Varicelle: impacts du programme de vaccination sur la santé des enfants

Varicelle: impacts du programme de vaccination sur la santé des enfants
Varicelle: impacts du programme de vaccination sur la santé des enfants
Le programme public de vaccination contre la varicelle a permis de diminuer les complications dues à cette maladie.

3 mai 2022 | En 2006, le Québec a mis sur pied un programme public de vaccination contre la varicelle. Quels impacts ce programme a-t-il eus sur la santé des enfants depuis 16 ans?

Dans un rapport publié récemment, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) conclut que la vaccination a mené à une baisse importante des consultations médicales et des hospitalisations.

Avant la vaccination, la varicelle était une maladie très contagieuse. Environ 90 % des enfants l’attrapaient avant l’âge de 12 ans, selon l’INSPQ. Bien que le vaccin contre la varicelle soit disponible au Québec depuis 1998, c’est à partir de 2006 qu’une première dose est offerte gratuitement aux enfants québécois âgés de 12 mois.

« Nous avons toutefois remarqué qu’après une dose, il y avait encore quelques patients qui faisaient la varicelle et que cela exposait les enfants vulnérables », souligne la Dre Caroline Quach, épidémiologiste au CHU Sainte-Justine.

En 2016, une seconde dose a donc été recommandée. D’abord administrée à l’âge de 4 à 6 ans, elle est maintenant offerte à l’âge de 18 mois puisque cela diminue le risque pour les tout-petits d’attraper la maladie entre l’âge de 1 et 4 ans, peut-on lire dans le rapport de l’INSPQ.

« Une fois vaccinés avec deux doses, les cas de varicelle sont rarissimes et lorsque cela survient, ce sont à peine 10 à 30 boutons, remarque la Dre Quach. Les cas qu’on voit encore sont chez des enfants trop jeunes pour être vaccinés. »

Prévenir des complications graves

Avant la vaccination, la varicelle était responsable de 400 à 500 hospitalisations chaque année, note l’INSPQ dans son rapport. En effet, bien que souvent sans gravité, la varicelle peut engendrer des complications comme des infections cutanées causées par le streptocoque A, aussi connu comme la bactérie mangeuse de chair.

« Avec la varicelle, les lésions deviennent un point d’entrée pour le streptocoque, explique la Dre Quach. Avant la vaccination, on voyait à l’occasion 2 ou 3 cas par semaine qui n’étaient vraiment pas bénins, c’est-à-dire avec chirurgie et parfois amputation. »

Selon l’INSPQ, la varicelle peut également provoquer des pneumonies, une atteinte des nerfs, des hépatites ainsi que l’inflammation du cerveau (encéphalite) ou des membranes qui l’entourent (méningite). « Pour les enfants qui ont un système immunitaire plus faible, la varicelle peut être très sévère, confirme la Dre Quach. Pour les protéger, il faut donc réduire la transmission de la varicelle dans la communauté. »

Le rapport de l’INSPQ révèle que depuis l’instauration du programme de vaccination contre la varicelle, les consultations médicales pour cette raison ont diminué de 92 % chez les enfants de 10 ans et moins. « Les infections au streptocoque A sont aussi disparues », ajoute Dre Quach.

Enfin, les hospitalisations ont pour leur part baissé de 85 % depuis le début du programme, tous âges confondus.

Éliminer le zona

Après un premier épisode de varicelle, le virus peut devenir latent et se réactiver plus tard, en particulier après une baisse de l’immunité. C’est ce qui provoque le zona, une infection plus sévère que la varicelle. Règle générale, le zona touche surtout les personnes âgées de plus de 50 ans.

« Le zona peut quand même affecter les enfants, remarque la Dre Quach, mais surtout ceux qui ont fait une varicelle très jeune, c’est-à-dire avant l’âge d’un an. » Selon l’analyse de l’INSPQ, le taux de consultation pour le zona chez les moins de 10 ans a chuté après l’instauration du programme de vaccination tout comme le taux d’hospitalisation.

Le taux de consultation pour le zona a toutefois continué d’augmenter chez les 50 ans et plus. Selon la Dre Quach, en vaccinant contre la varicelle on pourrait voir un effet à long terme. « Si le vaccin provoque une réponse immunitaire et que les gens ne font pas la varicelle, il devrait y avoir moins de zona chez les adultes quand les enfants vaccinés dans les années 2000 auront 50 à 70 ans. »

Un vaccin vivant?

Le vaccin contre la varicelle contient le virus vivant affaibli, c’est-à-dire qu’il a été traité en laboratoire pour l’empêcher de causer la maladie « À moins que l’enfant ait un système immunitaire anormal, le vaccin contre la varicelle ne donne pas la maladie, souligne la Dre Quach. Parfois, certaines personnes peuvent avoir 2 ou 3 boutons au site d’injection, mais rien de plus. »

Source : Institut national de santé publique du Québec

 

Kathleen Couillard – Naître et grandir

Naître et grandir

 

Photo : GettyImages/mixetto

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