Comprendre l'anxiété

Comprendre l'anxiété
C’est normal qu’un tout-petit s’inquiète quand il vit une situation nouvelle ou un changement. Toutefois, certains enfants sont plus anxieux que d’autres. Voyez pourquoi.

C’est normal qu’un tout-petit s’inquiète quand il vit une situation nouvelle ou un changement. Toutefois, certains enfants sont plus anxieux que d’autres. Voyez pourquoi.

L’anxiété est une réaction émotive intense face à un stress ou à une peur. « C’est une réaction de peur exagérée, précise Suzie Chiasson-Renaud, psychoéducatrice, car la réaction d’anxiété se produit même si le danger n’est pas réel. Elle peut être déclenchée seulement par nos pensées, parce qu’on imagine que quelque chose va se passer. » Par exemple, dans le cas d’un enfant qui sursaute ou qui crie quand un gros chien passe à côté de lui, c’est de la peur. Mais dans le cas d’un enfant qui a peur d’aller au parc parce qu’il a peur de voir un chien, c’est de l’anxiété.

Avoir des peurs et des inquiétudes, cela fait partie du développement de l’enfant. « Il est donc normal qu’un tout-petit vive parfois de l’anxiété, souligne la psychoéducatrice. Il y a beaucoup de situations nouvelles et de choses inconnues autour de lui. De plus, son cerveau n’est pas assez développé pour gérer toutes ses émotions. » Durant la petite enfance, l’anxiété est souvent passagère. À mesure que l’enfant grandit et s’adapte aux nouvelles situations, l’anxiété disparaît généralement.

Qu’est-ce qui cause de l’anxiété?

Même si tous les enfants peuvent vivre un jour ou l’autre de l’anxiété, certains sont toutefois plus anxieux de nature. Voici les principaux facteurs qui expliquent pourquoi un enfant peut ressentir davantage d’anxiété qu’un autre.

  • Le tempérament. Un enfant timide, de nature craintive, pourrait être plus anxieux.
  • La génétique. « Le plus souvent, un enfant qui montre des signes d’anxiété a au moins un parent anxieux », dit la Dre Tina Montreuil, psychologue et directrice du laboratoire de recherche sur l’anxiété et la régulation émotionnelle chez l’enfant de l’Université McGill. Les gènes jouent un rôle, mais vous pouvez aussi transmettre votre anxiété par votre comportement parce que vous êtes plus inquiet et surprotecteur avec votre enfant, par exemple.
  • Un événement qui amène un changement important dans la vie d’un enfant, comme l’arrivée d’un bébé ou une séparation. Ces événements peuvent rendre les parents plus stressés et moins disponibles pour leur tout-petit. Par exemple, Marion, 4 ans, a commencé à montrer des signes d’anxiété après la naissance de son frère. « Elle a dû se faire garder plus souvent parce qu’Arnaud a été hospitalisé deux fois après sa naissance, raconte Carl Ducharme, son papa. C’est à ce moment-là que Marion s’est mise à s’inquiéter quand elle était séparée de nous à la garderie et durant la nuit. »
  • Un manque de routines et de règles. Un enfant a besoin de règles claires et concrètes pour se sentir en sécurité, car sinon il ne sait pas à quoi s’attendre et cela peut être une source d’anxiété.
  • La pression liée à l’horaire familial. Lorsqu’un tout-petit ne passe pas assez de temps de qualité avec ses parents, il peut devenir anxieux. En effet, c’est le temps de qualité passé avec ses parents qui le sécurise, l’apaise et lui apporte du réconfort et de la stabilité.
  • Des exigences trop élevées. Un enfant peut être anxieux parce qu’il a peur de faire des erreurs et de déplaire à ses parents.

Comment savoir si mon enfant est anxieux?

« Quand il vit de l’anxiété, mon garçon devient comme une boule électrique, note Jolianne Korak, maman d’Alexis 3 ½ ans. Il a plein d’énergie à dépenser. Il peut se mettre à courir en pleine rue, crier, lancer des choses et me frapper. »

Comme les tout-petits n’ont pas les mots pour dire ce qu’ils ressentent, leur anxiété se manifeste par leur comportement. Certains, comme Alexis, deviennent agités et agressifs. Faire des crises de colère, pleurer, s’opposer, être plus irritable sont des signes d’anxiété. « On confond parfois l’anxiété avec l’hyperactivité parce qu’un enfant anxieux peut avoir du mal à s’autocontrôler, dit Tina Montreuil. Par exemple, il n’arrive pas à rester en place et pousse ses amis à la garderie. »

« Il y a aussi l’autre extrême, ajoute la psychologue. Un enfant timide peut n’avoir aucune réaction lorsqu’il est anxieux. » Il fige, il ne parle pas, il reste à l’écart et ne montre aucune émotion avec des personnes qu’il ne connaît pas ou dans un lieu public. C’est ce qui arrive parfois à Elyam, 6 ans. « Dans des situations nouvelles, il bloque et ne bouge plus pendant de longues minutes », rapporte sa maman, Mira Dana.

Les maux de ventre, de tête et de coeur (nausée) sont d’autres signes d’anxiété chez les tout-petits. « Les problèmes de sommeil sont aussi courants chez l’enfant anxieux, indique Marie-Ève Mongrain, psychoéducatrice au CLSC de Vaudreuil-Dorion. Il a besoin de ses parents pour s’endormir, c’est long et il se réveille la nuit. » Les parents de Marion ont vécu ce scénario pendant environ un an. « Presque chaque nuit, notre fille se réveillait pour vérifier si on n’était pas partis à l’hôpital », raconte Carl, son papa.

 

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, septembre 2019
Recherche et rédaction : Julie Leduc
Révision scientifique : Dr Benoît Hammarrenger, neuropsychologue

 

Photos : Maxim Morin (en haut et en bas), GettyImages/nd3000 (au centre)

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