Décoder les émotions des autres

Décoder les émotions des autres
Pendant sa première année, il commence à percevoir les émotions de son entourage même s’il ne les comprend pas encore.

Parallèlement au développement de ses émotions, votre enfant apprend à décoder celles des autres. Pendant sa première année, il commence à percevoir les émotions de son entourage même s’il ne les comprend pas encore. « Dès la naissance, le bébé est sensible aux émotions de ses parents », souligne la psychologue Nadia Gagnier. Vers 4 mois, il distingue certaines émotions, comme la joie et la tristesse. Vers 1 an, il peut adapter son comportement à l’émotion qu’il observe chez ses parents. « Si vous êtes chagrinée et inquiète de le laisser à la garderie, votre enfant pourrait se mettre à pleurer non pas parce qu’il n’aime pas y aller, mais parce qu’il ressent votre émotion », affirme-t-elle

À 3 ans, la plupart des tout-petits peuvent lire la joie, la tristesse, la peur et la colère sur les visages, mais ils font encore des erreurs. Ils peuvent, par exemple, confondre les émotions, comme la tristesse, la colère et la peur. « Jusqu’à 10 ans environ, l’enfant deviendra de plus en plus rapide et précis dans la reconnaissance des expressions du visage », dit Catherine Herba, professeure au département de psychologie de l’UQAM et chercheuse au Centre de recherche du CHU Sainte- Justine. Grâce à votre soutien, il affinera cette habileté jusqu’à l’adolescence.

Apprivoiser ses émotions

En grandissant, l’enfant reconnaît de mieux en mieux ses émotions, mais aussi celles des autres.

On entend souvent parler de gestion des émotions, mais moins de l’importance de développer sa compétence émotionnelle. Pourtant, la gestion des émotions n’est que l’une des trois étapes de la compétence émotionnelle qui comprend aussi l’expression et la connaissance des émotions. C’est le développement de cette compétence dans son ensemble qui permettra petit à petit à votre enfant de mieux gérer ses émotions. « Lorsqu’il comprend les émotions et sait les exprimer, l’enfant peut les contrôler et doser leur intensité, afin de mieux affronter diverses situations », explique Sylvain Coutu.

Un enfant compétent sur le plan émotionnel part avec une longueur d’avance dans la vie. Des études scientifiques prouvent en effet que cette habileté :

  • facilite la réussite scolaire, en plus de favoriser des relations positives avec les autres. « La compétence émotionnelle permet de mieux réagir aux émotions négatives et dérangeantes, ainsi qu’aux difficultés », assure Catherine Herba;
  • permet de reconnaître les émotions des autres et de modifier son comportement pour maintenir des relations harmonieuses. Si son ami est fâché, l’enfant saura ainsi adapter son comportement pour éviter qu’il se fâche davantage;
  • permet à l’enfant d’être plus apte à résoudre les conflits et plus susceptible de démontrer de l’empathie.

Certains enfants éprouvent toutefois plus de difficulté à développer leur compétence émotionnelle. C’est le cas de ceux qui ont été maltraités ou négligés, de ceux qui sont anxieux et de ceux qui réagissent de façon négative aux changements et à la nouveauté.

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, février 2014
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand
Révision scientifique : Nathalie Parent, psychologue

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