Quand on joue, on apprend

Quand on joue, on apprend
En milieu de garde, un tout-petit entend beaucoup de monde parler autour de lui. De plus, les histoires, les comptines et les chansons lui apprennent beaucoup de mots et l’aident à comprendre le monde qui l’entoure.

En milieu de garde, un tout-petit entend beaucoup de monde parler autour de lui. De plus, les histoires, les comptines et les chansons lui apprennent beaucoup de mots et l’aident à comprendre le monde qui l’entoure.

« Au milieu de garde, les enfants développent leurs connaissances et leur langage », mentionne Karine Busilacchi, orthopédagogue. Cela peut se faire, par exemple, en manipulant des blocs de construction ou en jouant à faire semblant avec des costumes de superhéros.

Michaël, le fils de Julie, est justement devenu un « spécialiste » des dinosaures grâce au jeu. « Il a commencé à s’intéresser aux dinosaures en jouant avec des figurines et en regardant des livres à la garderie, dit-elle. On a continué à lire des livres sur le sujet à la maison et il a appris presque tous les noms de dinosaures! » De son côté, sa fille Élisabeth, 4 ans, a commencé à apprendre l’anglais dans son milieu de garde. « Elle dit plusieurs chiffres et plusieurs couleurs en anglais, s’étonne Julie. Elle a appris simplement en jouant avec des amis anglophones de son groupe. »

Et même quand les tout-petits ne parlent pas encore, les éducatrices commentent leurs jeux. « Par exemple, si un tout-petit joue avec des blocs, son éducatrice peut dire : “Tu prends ton bloc bleu.” Petit à petit, elle lui apprend des mots tout en favorisant le développement de ses connaissances », explique Caroline Bouchard, psychologue.

Un plus pour le langage

« Comme parent, on comprend vite nos enfants, remarque Julie. Je trouve que la garderie les aide à construire des phrases plus complètes. Ils doivent dire plus de mots à leur éducatrice pour se faire comprendre. »

Les éducatrices qui utilisent un vocabulaire riche, des mots justes et précis, et qui ajoutent parfois des mots aux phrases des enfants les aident à développer leur langage. Par exemple, si un tout-petit dit : « Je veux le camion » en montrant du doigt un camion de pompier, l’éducatrice peut en profiter pour dire : « Oui, tu peux prendre le camion de pompier rouge. » Ces stratégies aident à parler.

De plus, au service de garde, les enfants se font raconter des histoires. Ils chantent des chansons et récitent des comptines. Ces activités viennent aussi enrichir le langage. « À l’écrit, les mots sont souvent plus recherchés. Les histoires permettent donc aux enfants d’apprendre de nouveaux mots », dit la psychologue Caroline Bouchard.

Les éducatrices utilisent également les livres pour faire réfléchir les tout-petits. « Elles leur posent des questions sur l’histoire, leur demandent d’imaginer la suite, dit Caroline Bouchard. Cela les amène à parler, mais aussi à développer leur pensée. »

 

Un atout pour les familles défavorisées

Plusieurs études ont démontré les bienfaits des services de garde de qualité sur le développement de l’enfant, en particulier pour les tout-petits venant de milieux défavorisés et pour ceux qui ont un tempérament difficile. Se retrouver dans un milieu plein de stimulations, où on lui parle beaucoup, aide l’enfant à bien se développer, notamment sur le plan du langage. Avoir une bonne relation avec son éducatrice lui permet aussi de trouver la sécurité nécessaire pour faire des apprentissages. « De plus, les parents qui mettent leur enfant dans un milieu de garde ont du temps pour eux. Cela leur permet de trouver de l’aide et du travail, ajoute la psychologue Caroline Bouchard. Cela peut avoir un effet positif sur toute la famille. »

 

Photo : Nicolas St-Germain

 

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, mars 2019
Recherche et rédaction : Julie Leduc
Révision scientifique : Christa Japel, professeure titulaire, département d’éducation et formation spécialisées, UQAM

Partager