut toutefois retenir de cette étude que l’âge de la mère lors de la naissance de son premier bébé ne semble pas avoir un impact très grand sur la probabilité de vivre une expérience négative lors de l’accouchement. Cela est d’autant plus important qu’une expérience négative est associée à des problèmes psychologiques comme la dépression post-partum ou le syndrome de stress post-traumatique. Cependant, ces résultats nous font également constater la nécessité d’aider les femmes plus âgées à se préparer à un accouchement vaginal spontané, potentiellement en augmentant leur confiance en elles.

Ce texte a été originalement publié sur le blogue deMaman Éprouvette.

Kathleen Couillard, Journaliste scientifique
D'abord microbiologiste, je suis maintenant journaliste scientifique et maman. Je concilie donc, pour mon plus grand plaisir, science, parentalité et enfance.
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