Comment réagir au bulletin en temps de pandémie

Comment réagir au bulletin en temps de pandémie
Les parents doivent tenir compte du contexte de pandémie lorsqu’ils regarderont le premier bulletin de leur enfant.

2 février 2021 | Les enfants recevront dans les prochains jours, ou ont récemment reçu, leur tout premier bulletin de l’année scolaire. Il reflètera non seulement leur parcours pédagogique, mais aussi leur cheminement en cette période particulière de pandémie. Il s’agit là d’un élément important qu’il faut prendre en considération en découvrant les résultats de votre enfant.

« Il ne faut pas sous-estimer l’impact de la pandémie sur la disponibilité cognitive des enfants, explique Stéphanie Deslauriers, psychoéducatrice. Par exemple, le stress que cela cause peut affecter la concentration des enfants en classe, la rétention d’informations, leur motivation… »

Concrètement, cela veut dire qu’il y a de nouvelles consignes à intégrer et qu’elles alourdissent les routines, et ce, autant pour les enfants de la maternelle que pour ceux du primaire. « Il y a la gestion des masques, le lavage fréquent des mains, la distanciation, la signalisation, la gestion du partage d’objets et de nourriture, le respect des zones de bulles-classe dans la cour d’école, la routine pour aller aux toilettes, énumère Marilène Prévost, enseignante au primaire, orthopédagogue et collaboratrice chez Alloprof. Ça s’ajoute à la charge mentale des enfants. »

Faire preuve de compréhension

L’adaptation des enfants à cette nouvelle réalité scolaire est la trame de fond de leur bulletin et des notes qui y apparaissent. Plus que jamais, il faut tenir compte du contexte. « Je pense qu’on doit être indulgents et compréhensifs, dit Stéphanie Deslauriers. Plutôt que d’axer nos commentaires sur la performance, il vaut mieux regarder du côté des efforts et du bien-être de l’enfant. On doit l’accueillir là-dedans et aborder le bulletin sans jugement. »

Cadleen Désir, psychopédagogue, est du même avis. « On ne peut pas se concentrer sur l’excellence, car les enfants sont soumis actuellement à un stress prolongé, et non momentané. Nos cerveaux sont en mode survie et c’est la même chose pour eux, note-t-elle. Je suggère que les parents dirigent leur attention sur d’autres éléments liés à l’école : est-ce que notre enfant s’amuse avec ses amis? A-t-il conservé une routine et de saines habitudes de vie? Est-il motivé, fait-il des efforts? »

Pour les petits du préscolaire, il s’agit d’un premier contact avec le milieu scolaire : les élèves de maternelle ne connaissent pas autre chose que l’école en temps de pandémie. « La majorité des enfants s’adaptent bien, souligne Brigitte Roy, orthopédagogue. En maternelle, ils font des apprentissages préventifs en préparation de la première année et certains sont évalués, comme les interactions avec les pairs, la communication, les capacités sensorielles et motrices ».

Elle rappelle qu’en maternelle, première et deuxième année, l’accent est mis sur les bases pédagogiques. Il n’y a donc aucune fatalité… « Les conditions ne sont pas optimales cette année, dit-elle. Ainsi, l’enfant peut fournir les mêmes efforts que d’habitude, mais sa disponibilité n’est pas la même que d’habitude. Le rôle du parent est d’être présent et non pas de pallier à l’enseignant. »

Quelle pondération pour ce bulletin?

Habituellement, il y a trois bulletins durant l’année : en novembre (20 % de la note finale), en mars (20 % également) et en juillet (60 %). On ne sait pas actuellement quelle pondération sera accordée à ce premier bulletin; le ministère de l’Éducation doit prendre une décision dans les prochains jours à ce sujet. Chose certaine, le deuxième bulletin, dont la date de production a été fixée au 10 juillet au plus tard, aura une valeur plus importante dans la note finale des élèves.

Quand l’enfant est en échec

Comment réagir à de mauvais résultats, voire à un ou des échecs? Avant tout, ne pas dramatiser, recommande Marilène Prévost. « Il faut relativiser, rester positif et ouvert, et surtout, voir les succès et les bons coups », dit-elle. Elle suggère de porter une attention particulière aux mots que l’on choisit pour qualifier le bulletin. « L’enfant a le temps de se reprendre, on n’est qu’à la moitié de l’année. Il est bon de se souvenir que les notes ne sont que le portrait du moment. Elles ne représentent pas la valeur de l’enfant ».

Poser des questions à son enfant, pour qu’il évalue lui-même son parcours, est une bonne idée pour ouvrir la discussion, croit Brigitte Roy. « On peut demander à notre enfant comment il vit cela, comment il trouve l’école, ce que son bulletin veut dire pour lui », propose-t-elle. Finalement, communiquer avec l’enseignant, afin de poser des questions si certains résultats nous préoccupent, demeure une bonne stratégie, pandémie ou pas!

Pour en savoir plus :

 

Maude Goyer – Naître et grandir

Naître et grandir

 

Photo : GettyImages/martin-dm

À lire aussi