COVID-19: agir pour prévenir la maltraitance chez les enfants

COVID-19: agir pour prévenir la maltraitance chez les enfants
Coronavirus : comment prévenir la maltraitance chez les enfants dans un contexte d’isolement?

27 mars 2020 | Alors que les signalements à la DPJ sont en baisse et que des intervenants s’inquiètent pour la sécurité des enfants, François Legault lance un appel pour protéger les plus vulnérables. Le premier ministre du Québec demande aux personnes témoins d’actes de violence dans les familles d’appeler les autorités concernées. D’autres voix comme l’Observatoire des tout-petits croient aussi qu’on peut agir pour prévenir la maltraitance dans le contexte actuel de confinement lié à la COVID-19. Voici leurs solutions.

Comme plusieurs experts, l’Observatoire des tout-petits (OTP) constate que le contexte de pandémie peut augmenter les cas de maltraitance et de violence chez les enfants. Le stress vécu par les parents, le manque de soutien et le fait de vivre dans des conditions difficiles comme la pauvreté ou l’isolement font partie des facteurs de risque de la maltraitance. Or, le contexte de la pandémie et de confinement dans lequel vivent actuellement les familles québécoises peut accentuer ces facteurs de risque.

Pour illustrer la situation, Fannie Dagenais, directrice de l’OTP, indique que les pertes d’emploi causées par la pandémie augmentent la pression économique sur les familles. Elle signale aussi que les familles ont perdu un soutien précieux depuis la fermeture des organismes communautaires famille et des haltes-garderies.

Toutefois, la majorité des organismes communautaires famille assurent actuellement un contact téléphonique avec les familles, maintiennent les services de banques et de soutien alimentaires, et offrent des activités d’échanges entre parents par visioconférence.

« De plus, vu la nécessité des directives de confinement et de distanciation sociale, les familles sont privées du soutien social fourni habituellement par leur entourage, comme leurs voisins, leurs proches et leur famille élargie », ajoute-t-elle. L’isolement peut également rendre certaines personnes anxieuses et accentuer la vulnérabilité de parents qui souffrent déjà de problème de santé mentale.

Comme les mesures d’isolement amènent les tout-petits à ne plus être vus régulièrement par leur éducatrice, par le personnel de l’école ou par d’autres personnes de leur entourage, il y a aussi un risque que les situations de maltraitance ne soient pas détectées ni signalées. D’ailleurs, selon La Presse+, la Direction de la protection de la jeunesse a enregistré au cours des dernières semaines des baisses de signalements qui vont de 25 à 40 %, selon les régions.

Des pistes de solution pour prévenir la maltraitance

Selon l’OTP, des gestes simples de solidarité et d’empathie peuvent aider à réduire les facteurs de risque de la maltraitance chez les enfants en période d’isolement.

Par exemple, l’OTP soutient l’appel lancé par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse et invite les gens à se soucier des enfants de leur entourage pour les protéger. « Téléphonez à vos nièces, vos petits-enfants ou vos jeunes voisins pour leur demander comment ils vont, envoyez-leur des messages courriel ou via les réseaux sociaux s’ils y sont présents. Soyez là pour elles et pour eux », a demandé plus tôt cette semaine Suzanne Arpin, la vice-présidente responsable du mandat jeunesse de la Commission.

Comme le premier ministre Legault, l’Observatoire et la Commission rappellent que la population doit demeurer vigilante. Comme en temps normal, toute personne qui est témoin d’une situation qui menace la sécurité ou l’intégrité d’un enfant (ex. : maltraitance, violence) doit signaler la situation à la Direction de la protection de la jeunesse de sa région.

Messages aux employeurs et aux décideurs

Les employeurs peuvent aussi agir en prévention en faisant connaître à leur personnel les services mis à leur disposition, comme les programmes d’aide aux employés (PAE), les services de télémédecine et les lignes d’urgence aux employés. Ils peuvent aussi faire preuve d’empathie envers leurs employés en leur montrant qu’ils comprennent leur réalité dans ce contexte de crise. S’entendre sur des échéanciers réalistes est un aussi un moyen des réduire le stress du personnel, notamment celui des parents qui doivent faire du télétravail avec des enfants à la maison.

L’Observatoire des tout-petits fait aussi des suggestions aux décideurs pour qu’ils renforcent leur soutien économique aux familles vulnérables. L’OTP propose notamment la mise en place de mesures comme celles recommandées par l’Observatoire québécois des inégalités. Par exemple, la création d’un moratoire temporaire sur les obligations financières des personnes les plus durement touchées par les effets de la crise du COVID-19 avec l’assurance que les agences de crédit ne pénaliseront pas leur cote de crédit.

Comme la situation risque de durer un bon moment, « il est essentiel de garder l’œil ouvert sur la santé et le bien-être des tout-petits et de leurs parents », soutient Fannie Dagenais.

Ressources utiles
  • Direction de la protection de la jeunesse : pour signaler un cas de maltraitance ou de négligence
  • Info-social : service de consultation psychosociale (ex. : situation familiale difficile, violence conjugale) 811
  • LigneParents : soutien professionnel pour les parents 1 800 361-5085
  • Ordre des psychologues du Québec : pour trouver un psychologue ou des conseils psychologiques pour bien traverser la situation de pandémie
  • Première Ressource, aide aux parents : consultation professionnelle pour les parents 514 525-2573 ou 1 866 329-4223
  • Tel-Aide : service d’aide pour toute personne qui vit de la solitude, de la détresse psychologique, des relations difficiles et qui a besoin de se confier 514 935-1101

 

Sources : Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, Observatoire des tout-petits, La Presse

Mis à jour le 30 mars 2020

 

Julie Leduc - Naître et grandir

Naitre et grandir.com

 

Photo : GettyImage/fiorigianluigi

Partager

À lire aussi