Choisir d'adopter

Choisir d'adopter
Vincent Robichaud a toujours su qu’il adopterait des enfants avec une déficience intellectuelle. Il en a aujourd’hui deux.
Vincent Robichaud a toujours su qu’il adopterait des enfants avec une déficience intellectuelle. Il en a aujourd’hui deux.

« Cela fait 20 ans que je travaille dans le milieu des personnes handicapées et j’ai toujours été heureux dans cet environnement. Comme gais, mon conjoint et moi savions que nous allions passer par l’adoption pour fonder une famille. Pour moi, il était évident que ce serait des enfants handicapés.

Quand nous avons entamé nos démarches avec le centre jeunesse et l’association Emmanuel - qui facilite l’adoption des enfants ayant une incapacité -, nous avons dit que nous étions à l’aise avec des enfants atteints de déficience mentale. Il faut dire que nous en avons accueilli quelques-uns pendant les quatre années où nous avons été famille d’accueil.

Cette expérience nous a permis de vivre le quotidien avec un enfant handicapé et de connaître les ressources disponibles dans le système de santé. Ça a aussi été l’occasion pour nos proches d’être en contact avec des enfants différents. Ils n’ont donc pas été surpris quand nous avons adopté Rose et Maxime.

Rose a la trisomie 21. Elle a été opérée du coeur vers 1 ½ an, mais depuis, elle va bien et n’a aucun handicap physique. Maxime, lui, a le syndrome du cri du chat. Il a un retard intellectuel et moteur. Même si on savait à quoi s’attendre avec un enfant handicapé, sa progression a été plus lente qu’on le croyait et en dents de scie.

En fait, ce sont les premières années de vie des enfants qui ont été un défi sur le plan de l’organisation, à cause des nombreux rendez-vous avec les professionnels de la santé. Nous avons réussi à nous en sortir, car à deux, nous avons arrêté de travailler trois ans au total.

Mes deux enfants me comblent de bonheur.

Les choses sont plus faciles maintenant. Maxime est dans une école spécialisée où il reçoit des services d’orthophonie et d’ergothérapie. Rose, elle, a un suivi avec le CRDI (Centre de réadaptation en déficience intellectuelle) pour la préparer à la maternelle et quelques rendez-vous en orthophonie. Il y a encore les suivis médicaux réguliers, mais c’est gérable, car mon conjoint travaille quatre jours par semaine et que j’ai un horaire flexible.

Le soir, nous devons faire des exercices de stimulation intellectuelle pour Rose, et physique pour Maxime. Sinon, nous sommes comme toutes les autres familles. On a parfois de la “broue dans le toupet”, mais ça fonctionne quand même bien, car nous sommes très organisés et nous avons la chance de pouvoir compter sur notre famille.

Aujourd’hui, Rose a 4 ans et Maxime a 5 ans. Nous avons atteint un bel équilibre familial, social et professionnel. Est-ce que nous allons adopter un troisième enfant? C’est la question que nous nous posons ces temps-ci... »

 

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, mai-juin 2017
Propos recueillis par Kenza Bennis

 

Photo: Nicolas St-Germain

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