Les enfants et la morale: c'est l'intention qui compte

Les enfants et la morale: c'est l'intention qui compte

Cette nouvelle fait partie de nos archives. Il se peut que son contenu ne soit pas à jour.


Les jeunes enfants développeraient un jugement moral similaire à celui des adultes beaucoup plus tôt qu’on le croyait, révèle une étude réalisée au Royaume-Uni.

30 septembre 2016 | Les jeunes enfants développeraient un jugement moral similaire à celui des adultes beaucoup plus tôt qu’on le croyait, révèle une étude réalisée au Royaume-Uni auprès de 138 enfants de 4 à 8 ans.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont reproduit une expérience de la fin des années 1990. Ils ont ainsi présenté deux situations différentes aux enfants. Dans la première, Samuel tire délibérément la queue du chien pour lui faire mal, mais le chien croit qu’il veut jouer et n’est pas blessé. Dans la deuxième, Samuel veut flatter le chien, mais celui-ci bondit au même moment, et Samuel le frappe par accident et lui fait mal.

Les auteurs de l’étude ont alors demandé aux enfants si Samuel était un bon ou un mauvais garçon dans chacune des situations. Environ la moitié des tout-petits de 4 à 5 ans se sont basés sur l’intention de Samuel pour répondre à la question. Ils ont ainsi affirmé que, dans la première histoire, Samuel était un mauvais garçon, car il voulait faire mal au chien et que, dans la deuxième histoire, il était un bon garçon parce qu’il ne voulait pas le blesser. Chez les enfants de 5 à 6 ans, c’est presque la totalité qui a considéré l’intention pour porter un jugement moral sur le geste de Samuel.

Ces résultats contredisent toutefois ceux obtenus lorsque l’expérience a été réalisée pour la première fois dans les années 1990. En effet, les chercheurs de l’époque avaient conclu que les enfants se basaient sur les conséquences d’une action pour évaluer chaque situation. Selon les auteurs de la présente étude, cette contradiction s’explique par la formulation de la question. En effet, lors de la première expérience, les chercheurs avaient plutôt demandé aux enfants si Samuel avait bien ou mal agi. Une telle question serait mal comprise par les enfants, qui pensent alors qu’on les interroge sur les conséquences du geste.

Les adultes croient généralement que blesser quelqu’un intentionnellement est plus grave que de le faire accidentellement. Cette nouvelle étude semble démontrer que cette façon de voir les choses est déjà acquise chez plusieurs enfants âgés de 4 à 5 ans. Il faut toutefois leur poser les bonnes questions pour le constater, concluent les chercheurs.


Sources : Science Daily et Cognition

Kathleen Couillard – Agence Science-Presse

 

Photo : iStock.com/Tammy Bryngelson

Partager

À lire aussi