Jeu actif des enfants à l'extérieur: qu'en pensent les parents?

Jeu actif des enfants à l'extérieur: qu'en pensent les parents?

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La grande majorité des parents reconnaissent les bienfaits du jeu actif, mais il existe un décalage entre ce qu’ils pensent et les pratiques réelles.

22 septembre 2017 | Surprotéger les enfants peut nuire à leur développement et à leur santé. Après des années de sécurité extrême, tous reconnaissent aujourd’hui les bienfaits du jeu libre en extérieur et l’importance pour les enfants de tester leurs limites en prenant des risques. Mais qu’en pensent les parents?

Une chercheuse québécoise a sondé les parents pour comprendre leurs préoccupations à ce sujet. Le rapport « Les préoccupations parentales concernant le jeu actif des enfants de 3 à 12 ans à l’extérieur » vient d’être publié en collaboration avec Kino-Québec. Réalisée par Guylaine Chabot, professeure en sciences de la santé à l’Université du Québec en Outaouais, cette étude est la première à aborder de front ce sujet d’actualité, dans un contexte où l’hyperparentalité est de plus en plus dénoncée.

« Les parents sont la première source de référence pour les enfants de 3 à 12 ans et ceux qui balisent leurs jeux, précise Guylaine Chabot. Les chances qu’un enfant participe à toutes formes de jeu libre sont significativement plus grandes chez les enfants de parents qui ne sont pas intolérants au risque. »

Entre l’intention et la réalité…

Bien que la tolérance au risque varie fortement en fonction du type de jeu proposé, la grande majorité des 2 000 parents sondés reconnaissent les bénéfices du jeu actif. Ils estiment aussi que les enfants devraient être autorisés à s’engager dans des jeux qui permettent de tester leurs limites.

  • 95,3 % des parents considèrent qu’il est important que leur enfant vive des expériences qui représentent un défi physique et 82 % croient que le risque que celles-ci comportent favorise la confiance en soi de leur enfant ;
  • 64,2 % des parents sont d’avis que les enfants doivent être exposés à des risques sur une base régulière afin de développer leurs compétences en gestion du risque dans leurs jeux et leurs déplacements à l’extérieur ;
  • Près de la moitié des parents considèrent qu’il y a trop de règles de sécurité qui régissent le jeu des enfants au Québec.

Comme la chercheuse Guylaine Chabot a pu le constater, il existe toutefois un décalage entre les bonnes dispositions des parents et les pratiques réelles. Par exemple, si la majorité des parents estiment que les enfants devraient être autorisés à grimper aux arbres, la proportion de ceux qui laissent leur progéniture réellement grimper aux arbres est en réalité beaucoup plus faible.

Plus de 60 % des parents se disent par ailleurs préoccupés par ce qu’ils ne peuvent pas contrôler et qui pourrait causer des blessures à leur enfant. De façon générale, les enfants des répondants participent rarement à des jeux risqués.

« Jouer dehors, avec les risques que cela comporte, fait partie du processus évolutif normal de l’enfant et est essentiel à son développement physique, psychologique et social, rapporte Guylaine Chabot. Mais les parents d’aujourd’hui ont moins de tolérance au risque qu’avant. »

Selon des résultats de l’enquête :

  • 11,6 % grimpent régulièrement aux arbres ;
  • 25,5 % jouent régulièrement à des jeux de chamaille ;
  • 32,6 % conduisent régulièrement un véhicule non motorisé avec des amis comme un vélo, une planche à roulettes ou une trottinette, sans supervision, et 22,3 % le font seuls ;
  • 6,5 % utilisent régulièrement des outils sans supervision.

La liberté de déplacement des enfants

La chercheuse s’est également intéressée à la question de la mobilité indépendante des enfants. Depuis les 50 dernières années, on observe en effet une réduction marquée de la liberté de déplacement des enfants.

Encore une fois, si la plupart des parents croient que les enfants plus âgés devraient avoir le droit de sortir seuls dans leur voisinage pour développer le sens des responsabilités, seulement le quart des parents autorisent leur enfant de 10 ans ou plus à revenir seul de l’école à pied ou à vélo et la majorité des déplacements scolaires des jeunes qui habitent entre 1 et 2 km de leur école — une distance tout à fait praticable à pied ou à vélo — sont faits en voiture.

La rencontre d’adultes mal intentionnés (57,7 %) et l’exposition à des risques d’accident de la route (55,5 %) sont les principales préoccupations invoquées par les répondants lorsqu’ils envisagent de laisser un enfant de 9-10 ans explorer seul le voisinage. Les statistiques montrent pourtant que ces craintes sont non fondées.

Au Canada, les enfants ont huit fois plus de risques de décéder en étant passager dans une voiture qu’en se faisant heurter par un véhicule lorsqu’ils sont à pied ou à vélo. Les probabilités d’enlèvement par un adulte mal intentionné sont par ailleurs de 1 sur 14 millions.

 

Par Marie-Josée Cardinal - 100°


Extrait d’un article publié originalement sur le
webzine 100°. Initiative de Québec en forme, 100° aborde une variété de sujets qui touchent à la création et au maintien d’environnements favorables aux saines habitudes de vie. 100° n’a aucun but lucratif ni attache commerciale.

 

Photo : Gettyimages/Imgorthand

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