COVID-19: les femmes enceintes plus à risque?

COVID-19: les femmes enceintes plus à risque?
Il y a encore peu d’études sur la COVID-19 chez les femmes enceintes, mais des données permettent de dégager certains constats.

23 juillet 2020 | Les femmes enceintes sont-elles plus à risque face à la COVID-19? Cette question embête les experts depuis le début de la pandémie. Dans un document publié le 17 juillet dernier, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) essaie d’y répondre.

Les experts disposent encore de très peu d’études se penchant sur l’infection par le virus SRAS-CoV-2 chez les femmes enceintes. Toutefois, pour l’instant, rien ne semble indiquer que les femmes enceintes sont plus susceptibles d’attraper la COVID-19.

Par contre, les femmes enceintes seraient plus à risque de développer des symptômes sévères lorsqu’elles sont infectées. La grossesse occasionne en effet d’importants changements dans le corps de la femme: le métabolisme se modifie, le volume sanguin augmente et les poumons ont moins de place en raison de la croissance de l’utérus. Pour cette raison, elles sont plus vulnérables aux infections respiratoires comme la COVID-19, plus particulièrement en fin de grossesse.

Une étude américaine publiée en juin indique que les femmes enceintes qui sont infectées par la COVID-19 sont plus susceptibles d’être admises aux soins intensifs et d’avoir un besoin d’un respirateur. Enfin, les chercheurs ont observé que les femmes qui souffraient de symptômes sévères de COVID-19 risquaient plus d’accoucher prématurément.

Pour ces raisons, l’INSPQ suggère que les femmes enceintes soient considérées comme un groupe vulnérable qui nécessite la mise en place de mesures préventives particulières. D’ailleurs, dès le mois de juin, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis (CDC) ont ajouté les femmes enceintes sur la liste des personnes à risque de développer des symptômes sévères.

Un suivi de grossesse perturbé
La pandémie de COVID-19 a également eu des répercussions importantes sur le suivi de grossesse. Selon les experts américains, certaines femmes enceintes pourraient donc connaître d’autres complications de santé qui auraient pu être évitées si elles avaient été détectées plus tôt.

Encore beaucoup d’inconnus

À ce jour, aucun cas de malformations congénitales dues à la COVID-19 n’a été rapporté. Ainsi, rien ne suggère pour l’instant que le virus augmente le risque de fausses couches ou qu’il cause des malformations chez le foetus selon l’INSPQ.

Il est toutefois encore trop tôt pour affirmer avec certitude que ces risques n’existent pas. En effet, la plupart des femmes enceintes qui ont fait l’objet d’étude étaient pour la plupart dans leur troisième trimestre. Les experts ne savent donc que très peu de choses sur les répercussions de l’infection par le virus pendant les premiers mois de la grossesse.

Des médecins québécois demandent d’ailleurs la création d’un registre des femmes enceintes infectées par la COVID-19. Selon eux, cela permettrait de récolter de l’information à travers la province et de déterminer avec plus de précision quelles sont les conséquences de la maladie pendant la grossesse.

 

Sources : INSPQ, INSPQ, The New York Times, CDC et Le Devoir

 

Kathleen Couillard – Naître et grandir

Naître et grandir

 

Photo : GettyImages/hobo_018

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