Finances: se préparer au congé parental

Finances: se préparer au congé parental
Les parents en congé avec leur bébé font face à un autre défi important : une baisse de leur revenu. Comment s’y préparer?

Les parents en congé avec leur bébé font face à un autre défi important : une baisse de leur revenu. Comment s’y préparer?

Les nouveaux parents inscrits au Régime québécois d’assurance parentale ont le choix de recevoir leurs prestations selon le régime de base ou selon le régime particulier. Avec le régime de base, les prestations de maternité et de paternité, de même que celles des 7 premières semaines du congé parental, correspondent à 70 % du salaire brut. Les autres semaines sont payées à 55 % du salaire. Avec le régime particulier, toutes les prestations sont payées à 75 % du salaire, mais le congé est plus court. Le revenu maximal pris en compte pour calculer le montant des prestations est de 74 000 $ en 2018.

Peu importe le régime choisi, les parents en congé voient leur revenu baisser. Par exemple, avec le régime de base, le plus populaire, un parent qui gagne 770 $ par semaine recevra 539 $ pour les semaines à 70 % de son salaire et 423,50 $ pour les autres. S’il choisit le régime particulier, ses prestations seront de 577,50 $ par semaine. Pour certains parents, cette baisse de revenu temporaire n’a pas de gros impact, mais pour d’autres, comme ceux qui travaillent au salaire minimum et les mères monoparentales, il peut être plus difficile de joindre les deux bouts.

Conseils de pro

Lucie Dal Molin, conseillère budgétaire à l’ACEF de l’Est de Montréal, suggère plusieurs petits gestes à poser dès la grossesse pour limiter les effets de cette baisse de revenu. Voici ses conseils :

1. Prendre le temps de faire vos calculs en utilisant le simulateur de prestations sur le site du Régime québécois d’assurance parentale. Une fois que vous aurez choisi un régime, vous ne pourrez plus changer d’idée.

2. Revoir le partage des dépenses pendant le congé pour que cela demeure juste. Tenir compte de la baisse de revenu du conjoint qui sera le plus longtemps en congé.

3. Mettre, si possible, un peu d’argent de côté avant l’arrivée de bébé. Essayer, par exemple, de diminuer les dépenses qui ne sont pas essentielles, comme les sorties au restaurant. Vous pouvez aussi faire des économies en magasinant vos assurances et vos forfaits de téléphone et de câble.

4. Faire un budget pendant au moins un mois en notant vos dépenses et vos revenus. Penser aux dépenses qui vont s’ajouter avec la venue du bébé (couches, vêtements, jouets, poussette, accessoires, etc.). Cela vous aidera à connaître plus précisément le montant par semaine dont vous aurez besoin pour vivre.

5. Acheter seulement le nécessaire. Parler avec d’autres parents pour savoir quels articles sont vraiment utiles. Magasiner dans des friperies et voir s’il est possible de vous faire prêter ou donner des choses.

Bon à savoir

Pendant votre congé, vous n’aurez pas à cotiser à l’assurance-emploi ni à l’assurance parentale. Vous ne cotiserez pas non plus à la Régie des rentes du Québec (RRQ). Cela ne devrait toutefois pas faire baisser la rente que vous recevrez à la retraite, car les mois où vous touchez des prestations parentales peuvent être exclus du calcul de votre rente.

Vous avez un régime de retraite collectif au travail? Continuer à y contribuer peut être difficile au moment où votre revenu est au plus bas. Par contre, si vous arrêtez vos cotisations, vous pourriez toucher une rente moins élevée quand vous prendrez votre retraite. Pour éviter cela, certains employeurs permettent aux employés de « racheter » plus tard les mois perdus. Ce sera toutefois un montant de plus à prévoir dans votre budget.

Quant aux assurances collectives, pour maintenir votre protection, il faut continuer à payer la prime pendant votre congé parental. Encore une fois, ça peut être difficile pour le budget. Pour souffler un peu financièrement, vérifiez auprès de votre employeur s’il est possible de suspendre quelques protections.

 

Photo : gettyimages/aleksandarnakic

 

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, mai-juin 2018
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand
Révision scientifique : Sophie Mathieu, chercheuse postdoctorale à l’Université Brock et chargée de cours en sociologie à l’Université de Montréal

Partager