1 à 3 ans: un cerveau de plus en plus habile

1 à 3 ans: un cerveau de plus en plus habile
Les diverses parties du cerveau communiquent mieux entre elles. Cela permet à votre enfant d’acquérir plusieurs habiletés.

Les diverses parties du cerveau communiquent mieux entre elles. Cela permet à votre enfant d’acquérir plusieurs habiletés.

De 1 an à 3 ans, il y a de grands progrès sur le plan physique. L’enfant est désormais capable de marcher. Il développe aussi toutes sortes d’autres habiletés physiques, comme le raconte Julie, mère d’Émile, 20 mois. « Mon fils peut maintenant frapper un ballon avec ses pieds. Avant, il visait toujours à côté. Depuis quelques jours, il descend aussi les marches debout, en tenant la rampe, au lieu de les descendre sur les fesses. »

Malgré ses nouvelles capacités physiques, un enfant de cet âge n’a pas encore conscience du danger. « Émile grimpe sur la table de la cuisine, sur les chaises, sur les gros jouets, ajoute Julie. Pour lui, tout objet devient une échelle. Il ne faut pas le quitter des yeux! »

Se faire comprendre

La période de 18 mois à 24 mois est marquée par un développement important du langage. C’est entre autres grâce aux neurones du cerveau qui se transforment. Cela permet à l’information de circuler plus rapidement dans les zones du cerveau reliées au langage.

Les parents d’Émile, 20 mois, constatent d’ailleurs que leur garçon fait davantage d’efforts pour parler. Il vient de commencer à dire des phrases de deux ou trois mots, comme : « Papa t’es où? », « Non, pas ça » ou « Veux lait ». « Il essaie aussi de répéter ce que nous disons, même les mots de trois syllabes, dit sa mère. Et quand il réussit, il s’applaudit. »

Dans quelques mois, il devrait arriver à bien se faire comprendre, comme Raphaël qui aura bientôt 3 ans. « Quand il revient de la garderie, il raconte de petites choses : la sortie au parc, l’éducatrice qui a dit qu’il ne fallait pas pousser les amis, dit sa mère, Gabriela. Il parle en français, mais il comprend aussi l’espagnol. » Depuis qu’il parle, Raphaël fait moins de crises, car il peut enfin dire ce qu’il veut.

Début de la réflexion

 Entre 1 an et 3 ans, l’enfant continue aussi à développer ses capacités intellectuelles qui lui permettront un jour de faire des apprentissages plus complexes. La partie du cerveau qui permet de raisonner, de planifier des actions, de résoudre des problèmes, de prendre des initiatives et de gérer ses impulsions se développe. C’est principalement le cortex préfrontal qui est responsable de ces fonctions appelées « fonctions exécutives ». Cette partie du cerveau est très complexe et se développera jusqu’à l’âge adulte.

« Les fonctions exécutives ne sont pas au point avant l’âge adulte, mais elles apparaissent peu à peu autour de 2 ans, indique Sarah Lippé. Par exemple, quand un enfant joue à faire semblant de changer la couche d’une poupée, il doit réaliser une séquence d’actions. L’enfant doit donc se servir de ses fonctions exécutives. »

C’est par le jeu que le jeune enfant développe le plus ses fonctions exécutives, tout comme l’ensemble de ses capacités intellectuelles, sociales et motrices. Raphaël, par exemple, fait beaucoup de casse-têtes. Ce sont des jeux qui améliorent la concentration et la capacité à réfléchir. Avec ses parents, il joue aussi à des jeux de société adaptés à son âge. « Au début, il fallait lui répéter qu’on jouait chacun son tour, dit Gabriela. Maintenant, c’est de plus en plus facile pour lui d’attendre son tour. »

C’est d’ailleurs parce que le cortex préfrontal n’est pas encore mature qu’un tout-petit de cet âge a beaucoup de difficulté à maîtriser ses émotions et ses impulsions. « Les parents ont un rôle important à jouer en mettant des mots sur ce que vit l’enfant, explique Sarah Lippé. Lui dire qu’il est fâché ou triste et pour quelle raison aide l’enfant à comprendre ce qui se passe à l’intérieur de lui. Il pourra ainsi mieux reconnaître son émotion la prochaine fois. Il est bon aussi de lui proposer des stratégies pour contrôler ses émotions. »

 

L’apparition des souvenirs

Dès ses premiers mois de vie, votre bébé est capable de se souvenir de petites choses. Mais c’est autour de 2 ans qu’il commence à se rappeler de petits morceaux d’événements de façon consciente, comme les bougies sur un gâteau lors d’une fête. Cette mémoire est appelée la mémoire épisodique. Elle s’améliore au fur et à mesure que se développent les structures du cerveau impliquées dans la formation des souvenirs. Vers 3 ans ou 4 ans, votre enfant peut garder ses souvenirs en mémoire plus longtemps. C’est d’ailleurs l’âge auquel beaucoup d’adultes situent leurs premiers souvenirs d’enfance. Ce qui s’est passé avant est presque toujours oublié.

 

Photos : Nicolas St-Germain et Maxim Morin

 

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, septembre 2018
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand
Révision scientifique : Dre Tuong-Vi Nguyen, professeure adjointe, Département de psychiatrie, Faculté de médecine, Université McGill

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