5 situations vécues par les parents

5 situations vécues par les parents
5 parents parlent des difficultés rencontrées à l’approche des fêtes et durant les réunions familiales. Des experts réagissent et donnent leurs conseils.

Cinq parents parlent des difficultés rencontrées à l’approche des fêtes et durant les réunions familiales. Des experts réagissent et donnent leurs conseils.

1. Ressentir le jugement des autres

« Durant les fêtes de famille, ma belle-mère et ma belle-sœur s’occupent beaucoup de mon fils. Mais elles lui trouvent sans arrêt des besoins que moi, je ne vois pas. Par exemple : « il a faim », « il a froid » ou « il n’est pas assez habillé ». Comme les commentaires viennent de mamans d’expérience, j’ai l’impression de ne pas bien prendre soin de mon bébé parce que je ne me rends pas compte de ses besoins », confie Isabelle, maman d’André, 15 mois.

Lors des fêtes de famille, il arrive de se sentir jugé ou d’avoir l’impression que certaines personnes jugent notre enfant. Des membres de la famille peuvent faire des commentaires sur l’enfant ou donner des conseils sur la façon de l’élever, par exemple.

Selon le Dr Nicolas Chevrier, psychologue, les commentaires des autres partent rarement d’une mauvaise intention. « On pense que ce sont nos compétences parentales qui sont visées, alors que généralement, la famille pense seulement au bien-être de l’enfant », souligne-t-il.

De manière générale, il suggère de rester ouvert aux commentaires et de poser des questions sur la façon dont l’autre voit la situation. « Plutôt que de prendre les remarques des autres comme des critiques ou des jugements, il vaut mieux essayer de les voir comme des commentaires constructifs, précise le psychologue. Cela dit, c’est vous qui avez le dernier mot, parce que c’est vous le parent. » Et c’est vous qui connaissez le mieux votre enfant. Vous gagnerez donc à en prendre et à en laisser.

2. Vivre de la culpabilité

« J’ai la chance d’avoir deux semaines de congé dans le temps des fêtes, mais j’envoie quand même mon garçon à la garderie certaines journées, surtout vers la fin des vacances. J’en profite pour préparer mon retour au travail en faisant le ménage, des courses et de la bouffe. Mais je n’ai pas la tête tranquille. Je me sens coupable de ne pas passer ce temps-là avec lui », affirme Claudine, maman de Louis, 2 ans.

La culpabilité est un sentiment ressenti plus fortement pendant le temps des fêtes, entre autres parce que la routine est modifiée et parce qu’on idéalise cette période. On se met donc de la pression pour que les fêtes ressemblent à l’image qu’on s’en fait.

La psychoéducatrice Stéphanie Pelletier explique que la culpabilité découle souvent d’un jugement que l’on porte sur soi-même. « Pour diminuer le sentiment de culpabilité, le parent doit être convaincu qu’il fait ce qu’il y a de mieux pour sa famille », soutient-elle. Par exemple, si vous faites le ménage pendant que votre enfant est à la garderie, rappelez-vous que c’est plus rapide pour vous et plus amusant pour lui. Cela vous permet d’être plus disponible pour lui quand il rentre à la maison.

Vous travaillez pendant le temps des fêtes et vous vous sentez coupable? « Profitez des moments que vous avez avec votre enfant pour faire des jeux et des activités spéciales liées au temps des fêtes. Cela vous permettra de vivre ensemble la magie de Noël », ajoute la psychoéducatrice. Par exemple : aller marcher le soir pour admirer les décorations, faire une carte de Noël ou utiliser de la vaisselle spéciale pour servir le déjeuner.

3. Gérer un budget limité

« Avant, je gâtais beaucoup ma famille et ma filleule à Noël. Mais c’est différent depuis que j’ai des enfants. Mon budget est plus limité. Cette année, je sais que je ne pourrai pas offrir d’aussi gros cadeaux que d’habitude. Ça me stresse de ne pas pouvoir donner autant que j’aimerais », admet Michel, papa de Théa, 3 ans, et de Delphine, 9 mois. Cadeaux, sorties, repas spéciaux... Le temps des fêtes entraîne en effet beaucoup de dépenses!

« Il y a plusieurs façons de composer avec un budget plus restreint dans le temps des fêtes. La clé est dans la planification », dit la coach familiale Laithicia Adam. Vous pouvez, par exemple, suggérer une thématique qui entraînera moins de dépenses, comme des cadeaux faits maison (tricot, bijoux, sauce à spaghetti maison, photos...), des dons de services (garder les enfants, faire la cuisine, petits travaux...) ou un échange de choses que vous avez à la maison et qui ne vous servent plus.

« Quant aux enfants, la plupart préfèrent l’attention que vous leur donnez plutôt que les cadeaux de grande valeur. Vous pourriez donc leur offrir une activité spéciale gratuite, comme une soirée de jeux, un après-midi de glissade ou de patinage », suggère la psychoéducatrice Stéphanie Pelletier.

Puisque les enfants aiment aussi déballer quelques cadeaux, Laithicia Adam rappelle qu’il est possible de le faire à moindre coût. « Vous pouvez, par exemple, acheter des jouets usagés sur des sites Internet de revente, comme Kijiji ou LesPAC, par le biais de groupes Facebook, dans les magasins de jouets usagés, les marchés aux puces ou les bazars », détaille-t-elle.

4. Subir la comparaison entre les enfants

« À Noël, nous en profitons pour regarder des albums de famille en nous remémorant des souvenirs. C’est souvent à ce moment-là que mes parents comparent mes filles. Ils disent à ma plus jeune : “Regarde, ta grande soeur faisait ça à ton âge et, toi, tu ne le fais pas encore” », raconte Yvonne, maman de Dalia, 4 ans, et de Julia, 6 ans.

Lors des fêtes de famille, certaines personnes ne se gênent pas pour comparer les enfants entre eux, ce qui donne lieu à des remarques du genre : « Quoi? Il ne marche pas encore? » ou « Elle ne parle pas beaucoup pour son âge. »

La coach familiale Laithicia Adam tient à rappeler que l’ordre des apprentissages est différent pour chacun. « Comparer un enfant à un autre, c’est comme comparer des pommes et des poires », dit-elle. Chaque enfant se développe à son rythme. Pendant que l’un améliore son côté moteur, l’autre travaille son langage ou sa motricité fine. « Les étapes de développement sont des points de repère, rappelle-t-elle. Ce n’est donc pas toujours inquiétant si votre enfant semble un peu en retard dans un domaine par rapport à la moyenne. »

Si un proche a tendance à comparer votre enfant à un autre de façon défavorable, pourquoi ne pas lui parler de ses forces? Par exemple : « Ma fille ne court pas encore, mais elle est capable de tenir sa cuillère pour manger. » Un peu d’humour peut également dédramatiser la situation. Par exemple : « À 18 ans, il ne devrait plus porter de couches… »

5. Avoir des attentes trop élevées

« Il y a quelques années, j’avais de très grandes attentes envers mes enfants lors des partys de famille. Je leur demandais d’être sages, polis avec les adultes et de bien jouer avec leurs cousins et cousines. Je leur mettais beaucoup de pression parce que je voulais bien paraître devant mes oncles et mes tantes que je ne vois qu’une fois par année. Mais, je ne passais pas de belles soirées. J’étais toujours en train de les surveiller », raconte Virginie, maman d’Alex, 1 an, Justine, 5 ans, et Noémie, 10 ans.

Qui ne cherche pas à bien paraître aux yeux de sa famille? Quel parent ne souhaite pas montrer le meilleur côté de son enfant à ses proches? Or, cette attitude peut en amener certains à mettre beaucoup de pression sur leur tout-petit et sur eux-mêmes.

« Beaucoup de parents ont tendance à élever leurs attentes vis-à-vis de leur enfant durant le temps des fêtes, souvent pour bien paraître aux yeux des autres. Or, ils devraient plutôt les diminuer », affirme le Dr Nicolas Chevrier, psychologue. Les fêtes feront vivre toutes sortes d’émotions à votre tout-petit et cela aura sûrement un effet sur sa conduite. « Si certains comportements restent inacceptables en tout temps, comme frapper les autres ou lancer des objets, vous gagnerez toutefois à intervenir avec plus de souplesse si votre enfant pleure pour un rien, fait un dégât ou se chicane », conseille-t-il. N’oubliez pas que votre enfant pourrait aussi être fatigué en raison des nombreuses réunions familiales.

 

La bienveillance en cadeau

Faire preuve de bienveillance envers un autre parent, c’est respecter ses choix et se montrer compréhensif à son égard. Cela l’aide à se sentir un bon parent. « Soyez à l’écoute de l’autre et tentez de vous mettre à sa place pour essayer de comprendre ce qu’il peut vivre et ressentir, propose le Dr Nicolas Chevrier, psychologue. Demandez-lui s’il a besoin d’aide ou de conseils avant de lui en offrir. Parfois, le parent a seulement envie d’être écouté. » Et n’oubliez pas que si vous voulez que les autres soient bienveillants envers vous lors des réunions familiales, rien de mieux que de l’être aussi envers eux et envers vous-même!

 

Photos:
GettyImages/LiseGagne (en haut)
GettyImages/Kontrec (au centre)

 

Naitre et grandir.com

Source: magazine Naître et grandir, décembre 2018
Recherche et rédaction:
Amélie Cournoyer
Révision scientifique:
Annie Goulet, psychologue

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