Les petites étincelles

Les petites étincelles

Hier, allongée sur le quai, j’ai montré à mes enfants un gros monstre à 3 têtes qui se formait dans le creux d’un nuage. Aujourd’hui, je les ai surpris au même endroit, les yeux au ciel, en train de s’émerveiller ici, sur « une tête de canard », là-bas, sur « un gros chat poursuivi par... une culotte »!  Leurs éclats de rire ont raisonné partout sur le lac. Le mien aussi.

L’imagination de mes enfants me fait penser à une petite allumette prête à s’enflammer à la moindre étincelle. Évidemment, dès qu’ils croulent sous les activités ou se « mollusquent » devant la télé, leur capacité à s’amuser seuls en prend un sérieux coup. Mais, je ne m’avoue jamais vaincue. Je les envoie jouer dehors et si cela ne suffit pas, j’y ajoute quelques étincelles. Leur imagination s’occupe du reste.

  • J’installe une malle de déguisements au milieu du jardin et je disparais dans mes plates-bandes. Quinze minutes plus tard, « Super Machin, l’explorateur de galaxies » court après « Zisèle, la princesse sasseuse de bibittes ». Tout va bien.
  • Princesse Zisèle pleure à chaudes larmes à cause de Super Machin qui s’est transformé en Super Vilain en voulant la métamorphoser en mangeuse de bibittes. Je creuse un trou dans le sable pour faire diversion. Je leur suggère de construire un hôpital, puis file cuisiner mes muffins. Une demi-heure plus tard, l’hôpital a fait place au trou-piège, puis à la fosse aux poupées et enfin, avec l’aide du tuyau d’arrosage, à la piscine à vagues. Les enfants ne veulent plus en sortir. Ils sautent et s’y roulent comme des cochons en transe. Je cours chercher ma facture pour me faire rembourser notre vraie piscine dans laquelle mes petits nageurs ne restent jamais plus de 10 minutes sous prétexte que l’eau est froide.
  • J’installe 2 petites chaises et une mini table dans la cabane depuis longtemps désertée par les enfants. Les voilà qui rappliquent, ni une ni deux, pour s’y asseoir dans leurs beaux costumes mouillés. En fin d’après-midi, mon homme et moi y sommes invités à déguster une bonne petite soupe aux fourmis biologiques écrasées. Je suggère quand même d’apporter mes muffins pour le dessert. Mes enfants approuvent. Paraît-il, selon eux, que « c’est krès bon, les muffins trempés dans la soupe ».

Sincèrement, malgré des conséquences parfois inattendues, j’espère que mes enfants ne cesseront jamais de s’émerveiller, même lorsqu’ils seront devenus de grands adultes responsables. Je leur souhaite de se perdre, de temps en temps, dans les nuages et de réinventer leur vie à l’aide de petits riens. Encore et encore. Juste pour le plaisir de croire, l’espace d’un instant, que tout est possible.

 

29 juillet 2011

Naître et grandir

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