L'annonce du diagnostic

L'annonce du diagnostic
À 5 semaines seulement, la petite Ariane a eu une méningite. Les médecins lui ont sauvé la vie, mais la maladie l’a laissée sourde des deux oreilles, raconte sa maman, Nancy Lalonde.
À 5 semaines seulement, la petite Ariane a eu une méningite. Les médecins lui ont sauvé la vie, mais la maladie l’a laissée sourde des deux oreilles, raconte sa maman, Nancy Lalonde.

« Pendant l’hospitalisation d’Ariane, mon conjoint et moi restions auprès d’elle la nuit à tour de rôle. Ariane a dû passer un test d’audition parce que la méningite peut affecter l’ouïe. Je pensais que tout était beau, alors je n’étais pas inquiète. Mais pendant l’examen, j’ai vu le visage de l’audiologiste devenir grave et j’ai commencé à me douter que quelque chose n’allait pas. Puis, elle m’a dit : “Je dois malheureusement vous annoncer que votre fille est sourde profonde des deux oreilles.”

Je l’entendais parler, mais le message ne passait pas. Je n’arrivais pas à y croire. J’ai appelé mon conjoint qui est venu nous rejoindre. Il pleurait et il disait que c’était de sa faute si notre fille était sourde. C’est un peu compliqué, mais Ariane a un petit problème aux reins qui est héréditaire et qui a entraîné une infection urinaire. Les bactéries se sont propagées et une méningite s’est déclarée. Mon conjoint a donc réagi en se blâmant. De mon côté, je me suis mise à penser à une chose : je ne voulais pas perdre la communication avec ma fille.

J’entendais l’audiologiste parler, mais c’était comme si j’étais dans un brouillard.

Peu après, le pédiatre est passé et s’est fait rassurant en nous disant qu’Ariane pourrait avoir une belle vie malgré son handicap. Ensuite, l’audiologiste nous a parlé de la possibilité qu’elle reçoive un implant cochléaire qui lui permettrait d’entendre. Nous avons décidé d’aller de l’avant avec l’opération.

J’ai décidé de me laisser porter par Ariane, par sa détermination. Bien sûr, j’étais triste. Je lui chantais des berceuses et je savais qu’elle n’entendait pas. Ça me faisait pleurer. J’ai consulté à quelques reprises une psychologue de l’Institut de réadaptation en déficience physique de Québec. Ça m’a fait du bien de parler à quelqu’un de neutre.

Mes deux autres enfants, qui avaient 15 ans et 7 ans à l’époque, ont bien pris l’annonce du handicap de leur sœur. Cependant, je réalise maintenant que mon plus jeune fils a manqué d’attention.

Quant à Ariane, elle entend depuis qu’elle a 6 mois grâce à des implants cochléaires. Elle a maintenant 5 ans et elle va bien. Elle voit même un avantage à son handicap: elle peut débrancher ses appareils pour jouer tranquille, dans sa bulle. Heureusement que j’ai appris le langage signé! »

 

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, mai-juin 2017
Propos recueillis par Nathalie Vallerand

 

Photo: Maxim Morin

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