L'attachement, c'est important!

À sa naissance, votre bébé est fragile et dépend entièrement de vous. C’est grâce aux soins que vous lui apportez qu’il s’attache peu à peu à vous. Ce lien qui se construit permet à votre enfant de se sentir en sécurité et de bien se développer.

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Un lien qui se construit

On croit souvent qu’attachement et amour sont synonymes. Mais avant de vous aimer, votre enfant s’attache d’abord à vous.

Par Nathalie Vallerand

On croit souvent qu’attachement et amour sont synonymes. Mais avant de vous aimer, votre enfant s’attache d’abord à vous.

Votre bébé a faim? Vous le nourrissez. Il a froid? Vous le réchauffez. Petit à petit, il comprend que les soins que vous lui donnez font disparaître les sensations désagréables qu’il ressent. Et il réalise que vous êtes à l’origine de ce bien-être. Il en vient alors à vous faire confiance et à rechercher votre présence. Ce lien est ce qu’on appelle l’attachement.

« Le lien d’attachement prend forme dans les moments difficiles, lorsque le bébé avertit son parent par des cris ou des pleurs ; lorsqu’il a besoin de quelque chose et qu’il obtient une réponse », explique Johanne Lemieux, travailleuse sociale et psychothérapeute.

Le lien d’attachement se crée surtout durant la première année de vie et on considère qu’il est à son maximum après 6 mois de soins. Il continue à se développer et à se renforcer tout au long de l’enfance. Il est nécessaire au bon développement des parties du cerveau reliées aux fonctions affectives et sociales de l’enfant.

Au début, le bébé ressent un attachement plus fort envers le parent qui s’en occupe le plus et qui passe le plus de temps avec lui. Celui-ci devient alors sa figure d’attachement principale. Le jeune enfant s’attache aussi à l’autre parent pourvu qu’il reçoive du réconfort de sa part et qu’il ait des contacts privilégiés avec lui. C’est pourquoi, durant le congé parental, il est important que les deux parents participent aux soins et passent des moments avec le bébé afin de favoriser l’attachement, estime Geneviève Lafleur, psychoéducatrice au CHU Sainte-Justine.

Comment favoriser l’attachement

Pour que l’attachement puisse se produire, il est essentiel de répondre aux besoins de votre bébé, surtout pendant les trois premiers mois, de façon rapide, prévisible, appropriée et constante. Par la suite, lorsque votre bébé a intériorisé et compris que vous lui procurez les soins dont il a besoin, il peut attendre un court délai.

Au début de la vie, les pleurs, les cris et les expressions faciales sont les seuls moyens dont un bébé dispose pour communiquer. Un jeune enfant est incapable de faire un caprice, car son cerveau n’est pas assez développé. Si un bébé pleure pour être pris, c’est qu’il a besoin d’être rassuré. En allant rapidement vers lui pour le calmer, en le nourrissant, en le caressant ou en changeant sa couche, vous lui apprenez à vous faire confiance. Il est rassuré, car il sait qu’il reçoit de l’aide lorsqu’il vous appelle.

Certains bébés ont toutefois besoin d’être rassurés plus que d’autres. Chantal peut en témoigner, elle qui a adopté un bébé originaire du Mali, Zahara Léonie, à l’âge de 8 mois. Pendant plusieurs semaines, la petite se réveillait la nuit en hurlant. Mais comme elles faisaient du cododo, Zahara Léonie se rendormait juste à sentir sa maman contre elle. Ensuite, elle a regagné sa chambre, mais Chantal dormait au pied du lit. « Quand elle se réveillait, je lui frottais le dos et je lui parlais doucement en lui répétant “maman est là”, raconte la mère adoptive. Il lui fallait parfois une heure pour arrêter de pleurer et si je quittais la pièce, elle recommençait de plus belle. Je revenais aussitôt près d’elle, car je voulais qu’elle comprenne qu’elle pouvait compter sur moi. »

Créer un lien d’attachement sécurisant n’exige toutefois pas d’être un parent parfait. « C’est la moyenne au bâton qui compte, soutient la travailleuse sociale Johanne Lemieux. Il peut vous arriver de vous tromper ou d’être plus impatient une journée. Mais l’essentiel, c’est que vous répondiez adéquatement aux besoins de votre enfant la majorité du temps. »

L’enfant qui a un lien d’attachement sécurisant solide avec ses parents est plus sûr de lui pour explorer son environnement et entrer en relation avec les autres.

D’autant qu’au début, ce n’est pas toujours évident de décoder les signaux qu’un bébé envoie. A-t-il faim, chaud ou mal au ventre? Il faut parfois faire quelques essais avant de comprendre ce qu’il veut. « Parfois aussi, vous n’arriverez pas à le consoler, mais au moins vous serez à ses côtés », dit la psychoéducatrice Geneviève Lafleur.

À mesure que vous apprendrez à connaître votre tout-petit, vous comprendrez et décoderez mieux ses besoins. Ainsi, vous arriverez plus facilement à le calmer.

Les bienfaits de l’attachement

Entre 4 mois et 12 mois, un bébé montre ses premiers signes d’attachement : il sourit, il regarde plus intensément son parent, il cherche à rester près de lui (il tend les bras, il rampe vers lui), il a peur des étrangers ou des personnes qu’il connaît peu. Mais c’est entre 12 mois et 18 mois qu’il est possible de voir si un enfant a développé ou non un bon lien d’attachement.

« En général, l’enfant qui a développé un lien solide va explorer son environnement avec confiance, tout en s’assurant que ses parents sont tout près, souligne George Tarabulsy, professeur à l’École de psychologie de l’Université Laval et directeur scientifique du centre de recherche universitaire sur les jeunes et les familles du CIUSSS de la Capitale-Nationale. Il vérifie que ses parents le regardent, il leur montre ses découvertes. » Il se tourne aussi vers ses parents quand il vit une difficulté ou qu’il n’est pas sûr de lui. C’est le cas de Mathilde, 3 ans. À l’heure du conte à la bibliothèque, elle regarde souvent ses parents lorsque l’animatrice pose une question. « Nous lui faisons un sourire, elle comprend alors qu’elle a notre permission et elle lève la main », raconte son père, Daniel.

Quand un enfant est bien attaché à ses parents, il développe sa confiance en lui et il arrive à mieux réguler ses émotions. « Par exemple, il se calme plus facilement seul, car il a compris qu’il est à l’abri du danger », dit Johanne Lemieux. Comme le fait Zahara Léonie qui dort maintenant seule dans sa chambre. La fillette, aujourd’hui âgée de 17 mois, se réveille encore souvent la nuit, mais il lui suffit d’activer elle-même son jouet musical pour se rendormir. Nuit après nuit, par sa présence constante, sa maman lui a prouvé qu’elle serait toujours là pour l’aider.

Quand un enfant se sent aimé et en sécurité, il développe aussi une meilleure estime de lui, ainsi qu’un sentiment positif envers les autres enfants et les adultes. Cela l’aide à avoir de bonnes relations avec les autres. Il peut aussi s’adapter plus facilement aux situations stressantes, comme l’entrée au service de garde. Il peut être un peu triste quand ses parents partent, mais cela ne dure généralement pas parce qu’il sait qu’ils reviendront le chercher.

Les bienfaits de l’attachement vont aussi se faire sentir plus tard à l’école. Les recherches indiquent que l’enfant qui est bien attaché à ses parents a plus de facilité à apprendre. En résumé, un lien d’attachement sécurisant favorise le développement global de votre enfant.

Garderie : quel impact sur l’attachement?

Certains parents s’inquiètent de l’effet du service de garde sur la relation qu’ils ont avec leur enfant. « Quand le lien d’attachement entre le parent et l’enfant est solide et que le milieu de garde est de qualité, il n’y a généralement pas de problèmes », assure George Tarabulsy, professeur à l’École de psychologie de l’Université Laval. Comme votre enfant vous fait confiance et qu’il sait que vous viendrez toujours le chercher, il est capable de s’attacher à son éducatrice sans que cela ait un effet négatif sur la relation spéciale qu’il a avec vous. De plus, comme la majorité des tout-petits entrent en milieu de garde vers l’âge de 1 an, ils ont déjà eu le temps de créer un bon lien avec leurs parents.

Des becs et des câlins, ça fait du bien!

Avoir des contacts physiques chaleureux et affectueux avec votre enfant l’aide à se calmer dans les moments difficiles et à se sentir aimé en tout temps.

Avoir des contacts physiques chaleureux et affectueux avec votre enfant l’aide à se calmer dans les moments difficiles et à se sentir aimé en tout temps.

Quand Mathilde, 3 ans, se fait un bobo en jouant, elle cherche du réconfort auprès de ses parents. Un bec et la voilà repartie pour de nouvelles aventures. « Le soir, avant le dodo, elle fait le plein de câlins, ajoute sa mère, Sarah. Elle est très colleuse. »

« On ne bâtit pas l’attachement seulement avec des contacts physiques, mais il s’agit d’un ingrédient important du lien parent-enfant », affirme Geneviève Lafleur, psychoéducatrice au CHU Sainte-Justine. Le toucher est la première forme de communication entre un nourrisson et ses parents. En prenant votre bébé dans vos bras, en lui frottant le dos ou en le massant, vous lui faites comprendre qu’il n’est pas seul et que vous tenez à lui. Le contact peau à peau à la naissance sécurise aussi l’enfant et facilite sa transition entre le ventre de sa mère et le monde extérieur.

Les recherches démontrent même que plus on touche les bébés, moins ils pleurent. Chantal peut en témoigner, elle qui a beaucoup utilisé le portage avec sa fillette. « Au début, Zahara Léonie avait besoin d’être collée contre moi, sinon elle pleurait. Avec le porte-bébé, je pouvais la rassurer, tout en ayant les mains libres pour d’autres occupations. »

Le contact physique est un bon moyen de réconforter votre enfant et de lui montrer que vous êtes là pour lui.

Y a-t-il un risque de gâter bébé si on l’a toujours contre soi ou si on accourt aux moindres pleurs? « Avant 18 mois, l’enfant ne fait pas de caprices et on ne peut pas le gâter, affirme Geneviève Lafleur. S’il demande du réconfort, c’est qu’il en a besoin. » Vous ne gâtez pas votre enfant lorsque vous répondez rapidement à ses besoins. Vous lui apprenez plutôt qu’il peut compter sur vous. Vous l’aidez aussi à se sentir en sécurité et à vous faire confiance, ce qui permet de créer un lien d’attachement sécurisant.

Certains enfants sont moins « colleux » de nature. D’autres, en grandissant, deviennent moins à l’aise avec les bisous et les câlins. C’est important de respecter les limites de votre enfant. Si vous bécotez votre tout-petit et qu’il vous pousse, tourne la tête ou arrête de vous regarder, c’est parce qu’il en a assez. Dans ce cas, mieux vaut ne pas insister.

S’il n’aime pas les becs et les câlins, vous pouvez lui montrer votre amour avec une main dans les cheveux, un baiser soufflé, un clin d’oeil, un « je t’aime » ou un sourire. « Vous pouvez aussi le laisser prendre l’initiative en lui disant que vous aimeriez lui faire un câlin quand il en aura envie », suggère Geneviève Lafleur.

Quand l'attachement est plus difficile...

Si l’attachement est un processus naturel, certaines situations le rendent un peu plus compliqué. Par exemple, lorsqu’un bébé est malade ou lorsque ses parents ne sont pas capables de s’en occuper.

Si l’attachement est un processus naturel, certaines situations le rendent un peu plus compliqué. Par exemple, lorsqu’un bébé est malade ou lorsque ses parents ne sont pas capables de s’en occuper.

Magalie, 4 mois, est née avec des malformations pour lesquelles elle a déjà subi trois opérations. Ses parents, Nathalie et Alexendre, et son grand frère Marc-Antoine, 2 ans, n’ont jamais pu l’emmener à la maison. Et ils n’ont aucune idée du moment où ce grand jour arrivera.

Chaque jour, à tour de rôle, les parents vont voir leur fille qui les reconnaît même s’ils portent un masque. À leur arrivée, ses yeux s’illuminent. Tout ou presque se passe dans le regard. « J’ai l’impression qu’elle voit jusqu’au fond de mon âme, dit Alexendre. Elle sent aussi nos émotions. Si j’ai les yeux pleins d’eau, je vois de la tristesse dans les siens. »

Quand le personnel prépare Magalie pour une piqûre ou toute autre intervention médicale, les appareils indiquent que son petit coeur bat plus vite. Elle sait ce qui l’attend. « Elle serre alors très fort notre doigt et elle ne nous lâche pas des yeux. C’est ce qui nous fait penser qu’elle nous distingue du personnel médical et que nous sommes importants pour elle », espère Nathalie.

Le couple sait que la situation complique la formation du lien d’attachement. « Certains jours, son état de santé nous empêche de la prendre dans nos bras. Elle est intubée. Elle a mal, raconte la maman. Comment assurer notre rôle de parents protecteurs dans ces conditions? »

D’autres obstacles

Il y a aussi des fois où les parents n’ont pas la disponibilité nécessaire pour bien répondre aux besoins de leur bébé. Par exemple, la dépression ou toute autre maladie d’un parent, un deuil, la toxicomanie, la pauvreté, l’isolement social, la violence conjugale ou des conflits dans le couple... « Lorsqu’un parent ne va pas bien, il lui est très difficile de bien s’occuper de son enfant et de faire en sorte qu’il se sente en sécurité », souligne Johanne Lemieux, travailleuse sociale et psychothérapeute.

Parfois aussi, les parents ont des difficultés qui remontent à leur propre enfance. « S’ils ont été élevés dans une famille où leurs besoins étaient ignorés, ils risquent d’avoir du mal à comprendre et à interpréter les signaux de leur bébé et, par conséquent, à répondre à ses besoins », explique George Tarabulsy, professeur à l’École de psychologie de l’Université Laval. Ils pourraient alors faire preuve de négligence ou de maltraitance à son endroit.

« Le bébé va s’attacher à ses parents ou à la personne qui s’en occupe, peu importe la qualité des soins, affirme Karine Dubois-Comtois, professeure titulaire au Département de psychologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières et psychologue clinicienne en pédopsychiatrie au CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal.

Toutefois, lorsqu’un enfant n’est pas certain de pouvoir compter sur ses parents, il vit de l’incertitude et de l’anxiété. Il développe alors un attachement qu’on dit insécurisant. »

Vous pouvez faire part de vos inquiétudes et de vos difficultés psychologiques à votre entourage ou à un intervenant.

L’attachement se manifeste alors de différentes façons. Certains enfants sont toujours collés à leur parent et ont peur de s’en éloigner pour explorer leur environnement. Ils réagissent beaucoup aux changements et ils sont très difficiles à calmer. Souvent, ces enfants ont un parent imprévisible. Comme ils ne savent jamais à quoi s’attendre, ils restent à proximité dans l’espoir de recevoir de l’attention.

D’autres enfants, au contraire, expriment peu leur détresse et se tournent rarement vers leur parent lorsqu’ils vivent une difficulté. C’est le cas lorsque le parent est peu disponible émotivement pour son enfant et qu’il a tendance à ignorer ses demandes. L’enfant va préférer alors ne rien demander plutôt que de risquer de vivre un rejet. « Le tout-petit qui n’a pas un bon lien d’attachement a de la difficulté à réguler ses émotions, indique Karine Dubois-Comtois. Il réagit plus fortement aux changements et il pourrait avoir des comportements agressifs. Il a aussi une moins bonne estime de soi. Tout cela peut lui causer, plus tard, des problèmes dans ses relations avec les autres. »

Est-ce que ça peut changer?

Heureusement, quand le contexte s’améliore, un meilleur attachement entre le parent et l’enfant peut se former. Cela pourrait être le cas, par exemple, lorsqu’une maman se remet d’une dépression et peut désormais mieux s’occuper de son bébé. Plus l’enfant est jeune, plus c’est facile pour lui de faire à nouveau confiance à l’adulte.

À l’inverse, plus il est âgé, plus le lien est difficile à réparer. C’est pourquoi les parents qui ont de la difficulté à prendre soin de leur enfant devraient demander rapidement de l’aide auprès d’un proche, d’un médecin ou du CLSC. Il existe divers programmes pour leur venir en aide. Il y a même, dans certaines régions, des formations pour apprendre aux parents à mieux comprendre leur enfant et répondre à ses besoins.

Des problèmes parfois très graves

Certains enfants qui ont un très mauvais départ dans la vie n’ont pas pu développer un lien d’attachement avec une personne significative. C’est parfois le cas de ceux qui ont été abandonnés à la naissance, qui ont vécu de la négligence grave, de la maltraitance ou encore des placements à répétition dans des familles d’accueil. Parce qu’ils n’ont pas reçu l’attention ni les soins qu’il leur fallait, ils sont alors plus à risque d’avoir des retards de développement et des problèmes de comportement. « Ces enfants posent un défi immense aux personnes qui en prennent soin, affirme Johanne Lemieux, travailleuse sociale et psychothérapeute. Il faut avoir beaucoup d’énergie, faire preuve de patience et souvent recourir à des services en pédopsychiatrie pour améliorer la situation. » Il arrive que ce manque d’attachement soit très difficile à réparer. On parle alors de « trouble d’attachement », un diagnostic posé par un psychiatre. « Cela se compare à un syndrome post-traumatique, car les relations affectives sont devenues une zone de mines pour l’enfant, illustre Johanne Lemieux. Il est presque incapable de s’attacher et de faire confiance, même aux parents d’accueil les plus aimants. »

Des gestes attachants

L’attachement parent-enfant est un mélange de sécurité, de confiance, d’amour et d’affection. Voici des idées pour renforcer ce lien.

L’attachement parent-enfant est un mélange de sécurité, de confiance, d’amour, d’affection et de constance dans les soins. Voici des idées pour renforcer ce lien.

Entrer en relation avec votre bébé

Vous créez un lien lorsque vous regardez souvent votre bébé dans les yeux et que vous lui parlez. Cela peut se faire, par exemple, en décrivant vos gestes quand vous lui donnez à boire ou quand vous changez sa couche. Vous pouvez répondre à ses sourires et aux sons qu’il fait en lui souriant, en lui parlant et en chantant.

Réconforter

Lorsque vous répondez rapidement aux pleurs de votre bébé, vous le rassurez. Lui parler doucement, le prendre, le cajoler, le bercer, lui chanter une chanson : tout cela rassure l’enfant. C’est aussi important d’être à l’écoute quand il est fâché, qu’il a peur ou qu’il a de la peine et de rester près de lui jusqu’à ce qu’il aille mieux. Il comprendra qu’il peut compter sur vous dans les moments difficiles.

Jouer avec votre enfant

Lorsque vous prenez le temps de jouer avec votre enfant, ne serait-ce que quelques minutes par jour, vous construisez un lien d’attachement. Si votre enfant est encore un bébé, vous pouvez, par exemple, lui montrer des jouets, lui présenter son environnement, lui faire des chatouilles, lui parler en souriant… Il est bon aussi de vous intéresser à ce que fait votre tout-petit. Vous pouvez, par exemple, lui poser des questions pour qu’il vous raconte ce qu’il a fait au service de garde. Lorsque vous avez plus d’un enfant et que vous passez un peu de temps seul avec chacun d’eux, ils se sentent importants et aimés.

Nommer ses émotions

Lorsque vous dites à votre enfant : « Tu as eu peur à cause du gros bruit. C’était seulement un camion, il n’y a pas de danger », vous l’aidez à faire des liens qui l’aideront plus tard à à comprendre ce qui se passe en lui et autour de lui, et ainsi à réguler ses émotions.

L’avertir avant de partir

Lorsque vous prévenez votre enfant que vous devez partir au lieu de vous sauver en cachette, vous l’aidez à comprendre que vous revenez toujours même si vous devez vous absenter. Vous diminuez ainsi le sentiment d’abandon qu’il pourrait ressentir. Expliquez-lui que vous sortez et dites-lui qui prendra soin de lui.

Établir des routines

Lorsque vous mettez en place des routines et des règles, comme la routine du dodo (ex. : bain, histoire, coucher), vous offrez une stabilité à votre enfant. Cela l’aide à savoir ce qui s’en vient. Les règles doivent bien sûr être claires et adaptées à son âge.

À retenir
  • L’attachement est le lien affectif qui unit un bébé aux personnes qui s’occupent de lui.
  • Le lien d’attachement se développe à mesure que le parent répond aux besoins de son enfant de façon rapide, prévisible, appropriée et constante.
  • Un enfant a besoin de se sentir en sécurité pour bien se développer.
  • Un tout-petit qui crée un bon lien avec ses parents a plus de facilité à bien s’entendre avec les autres et à s’adapter aux changements

 

Naître et grandir

Source : magazine Naître et grandir, mars 2016
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand
Révision scientifique : Nathalie Parent, psychologue, auteure et formatrice
Mise à jour : Juin 2023

 

Ressources

  • L’attachement, un départ pour la vie, Y. Gauthier, G. Fortin et G. Jeliu, Éditions du CHU Sainte-Justine, nouvelle édition 2020, 140 p.
  • L’adoption : mieux vivre les trois premières années après l’arrivée de l’enfant, J. Lemieux, Québec-Amérique, 2016, 608 p.
  • Mon enfant s’attache à moi – Guide à télécharger gratuitement sur meilleurdepart.org
  • Le contact peau à peau - Naître et grandir
  • Je serai toujours là pour toi, texte : M. Sperring, ill. : L. Marlow, éditions Kaléidoscope, 2015, 32 p. 
  • Les premiers liens, T. Berry Brazelton et B. Cramer, Calmann-Lévy GF, 1991, 301 p.
  • Forces et souffrances psychique de l’enfant, Tomes 1-2-3, M. Lemay, Éditions Érès, 2016, 572 p.
  • Sous le signe du lien, B. Cyrulnik, Pluriel, 2016, 319 p.
  • Vivre heureux avec son enfant, C. Gueguen, Pocket, 2017, 306 p.

 

Photos : (dans l’ordre) iStock.com/Halfpoint, Maxim Morin, iStock.com/Nadia Sabeva, Alexendre Boislard, collection personnelle,  iStock.com/Milos Stankovic, iStock.com/Li Kim Goh