Comment annoncer la séparation?

Comment annoncer la séparation?
Se séparer, c’est difficile pour les parents, mais aussi pour les tout-petits! Comment les aider à traverser cette épreuve :

Se séparer, c’est difficile pour les parents, mais aussi pour les tout-petits! Comment les aider à traverser cette épreuve?

Avant d’en parler aux enfants, les parents devraient prendre le temps de définir ensemble comment les choses vont se passer concernant, par exemple, la garde des enfants et les dépenses. Il peut alors être utile d’avoir recours à un médiateur pour prendre des décisions éclairées.

« La recherche démontre que ce n’est pas la séparation qui est traumatisante pour un enfant, mais la façon dont les parents se séparent », indique Lorraine Filion, travailleuse sociale et médiatrice familiale. Le comportement des parents influencera beaucoup la réaction de l’enfant.

Les parents ont droit à cinq heures de médiation familiale gratuite.

Comme les tout-petits n’ont pas encore une bonne notion du temps, mieux vaut ne pas annoncer la séparation trop à l’avance. Selon Lorraine Filion, cela peut se faire une ou deux semaines avant le déménagement de l’un des parents. Voici quelques conseils :

  • Quand les deux parents s’en sentent capables, ils devraient annoncer leur séparation ensemble. Même si ce n’est pas toujours facile, ils devraient essayer de garder le contrôle de leurs émotions et être respectueux l’un envers l’autre pour ne pas inquiéter l’enfant.
  • Utiliser des mots simples. Par exemple : « Papa et maman ne s’aiment plus comme des amoureux, on va se séparer. Toi, on t’aime toujours et on va toujours t’aimer. »
  • Décrire comment les choses vont se passer. Par exemple : « Papa va vivre ici et maman va habiter dans une autre maison. Toi, tu vas vivre des fois avec maman et des fois avec papa. »
  • Quelques jours avant, rappeler à l’enfant qu’un de ses parents va partir. C’est aussi une bonne idée de lui faire visiter le nouveau logement du parent qui déménage.

« Les parents doivent aussi rassurer leur tout-petit en lui disant qu’ils vont TOUJOURS continuer à prendre soin de lui », mentionne Harry Timmermans, psychologue et médiateur familial. « Avant 5 ans, l’enfant a besoin de savoir que ses parents vont toujours être là pour lui. Il a besoin de passer du temps avec eux et de les voir bien s’entendre », dit-il.

Les réactions possibles

Au moment de l’annonce, le jour de la séparation et même après, l’enfant peut pleurer et dire qu’il ne veut pas que ça arrive. Lorraine Filion suggère de le consoler en disant : « Je comprends que ce n’est pas ce que tu veux. Nous aussi, nous avons de la peine, mais on pense que c’est ce qui est le mieux. »

Au début de la séparation, si cela fait du bien à l’enfant, il est bon de lui permettre chaque jour d’appeler le parent absent. « Même si c’est juste pour dire “Allô, je t’aime, bisous!” Quand l’enfant entend la voix de son autre parent, il sait qu’il n’a pas disparu », explique la travailleuse sociale.

Les parents doivent éviter de crier ou de se chicaner devant leur enfant, car c’est perturbant pour lui.

La séparation peut aussi amener un enfant à régresser. Par exemple, recommencer à faire pipi au lit ou à parler comme un bébé. « Cette réaction est normale, indique Harry Timmermans. L’enfant cherche à retourner à un moment de sa vie où les choses étaient plus faciles. » C’est un moyen de se sentir en sécurité. Certains enfants peuvent aussi devenir plus agressifs et colériques parce qu’ils ne savent pas comment exprimer leurs émotions.

Ces réactions durent le temps que l’enfant s’adapte à la nouvelle situation familiale. « Si un des parents ne va pas bien, qu’il pleure beaucoup, vit beaucoup de frustrations et de colère, l’enfant va réagir plus fortement, souligne Lorraine Filion. Il est donc important pour les parents d’aller chercher de l’aide. »

Limiter les effets de la séparation

Pour réduire les effets négatifs d’une séparation, l’enfant devrait, autant que possible, garder un contact régulier et de qualité avec ses deux parents. « Quand l’enfant est jeune, mieux vaut qu’il voie ses parents plus souvent, plutôt que longtemps », précise Harry Timmermans, psychologue et médiateur familial.

De plus, les parents doivent tenter de maintenir les routines de l’enfant et faire de leur mieux pour se parler de façon respectueuse et calme devant lui. Lorsqu’un parent critique ou parle en mal de l’autre parent devant l’enfant, ce dernier se retrouve tiraillé entre ses deux parents. « L’enfant n’a pas à choisir entre ses deux parents, dit Lorraine Filion. Il a le droit de les aimer tous les deux. »

Il faut aussi éviter de dire à l’enfant qu’on va s’ennuyer ou qu’on est triste lorsqu’il va chez l’autre parent. Le mieux, c’est de lui souhaiter de s’amuser. Il sentira qu’il a le droit d’être bien et d’avoir du plaisir.

 

Photo : GettyImages/eclipse_images

 

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, novembre 2018
Recherche et rédaction :
Julie Leduc
Révision scientifique :
François St-Père, psychologue et médiateur familial

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