Une question qu'on ne devrait plus poser aux enfants

Une question qu'on ne devrait plus poser aux enfants
« Et puis? T’es-tu trouvé une p’tite blonde? » Cette question peut créer un véritable malaise chez l’enfant. Témoignage de Jean-François Quessy, papa.

Je me souviens, j’avais peut-être 7 ou 8 ans à l’époque. Lorsque je croisais des oncles, tantes ou grands-parents que je ne n’avais pas vus depuis un moment, ils venaient vers moi avec leur grand sourire taquin pour me demander :

« Et puis? T’es-tu trouvé une p’tite blonde? »

Il peut être tentant d’agacer un enfant en lui faisant miroiter, à la blague, qu’il a atteint un âge où il « devrait » commencer à éprouver des sentiments amoureux ou à développer des relations allant au-delà de l’amitié.

Certes, la question du « p’tit chum » ou de la « p’tite blonde » peut faire rire l’adulte. Je vous avoue que, moi aussi, je me suis déjà laissé tenter. Mais, je me suis rendu compte que ce questionnement peut créer un véritable malaise chez l’enfant et l’amener à remettre en question certaines de ses relations interpersonnelles, en plus de le pousser à se questionner, souvent trop tôt, sur les définitions possibles du mot « amour ».

J’ai répondu à ce genre de question lorsque j’étais jeune. J’ai souvent ri jaune.

Aujourd’hui, c’est moi l’adulte et j’ai décidé de ne plus faire de blague à ce sujet.

L’amie de mon garçon

Depuis plusieurs années, mon fils a une meilleure amie : Mérédith. Une fille adorable, sensible, drôle, qui partage des intérêts et des valeurs communes à celles de mon garçon (et de notre famille en général).

Jamais de chicane, jamais de malentendu, toujours là pour se supporter lorsqu’ils traversent des moments plus difficiles. Ils ont beaucoup de plaisir ensemble!

Puis, est venu le temps où ils ont commencé à se faire « achaler », à se faire dire qu’ils étaient amoureux, etc.

C’est là où j’ai réalisé que ces plaisanteries pouvaient avoir un impact très important. J’ai senti, pendant une journée ou deux, que mon garçon se demandait s’il devait prendre ses distances de Mérédith.

À titre de papa, j’ai eu peur que les mauvaises blagues aient raison de cette si belle amitié. Heureusement, ça n’a pas du tout été le cas. Mais, si mon enfant ne m’en avait pas parlé, que nous n’en avions pas discuté, peut-être qu’il aurait préféré la mettre de côté, à contrecœur, pour acheter la paix.

Aujourd’hui, je pense qu’ils sont capables de répondre à ceux qui décideraient de les taquiner. Après tout, probablement que ce que ces gens aimeraient au fond d’eux, ce serait d’avoir l’immense chance d’entretenir une belle relation comme celle de mon garçon et de son amie.

 

Photo : Jean-François Quessy

Jean-François Quessy
Je suis un père passionné de deux garçons et je travaille comme thérapeute en relation d'aide.
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