3 à 5 ans: un cerveau plus efficace

3 à 5 ans: un cerveau plus efficace
Le cerveau traite les informations de plus en plus rapidement. Les capacités intellectuelles de votre enfant font un bond.

Le cerveau traite les informations de plus en plus rapidement. Les capacités intellectuelles de votre enfant font un bond.

Si votre enfant se développe si vite à cet âge, c’est entre autres grâce à la myéline, une matière blanche qui permet aux neurones de voyager encore plus vite dans son cerveau. « Le cerveau devient donc plus rapide pour traiter les informations, ce qui se traduit par une amélioration des capacités intellectuelles, motrices, affectives et sociales », indique Sarah Lippé, chercheuse sur les mécanismes cérébraux de l’apprentissage de l’enfant. La matière blanche dans le cerveau de votre enfant va continuer à se développer jusqu’à l’âge d’environ 25 ans.

La maîtrise du langage

Entre 3 ans et 5 ans, l’enfant continue d’enrichir son vocabulaire. Ses phrases comptent plus de mots et sa prononciation devient plus claire. À 3 ½ ans, Ophélie fait maintenant des phrases avec un sujet, un verbe et un complément. « La structure de ses phrases s’est beaucoup améliorée au cours des dernières semaines, mais elle a encore un peu de difficulté avec sa prononciation, remarque Guillaume, son papa. Ça la fâche quand on ne la comprend pas! » Bien prononcer demande en effet du temps. Vers 5 ans, la plupart des enfants maîtrisent les bases du langage et peuvent se faire comprendre par tout le monde.

Capable de raisonner… un peu

 Entre 3 ans et 5 ans, les changements dans le cerveau font en sorte que les jeux changent et deviennent plus complexes. De plus en plus, l’enfant a un but quand il joue, par exemple construire une maison. Cela l’amène à réfléchir à la meilleure manière de s’y prendre et à résoudre de petites difficultés.

Pendant cette période, l’enfant aime généralement beaucoup jouer à faire semblant. Par exemple, Ophélie joue souvent à la famille avec sa sœur de 7 ans. «  Elle peut faire tous les rôles : la maman, le papa, le bébé et même le chien de la famille, dit son père. Elle développe ses personnages en leur faisant faire toutes sortes d’activités. Elle imite aussi ce qu’elle voit dans son quotidien. Nous faisons des travaux dans la maison et l’autre fois, elle a fait semblant de réparer les fenêtres. »

Le jeu apporte une foule de bienfaits : il stimule la créativité, la mémoire, l’autonomie, la capacité à prendre des initiatives et des décisions, etc. Sur le plan social, il est également très important. En effet, c’est en jouant avec d’autres que l’enfant apprend peu à peu à partager, à collaborer, à attendre son tour, à négocier, à se mettre à la place des autres, à respecter des règles (même si c’est encore difficile avant 5 ans).

Ainsi, il est bon que votre tout-petit ait le plus d’occasions possibles de jouer avec d’autres enfants. En effet, un enfant de 5 ans a encore du mal à choisir les bonnes stratégies ou à appliquer seul une solution qu’on lui propose pour régler un conflit. Votre enfant a donc encore besoin de votre soutien.

La douleur est créée par le cerveau

Peu importe où votre enfant a mal, la douleur qu’il ressent vient de son cerveau. Le cerveau est en effet connecté au système de nerfs et de récepteurs du corps.

Quand votre enfant tombe et qu’il s’écorche le genou, par exemple, ce système de nerfs et de récepteurs envoie un signal au cerveau. Le cerveau détecte alors qu’une blessure s’est produite au genou et il crée une sensation de douleur pour avertir que quelque chose ne va pas.

De la même façon, les nerfs et les récepteurs peuvent envoyer des signaux apaisants au cerveau, ce qui aide à soulager la douleur. C’est ce qui se passe lorsque vous consolez votre enfant en frottant son bobo ou en chantant, par exemple. À l’inverse, la perception de la douleur de votre enfant peut augmenter si vous êtes très nerveux et que vous dramatisez la situation. En gardant votre calme autant que possible, vous contribuerez à réduire la douleur qu’il ressent.

 

Photos : Maxim Morin et GettyImages/alina555

 

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, septembre 2018
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand
Révision scientifique : Dre Tuong-Vi Nguyen, professeure adjointe, Département de psychiatrie, Faculté de médecine, Université McGill

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