Jeux: faut-il toujours laisser gagner les enfants?

Jeux: faut-il toujours laisser gagner les enfants?
Lorsqu’ils jouent, les enfants auraient besoin de perdre à l’occasion pour bien développer leur jugement et leur capacité à résoudre des problèmes.

11 novembre 2016 | Les enfants qui gagnent toujours deviendraient un peu trop confiants en leurs habiletés, indique une étude américaine réalisée auprès de 112 enfants de 4 à 5 ans. Ils auraient donc besoin de perdre à l’occasion pour bien développer leur jugement et leur capacité à résoudre des problèmes.

Autrement dit, en laissant toujours gagner un enfant, on lui donnerait une fausse impression de contrôle, expliquent les chercheurs. Le fait de perdre l’aiderait à réaliser que ses succès peuvent aussi être dus en partie à l’aide des autres ou à la chance.

Les auteurs de l’étude sont arrivés à ces conclusions en demandant aux enfants de trouver sous quel contenant se cachait un jouet. Pour la moitié des enfants, le jeu était truqué pour les faire gagner à tout coup. Les tout-petits pouvaient aussi compter sur l’aide de deux adultes : l’un qui donnait des informations utiles et l’autre, non. Les enfants devaient ensuite nommer leur informateur préféré.

Parmi les tout-petits qui avaient gagné mais aussi perdu, 73 % ont opté pour l’informateur utile alors que seulement 50 % des enfants qui avaient toujours gagné l’ont choisi. Par ailleurs, il suffisait que les tout-petits perdent une seule fois pour qu’ils montrent une préférence pour l’informateur utile.

D’autres études ont déjà démontré que les tout-petits ont tendance à surestimer leurs propres habiletés, ajoutent les chercheurs. Les enfants croient ainsi que, lorsqu’ils réussissent, c’est d’abord et avant tout grâce à leurs propres actions. Les tout-petits ont également de la difficulté à distinguer une situation où les habiletés sont nécessaires d’une situation où la chance est importante. Perdre à l’occasion permettrait alors aux enfants d’améliorer leur jugement, et ainsi de développer des aptitudes pour la résolution de problèmes, affirment les auteurs de l’étude.


Sources : The Wall Street Journal et Journal of Experimental Child Psychology

Kathleen Couillard – Agence Science-Presse

 

Photo : iStock.com/Diane Labombarbe

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