COVID-19: quel impact sur les dons de lait maternel?

COVID-19: quel impact sur les dons de lait maternel?
La Banque publique de lait maternel continue ses opérations, même en contexte de pandémie.

31 mars 2020 | Pour subvenir aux besoins des bébés prématurés de 32 semaines et moins du Québec, 4 000 litres de lait maternel sont nécessaires chaque année. Comment la pandémie de COVID-19 affecte-t-elle le fonctionnement de la Banque publique de lait maternel?

L’information présentée ici était à jour en date du 9 avril 2020.

« Dans le contexte de la pandémie, Héma-Québec doit prioriser les activités critiques, c’est-à-dire celles qui sont nécessaires à la survie de certains patients. Quelques activités doivent donc être mises en veilleuses, » explique Laurent-Paul Ménard, directeur des relations publiques pour Héma-Québec.

C’est pourquoi Héma-Québec a dû suspendre temporairement les nouvelles inscriptions à la banque de lait maternel. « De plus, lorsqu’une nouvelle maman s’inscrit, une infirmière d’Héma-Québec doit se déplacer à domicile pour faire une prise de sang », ajoute M. Ménard. Pour diminuer les contacts et respecter les recommandations de la santé publique concernant la distanciation sociale, il était ainsi préférable d’interrompre les inscriptions à la banque de lait maternel.

Cette suspension ne s’applique toutefois pas aux mères qui sont déjà donneuses. Héma-Québec n’est donc pas inquiète pour la poursuite des activités de la Banque publique de lait maternel. « Nous avons des réserves de lait maternel et nous pouvons continuer la distribution dans les centres hospitaliers pour le moment », confirme M. Ménard. En 2018-2019, Héma-Québec a répondu à 100 % des besoins en lait maternel des centres hospitaliers en distribuant 16 471 bouteilles de lait.

Pas de risque de contamination par le don de lait

Même en contexte de pandémie, le don de lait maternel demeure sécuritaire pour les bébés prématurés qui le reçoive. À ce jour, 8 études ont été publiées pour évaluer la présence du virus SARS-CoV2 dans le lait maternel de mères souffrant de la COVID-19 et aucune n’a pu détecter le virus dans le lait. De plus, aucun cas de transmission de la maladie à coronavirus par le lait maternel n’a été rapporté. Il s’agit toutefois de petites études dont la qualité n’est pas nécessairement adéquate.

De son côté, la Human Milk Banking Association of North America souligne que plusieurs mesures sont en place pour protéger la qualité de chacune des bouteilles de lait produite dans les banques publiques. Selon M. Ménard, il faut en effet se rappeler que le lait de la banque est pasteurisé.

Par conséquent, si le virus se rendait malgré tout dans le lait, il serait vraisemblablement détruit à cette étape. « Par exemple, bien que les virus comme le VIH et l’hépatite B sont des virus qui pourraient être transmis par le lait, la pasteurisation permet leur élimination », souligne-t-il. Une étude réalisée en Chine a d’ailleurs démontré que l’activité du virus SARS-CoV2 est significativement réduite après 10 minutes à 65°C et complètement éliminée après 30 minutes.

Enfin, M. Ménard rappelle que le virus SARS-CoV2 fait partie de la famille des virus respiratoires, comme celui du SRAS responsable d’une épidémie en 2003. « Ces virus ne se transmettent pas par les produits biologiques, comme le sang ou le lait. »

Les parents avec un nouveau-né aux soins intensifs n’ont donc pas à s’inquiéter si leur bébé reçoit du lait maternel provenant de la banque publique. Il faut d’ailleurs rappeler que tous les experts s’entendent présentement sur le fait que les bienfaits du lait maternel sont toujours aussi importants. Par exemple, les grands prématurés qui reçoivent du lait maternel ont 3,3 fois moins de risques de développer une entérocolite nécrosante, une maladie intestinale très grave.

Du côté des donneuses, la pandémie ne devrait pas changer la façon dont elles tirent leur lait. « Il existe déjà plusieurs mesures pour les mamans qui font don de leur lait maternel. Ces mesures sont maintenues, confirme M. Ménard. Il n’y a pas de mesures supplémentaires dans le contexte de la pandémie. »

Et les dons de sang ?
Pour subvenir aux besoins des centres hospitaliers, Héma-Québec a besoin de 1 000 donneurs de sang par jour. L’organisme demande donc aux Québécois de l’aider à garnir ses réserves. Des mesures ont été mises en place pour diminuer les risques de propagation du virus sur les lieux des collectes.

 

Sources : Héma-Québec, Héma-Québec, Héma-Québec, ISRHML et HMBANA

Kathleen Couillard – Naître et grandir

Naitre et grandir.com

 

Photo : Aliseenko

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