Il faut que ça bouge!

Il faut que ça bouge!
Lorsqu’il joue dans son milieu de garde, un enfant rampe, marche, court, saute... Ces habiletés l’aident à connaître son corps, à devenir agile et même à se préparer pour l’école.

Lorsqu’il joue dans son milieu de garde, un enfant rampe, marche, court, saute... Ces habiletés l’aident à connaître son corps, à devenir agile et même à se préparer pour l’école. 

Pas de doute pour Anne-Marie Lavoie-Pilote : son petit Louis, 14 mois, devient de plus en plus habile physiquement depuis qu’il va dans un milieu de garde. « Il a fait ses premiers pas à 13 mois, à la garderie, dit-elle. Je crois que ça l’a encouragé de voir d’autres enfants de son groupe marcher. Il se tenait déjà debout à la maison, mais il avait peur d’avancer. »

Des études ont toutefois révélé que les enfants ne bougeaient pas assez dans les services de garde et qu’ils passaient une grande partie de leur temps à faire des activités calmes qui ne font pas beaucoup bouger. Mais les choses seraient en train de changer. « Les éducatrices sont encouragées à faire plus d’activités physiques avec leur groupe, dit Nathalie Bigras, professeure à l’UQAM. Si on veut que les enfants soient actifs, ils doivent bouger pour découvrir leur corps », dit-elle.

Un enfant qui a l’occasion de bouger dans son milieu de garde découvre son corps et prend confiance en ses capacités.

D’ailleurs, dans le milieu de garde de Louis, les éducatrices font souvent faire de petits parcours aux enfants. « Elles les encouragent à se promener entre des obstacles, comme des coussins, explique Anne-Marie. Je vois que ça a développé chez lui d’autres habiletés : Louis est devenu un bon grimpeur! Il monte maintenant seul sur le divan et il peut grimper sur une marche d’escalier à quatre pattes. »

Développer sa motricité

Quand un enfant fait des jeux de poursuite, des courses à obstacles, des jeux de ballon ou quand il s’amuse sur une trottinette ou un tricycle, il exerce son équilibre, sa coordination et son endurance. Il renforce aussi ses muscles, dépense son énergie et libère ses petites tensions.

Et la motricité fine? Bien sûr, un enfant va l’exercer grâce à des activités comme les casse-têtes, le dessin et le bricolage. Ce qu’on réalise moins, c’est qu’un tout-petit peut aussi développer sa motricité fine en faisant des activités plus physiques.

« Lorsqu’un tout-petit s’amuse à ramasser des roches ou à faire des traces dans le sable avec ses doigts, il exerce aussi sa motricité fine, précise Karine Busilacchi, orthopédagogue. Même chose quand il installe son matelas pour la sieste, quand il lave ses mains ou quand il attache son manteau. » Toutes ces activités le préparent peu à peu à tenir un crayon et l’aideront plus tard, à l’école, lorsqu’il apprendra à écrire.

 

Oui au jeu à l’extérieur!

« Chaque jour, ma fille Élisabeth va dehors avec son groupe, se réjouit Julie. Les enfants jouent dans une grande cour où il y a du gazon, des carrés de sable, des pelles, des seaux, des ballons, des tricycles… Les éducatrices les amènent aussi souvent faire de petites promenades. Quand je vais la chercher, elle a du sable partout et c’est parfait! » En effet, jouer dehors apporte de nombreux bienfaits aux tout-petits. « Quand ils sont à l’extérieur, les enfants bougent davantage, dit Nathalie Bigras. Ça les amène à prendre de petits risques, à connaître leurs capacités physiques et à prendre confiance. »

 

Photos : Nicolas St-Germain

 

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, mars 2019
Recherche et rédaction : Julie Leduc
Révision scientifique : Christa Japel, professeure titulaire, département d’éducation et formation spécialisées, UQAM

Partager