Acceptez-vous d’être humain aux yeux de vos enfants? Ou préférez-vous leur offrir un modèle parental fort et inébranlable?Je regarde l’heure sur mon cellulaire. Encore quinze minutes avant la fin du match de soccer de Léonard. Je voudrais être affalée sur mon divan en train de lire un roman ou plongée dans un bon bain chaud au lieu d’encourager mon jeune sportif.
Il faut dire que ce week-end, j’ai fait le taxi pour ma grande, j’ai magasiné une coiffeuse pour Blanche, j’ai révisé des mathématiques pour un examen, etc. Je n’ai pas pris de temps pour moi et je suis à bout.
Respecter mes limites est un apprentissage difficile pour moi, surtout depuis que je suis maman. Je place toujours les besoins de mes petits avant les miens. Ce qui fait que je suis parfois épuisée, grincheuse ou émotive.
Depuis peu, je suis capable de le nommer à mes enfants. Et pour moi, c’est un pas de géant.
Il n’y a rien de plus normal que d’être humain. C’est-à-dire : imparfait. Je n’ai aucun problème à parler de mes difficultés ou de mes torts avec ceux qui m’entourent. Mais en ce qui concerne mes enfants, c’est plus difficile.
Je suis naturellement impatiente. J’ai tendance à vivre dans le futur plutôt que le présent. Je commence à être trop dépendante de mon cellulaire. J’ai vraiment les cheveux rebelles et secs. Je me coiffe rarement avant d’aller conduire les enfants le matin. Je mange des biscuits en cachette quand mes enfants ont le dos tourné parce que je ne respecte pas le quota que je leur impose. J’achète beaucoup trop de laine pour assouvir mon passe-temps : le crochet. Je n’appelle pas assez souvent mes proches. Je suis soupe au lait la veille d’un gros contrat d’animation. Je sacre même à l’occasion.
Ça ne m’empêche pas d’être un humain formidable. ;-)
J’ai réalisé, avec les années, qu’il est important que je présente ces aspects de moi à mes enfants. Pour qu’ils sachent bien que maman n’est pas parfaite. Pour qu’ils comprennent que leurs défauts sont normaux et qu’ils méritent d’être aimés dans toute leur imperfection. Afin qu’ils ne cherchent pas à performer toute leur vie dans le but d’être aimés. Parce que l’amour, le vrai, se donne. Il ne se gagne pas au prix des efforts qu’on fait.
Parfois, je doute de mon choix. Je songe que mes enfants se sentiraient plus en sécurité avec une maman forte et toujours en contrôle.
À la fin du match, en retournant à notre voiture, j’étais un peu sèche dans mes commentaires. Mon fils me l’a fait remarquer. Je lui ai avoué que j’étais fatiguée. Il a soupiré avant de me serrer dans ses bras.
Et là, je ne doute plus. Mieux vaut être humain.
Mise à jour le 22 juin 2026
Publiée originalement le 17 avril 2018
Photo : GettyImages/Dejan_Dundjerski