Influencer ou non le choix de ses amis...

Influencer ou non le choix de ses amis...
Parfois, j’ai envie de m’interposer, en toute subtilité, et de suggérer à mon fils d’aller vers un ami plutôt que vers l’autre.

Ses premiers copains commencent à venir à la maison et mon fils, lui, fait de plus en plus la navette entre notre demeure et les autres du quartier. Parfois, j’aurais envie de m’interposer, en toute subtilité, et de lui suggérer d’aller vers un enfant plutôt que vers un autre.

Inévitablement, je ne peux faire autrement qu’observer comment se comportent les autres et tenter de trouver ceux qui ressemblent le plus à mon fils. Je sais bien que je ne peux pas choisir pour lui, mais savoir qu’il part avec un ami poli, propre, souriant, enjoué sans être trop surexcité a un petit quelque chose de rassurant.

On est tous un peu semblables là-dessus, n’est-ce pas?

La plupart des enfants sont fantastiques, c’est vrai. Mais de temps en temps, il y en a un avec lequel je sais que mon enfant a un peu moins d’atomes crochus. Un qui cherche la chicane un peu plus, qui ne fait pas toujours attention aux autres, qui dit des mots que j’ai seulement eu le droit de prononcer lorsque j’ai atteint 18 ans, qui m’informe « qu’il veut de l’eau » au lieu de me demander « s’il peut avoir de l’eau, s’il vous plaît »…

À ce moment-là, après lui avoir donné son verre d’eau avec deux cuillères à table de vinaigre et une pincée de sel dedans (ben non!), je dois me ressaisir et me rappeler que non, ce n’est pas à moi à faire le tri parmi ses amis.

Lui faire confiance

Ce serait facile de tenter de l’influencer, mais je pense que ce ne serait pas correct. Je crois que mon grand a amplement de temps pour faire ses expériences et que, par lui-même, il découvrira progressivement qu’il se sent mieux aux côtés de certaines personnes.

Oui, il est parfois difficile de devoir jouer à l’entremetteur pour régler des chicanes, mais en même temps, il y a un côté de moi qui ne peut s’empêcher de trouver ça terriblement beau.

Tous ces petits êtres sont en apprentissage. Ils ont tous le désir d’être aimés des autres et de prendre leur place. Certains savent s’y prendre un peu mieux que d’autres, c’est vrai. Et c’est là qu’en tant qu’adultes, nous avons le pouvoir de leur donner un coup de pouce, de les outiller, de les aider à s’exprimer et à expliquer ce qu’ils aiment, ce qu’ils n’apprécient pas et à mieux comprendre pourquoi ils ont posé tel ou tel geste.

Et, voir un enfant réfléchir, prendre le temps de se questionner, de se remettre en question, de mettre des mots sur ce qu’il ressent, c’est extrêmement gratifiant pour un parent!

Alors moi, je prends le pari de ne pas choisir ses amis à sa place.

Mais, je garde toujours une bouteille de vinaigre pas trop loin, juste au cas…

 

Photo : GettyImages/energyy

Jean-François Quessy
Je suis un père passionné de deux garçons et je travaille comme thérapeute en relation d'aide.
Toutes les chroniques de l'auteur