Pères: des attitudes différentes selon le sexe de l’enfant

Pères: des attitudes différentes selon le sexe de l’enfant

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Les pères agiraient de façon différente avec leur enfant, selon que ce dernier est un garçon ou une fille, révèle une petite étude américaine.

2 juin 2017 | Les pères agiraient de façon différente avec leur enfant, selon que ce dernier est un garçon ou une fille, révèle une petite étude américaine.

La différence la plus importante était l’attention que les pères étudiés accordaient à leur fille. Lorsque leur enfant les réclamait, les pères de petites filles répondaient davantage à cette demande que les pères de petits garçons.

De plus, les papas étudiés chantaient plus souvent à leur enfant si celui-ci était une fille. Les pères de fillettes utilisaient aussi plus de mots associés à la tristesse (ex. : « pleurer », « larmes », « solitaire »), aux parties du corps et à des concepts (ex. : « tout », « sous », « beaucoup »).

À l’inverse, les pères avaient davantage tendance à prendre part à des jeux de bataille avec leur fils qu’avec leur fille. Les pères de garçon utilisaient également plus de mots associés à l’idée de force et de réussite (ex. : « meilleur », « gagner », « super »).

Les résultats obtenus par les chercheurs sont d’ailleurs semblables à ceux de précédentes études. En effet, celles-ci indiquaient que les parents, autant les mères que les pères, utilisaient plus souvent un langage lié aux émotions avec les filles et jouaient davantage à des jeux de bataille avec les garçons.

Les chercheurs avancent que les différences selon le genre observées pourraient avoir des effets à long terme. Par exemple, l’utilisation d’un vocabulaire davantage lié aux émotions avec les petites filles les inciterait peut-être à développer plus d’empathie que les petits garçons.

Par contre, la plus grande utilisation des termes liés au corps pourrait peut-être à long terme avoir des effets négatifs sur leur image corporelle. De même, les jeux de bataille auxquels jouent les garçons avec leur père contribueraient à leur développement social et leur apprendraient à contrôler leurs émotions.

Appelant les pères à ne pas se culpabiliser, les auteurs de l’étude soulignent que ces différences de traitement ne sont pas mal intentionnées, mais probablement inconscientes. Elles pourraient aussi traduire une volonté bien intentionnée du père de modeler le comportement de son enfant afin qu’il corresponde, à l’âge adulte, aux attentes sociales liées à son genre.

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont étudié 52 pères qui avaient un tout-petit âgé de 1 ou 2 ans. Parmi ces enfants se trouvaient 30 petites filles et 22 petits garçons. Ces hommes ont porté pendant 2 jours un appareil électronique pour enregistrer leurs interactions avec leur enfant. Par la suite, ces pères ont été soumis à des tests d’imagerie cérébrale.

Effets sur le cerveau des pères
Les résultats de cette étude montrent aussi que ce ne serait pas les mêmes régions du cerveau qui seraient activées lorsque les pères voient une photo de leur enfant. Pour les pères d’un garçon, cette modification de l’activité cérébrale serait plus grande lorsque l’enfant adopte une expression faciale neutre. Pour ceux qui ont une fille, ce serait plutôt lorsque le visage de la fillette exprime de la joie.

Sources : Behavioral Neuroscience et Eurekalert


Rabéa Kabbaj — Agence Science-Presse

 

Photo : GettyImages/PeopleImages

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