Garderies en pleine nature: des effets positifs sur les enfants

Garderies en pleine nature: des effets positifs sur les enfants
Les milieux de gardes qui expérimentent l’éducation en pleine nature au Québec rapportent de nombreux bienfaits pour les enfants.

27 juin 2018 | Inspirés par les « écoles en forêt » qui existent dans les pays scandinaves, quelques milieux de garde québécois expérimentent l’éducation en pleine nature. Cette approche comporte plusieurs bienfaits pour les enfants et suscite de plus en plus d’intérêt.

Depuis un an, dans le quartier Limoilou de Québec, une soixantaine d’enfants passent deux demi-journées par semaine dans une forêt urbaine grâce au projet Grandir en forêt. « L’objectif est de favoriser le contact avec la nature et de donner des occasions de jeux libres à l’extérieur aux enfants, indique la coordonnatrice du projet, Michèle Leboeuf. Six milieux de garde y participent, soit deux CPE, trois services de garde en milieu familial et un service de garde de maternelle 4 ans. »

Les enfants arrivent le matin au Domaine de Maizerets vers 9 h 30. Ils s’amusent tout l’avant-midi à explorer, par exemple, les boisés, les étangs et les ruisseaux du parc de 27 hectares. Ils prennent ensuite leur dîner à l’extérieur et repartent faire la sieste dans leur milieu de garde.

À Shawinigan en Mauricie, une dizaine de services de garde passent aussi régulièrement des journées en forêt. Ils sont accompagnés de Sylvie Gervais, fondatrice de la Coopérative enfant nature. En plus de jouer et de manger dehors, les enfants font la sieste en plein air dans une tente. Les activités se déroulent beau temps, mauvais temps, et ce, été comme hiver.

De nombreux bienfaits

Le jeu libre en pleine nature apporte beaucoup aux tout-petits, ce qui ne fait aucun doute pour les responsables et les éducatrices de ces projets. Le simple fait de jouer dehors les amène à être plus actifs. « C’est étonnant combien les enfants développent leurs capacités physiques et leur endurance quand ils sont dehors, note Marie-Pierre Lajoie, une éducatrice qui participe au projet Grandir en forêt. Même quand ils sont essoufflés, les enfants continuent de bouger parce qu’ils ont du plaisir. Dans mon local, ils se tanneraient vite et bougeraient moins. »

Dehors, les tout-petits se dépensent à leur goût. « Les plus actifs et les plus moteurs, qui sont parfois perçus comme dérangeants dans leur milieu de garde, deviennent souvent nos meilleurs leaders, ajoute Sylvie Gervais. C’est très valorisant pour ces enfants-là. »

Passer du temps dehors a aussi des effets positifs sur les habiletés sociales. « En pleine nature, les enfants peuvent faire du bruit, il y a plus d’espace et moins de consignes, ça diminue leur stress, dit Michèle Leboeuf. Il y a aussi moins de conflits, parce qu’il n’y a pas de jouets à se disputer. Les enfants s’amusent avec ce qui s’offre à eux, comme du sable, une branche ou de l’eau. » Cela développe leur créativité et les amène à s’entraider davantage dans leurs jeux, par exemple pour construire une cabane.

Des risques qui font grandir

Le concept d’éducation par la nature laisse également les enfants explorer et prendre des petits risques, comme grimper dans un arbre, escalader une roche ou jouer dans un ruisseau. Des situations qui les aident à prendre conscience de leurs capacités et à devenir plus confiants. « Ça se peut qu’un enfant se mouille, se salisse ou s’égratigne en jouant, observe Marie-Pierre Lajoie. Mais il voit que ce n’est pas si grave et il s’adapte. Je trouve que dans la nature, je prépare mieux les enfants à affronter les différentes situations de la vie. Ils relèvent de petits défis, gagnent de l’assurance et deviennent curieux. À long terme, je pense même que ça les prépare bien pour la maternelle. »

D’autres initiatives à venir
En raison de ces bienfaits, l’intérêt pour les milieux de garde qui favorisent le contact avec la nature augmente. À titre d’exemple, à Chicoutimi, une maman passionnée de plein air, Karine Gravel, ouvrira à l’été 2019 Garderie Nature, un milieu de garde dédié au jeu libre et actif à l’extérieur. De plus, la coordonnatrice de Grandir en forêt travaille actuellement avec l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE). Leur objectif est de voir comment des projets qui permettent aux enfants d’aller régulièrement en nature peuvent être mis en place dans d’autres CPE de la province. À suivre!

 

Julie Leduc – Naître et grandir

Naitre et grandir.com

 

Photos : Projet Grandir en forêt

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