Des grands-parents «gâteaux»

Des grands-parents «gâteaux»
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste

Ah, les grands-parents! Que ferait-on sans eux? Ils gardent nos enfants et les dorlotent. Ils veulent ce qu’il y a de mieux pour nos trésors, mais ils veulent aussi les gâter.
Craignez-vous qu’à trop les gâter, ils en viennent à gâcher vos efforts de saine alimentation?

C’est possible, si on se fie à certaines études scientifiques, dont une menée en Grande-Bretagne auprès de 12 000 bambins de 9 mois à 3 ans. Les résultats publiés dans l’International Journal of Obesity l’hiver dernier révèlent que les enfants qui se font garder par leurs grands-parents à temps plein présentent 34 % de plus de risque d’avoir un surpoids, et 15 % de plus s’ils sont à la charge de leurs grands-parents à temps partiel. Les gâteries et le faible niveau d’activité physique pourraient expliquer en partie le phénomène.

Mais ce n’est pas une fatalité. Peut-être faut-il discuter avec nos parents et beaux-parents de certains principes que l’on tente d’appliquer. Loin de moi l’idée de jouer à la police, de contrôler et de commenter la moindre action. Je choisis mes batailles. J’ai des principes auxquels on ne touche pas. Voici lesquels :

Manger à sa faim
Je n’accepte pas que mes parents ou beaux-parents forcent mes enfants à finir leur assiette. Et je reprends poliment celui qui félicite Laura ou Benjamin d’avoir tout mangé. Je reste sur mes positions, même si on me répond « elle n’a plus faim pour son repas, alors elle n’a plus faim pour son dessert ». Désolée, mais oui, elle a droit au dessert.

Tout est permis
Il n’y a pas de « bons » ou de « mauvais » aliments. « Cochonneries » ne fait pas partie de mon vocabulaire. Je suis d’accord pour « gâteries », qui sous-entend que certains aliments sont occasionnels, mais en aucun cas interdits. Et on ne parle pas de poids.

Plaisir
Les repas sont l’occasion de resserrer des liens, de parler, d’écouter, de fournir un modèle positif aux enfants, de favoriser les découvertes de nouveaux aliments et une relation harmonieuse avec les aliments, et plus encore. Les sujets de discussion agréables sont les seuls acceptés au menu.

Pour le reste, je n’interviens pas. Devant la crème glacée garnie de Smarties ou le Jello-O garni d’oursons en gelée, je souris. Quand les craquelins risquent de gâcher le souper, je me tais. Quand les enfants boivent plus de jus que d’eau, je laisse faire. À la fréquence de nos visites, ça reste occasionnel. Je ne m’inquiète pas des conséquences. Les enfants se laissent gâter et le regard qu’ils me lancent me confirme qu’ils savent que c’est « spécial ». Et pourquoi pas? Tous les grands-parents que je connais veulent se prévaloir de leur droit à gâter leurs petits-enfants!

Et je m’en voudrais de passer sous silence tous les louables efforts de mes parents et beaux-parents. Des légumes à tous les repas, des fruits en collation, du yogourt nature, du poisson régulièrement, et j’en passe.

Et vous, êtes-vous parfois en désaccord avec les façons de faire de vos parents envers vos enfants, côté bouffe? Intervenez-vous?

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
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