Comment parler de sexualité avec votre enfant

Comment parler de sexualité avec votre enfant
Même s’il n’est pas toujours évident de parler de sexualité, il est important d’aborder ce sujet avec votre tout-petit. Et plus vous commencerez tôt, plus ce sera facile et naturel.

Même s’il n’est pas toujours évident de parler de sexualité, il est important d’aborder ce sujet avec votre tout-petit. Et plus vous commencerez tôt, plus ce sera facile et naturel.

Très vite, votre enfant a besoin de mieux comprendre son corps et ce qu’il ressent. Il veut aussi savoir d’où il vient. C’est pourquoi parler de la sexualité devrait faire partie de l’éducation que vous lui donnez. « Lorsque vous en parlez sans honte ni gêne, vous donnez à votre enfant une image saine de la sexualité », dit Frédérique Saint-Pierre, psychologue au CHU Sainte-Justine. Cela permet aussi de créer un lien de confiance entre vous.

À l’adolescence, votre enfant sera ainsi plus porté à se tourner vers vous lorsqu’il aura des questions sur la sexualité, plutôt que vers Internet ou vers ses amis. Autre avantage : lorsque les enfants sont bien informés, ils ont leur première expérience sexuelle plus tard et sont moins nombreux à avoir des relations non protégées, selon les études. Voici des idées qui vous aideront à bien accompagner votre enfant.

Lui enseigner les mots justes

Il est conseillé d’utiliser les bons mots dès le départ (pénis, vulve, vagin, anus, fesses, etc.), plutôt que des mots comme « zizi », « bizoune » ou « foufounes ». Ce ne sont pas des mots plus difficiles à apprendre que les autres et il n’y a rien de gênant à les dire. « J’ai appris à mon fils à nommer ses parties génitales pendant le bain et l’habillage, raconte Marianne, maman de Léandre, 2 ans. Je lui ai enseigné les vrais mots, comme je l’ai fait avec les autres parties de son corps. Pour lui, c’est tout naturel. »

Ce n’est pas toujours sexuel!
Il est important d’enlever nos lunettes d’adulte quand on pense au développement psychosexuel des enfants. Si un geste de votre enfant vous met mal à l’aise, pensez à l’intention qu’il a en le faisant. Par exemple, un tout-petit de 3 ans qui se montre nu sans aucune gêne ne cherche pas à provoquer ou à séduire. Pour lui, ce geste n’est pas sexuel. « Il confirme son identité sexuelle, dit la sexologue Mélanie Guérard. Il veut montrer qu’il est bien un garçon ou une fille. » De la même façon, votre intention n’est pas sexuelle lorsque vous lavez les parties génitales de votre enfant ou que vous portez votre bébé en le soutenant par l’entrejambe. Votre but est simplement de prendre soin de votre enfant et le plaisir sexuel n’a rien à voir là-dedans.

Essayer de voir la situation comme un enfant

Pour la sexologue Jocelyne Robert, l’enfant n’est pas un adulte en miniature. Il est avant tout curieux et spontané. Il ne cherche pas non plus à séduire. Ainsi, si votre tout-petit a des comportements qui vous semblent sexuels, il ne faut pas lui prêter des intentions d’adulte. Vous gagnerez à essayer de voir la situation telle que votre enfant la voit.

Lui parler et répondre à ses questions

Il est bon de commencer à parler de sexualité tôt et de laisser votre enfant poser des questions. Le plus simple, c’est d’inclure l’éducation sexuelle dans le quotidien, selon Jocelyne Robert. « Le changement de couche d’un petit frère, un bain partagé ou une femme enceinte dans la famille sont des occasions d’en parler », dit-elle. Le dialogue pourra ensuite continuer à mesure que votre enfant grandira.

Une question de votre enfant vous met mal à l’aise ou il vous la pose dans un endroit public, comme à l’épicerie? « Vous pouvez lui dire que c’est une bonne question, que vous allez y réfléchir et lui donner une réponse plus tard », suggère Mélanie Guérard, sexologue à la Clinique multidisciplinaire pour le développement de l’enfant. Il faut ensuite tenir parole! Votre enfant verra ainsi qu’il peut vous faire confiance.

Lui donner de l’information vraie et adaptée à son âge

Un jeune enfant n’a pas besoin de tous les détails. La clé, c’est de répondre simplement à ses questions. Mieux vaut éviter de lui donner plus d’information que ce qu’il a demandé, car il pourrait ne pas comprendre. « S’il demande comment sortent les bébés du ventre des mamans, vous pouvez répondre que c’est habituellement par le vagin, donne en exemple Mélanie Guérard. Inutile d’en rajouter. S’il veut en savoir plus, il posera une autre question. »

Il est toutefois important de lui donner une information vraie. Il est préférable d’éviter les histoires de cigognes qui apportent les bébés ou de pénis qui tombe si on y touche trop. Un bon truc avant de répondre aux questions de votre enfant, c’est de lui demander ce qu’il en pense. Cela vous permettra d’adapter votre réponse à ce qu’il sait déjà et à ce qu’il veut vraiment savoir.

Lui apprendre à respecter son corps

Il est nécessaire d’apprendre à votre tout-petit qu’il peut refuser les contacts physiques qui lui causent de l’inconfort. Ne pas l’obliger à faire des bisous est un bon point de départ. C’est ce que fait Marianne avec Léandre, 2 ans. « Il a le droit de dire non à un câlin, même si c’est sa grand-mère ou un autre membre de la famille qui le demande », dit-elle.

Parler de sexualité peut se faire tout naturellement lors des activités de tous les jours comme l’habillement, le bain ou la lecture d’un livre.

Il doit aussi comprendre que les parties génitales sont quelque chose de personnel. « En jouant avec mon aîné, j’ai accroché son pénis et il m’a demandé de faire un bisou sur le bobo, raconte Rachelle, maman de Nicolas, 2 ans, et de Leonard, 5 mois. Je lui ai expliqué que les mamans n’embrassaient pas les parties intimes de leurs enfants et que personne d’autre ne pouvait les toucher non plus. »

Lorsque votre enfant commence à avoir plus de pudeur, il est important de lui donner plus d’intimité. Cela l’aidera aussi à respecter son corps et à poser ses limites, selon Mélanie Guérard. « Par exemple, les parents doivent accepter le désir de leur enfant de fermer la porte des toilettes », dit-elle. C’est la même chose au moment du bain. Si vous avez l’impression que votre enfant n’est plus à l’aise de prendre son bain avec vous ou que vous ressentez vous-même un malaise, c’est le signe qu’il est temps d’arrêter de le faire.

 

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, avril 2017
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand
Révision scientifique : Geneviève Parent, sexologue, psychothérapeute et conseillère parentale

 

Photo : GettyImages/Brauns

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