Les bons parents

Les bons parents

Je me fais souvent demander ce qui fait un bon parent. Je perçois aussi cette préoccupation dans les commentaires que certains d’entre vous font dans mes blogues :

bons-parents– C’est facile à dire, mais venez donc passer une heure chez nous le matin…
– Comme le jugement est facile chez certaines personnes!
– Votre stratégie me fait bien rire, mais vous saurez que personne n’est parfait!

J’ai parfois l’impression que certains souhaitent avoir une confirmation, ou être rassurés, qu’ils sont de bons parents.  Malheureusement, quand ils perçoivent le contraire, ils réagissent avec force. Comme si on venait de leur crier en pleine tête :

– Vous êtes de mauvais parents!

Eh bien, laissez-moi aujourd’hui vous rassurer une fois pour toutes :

– Vous êtes de bons parents!

Remarquez bien que je n’ai pas dit des parents parfaits, car le parent parfait, comme l’éducation parfaite, n’existe pas. L’éducation parfaite est une construction de notre époque, une époque bien axée sur la performance. L’éducation parfaite n’existe pas simplement parce que toute éducation dépend des forces et des faiblesses de l’environnement de l’enfant (et des parents!). Par exemple, des parents désorganisés peuvent permettre à des enfants de comprendre le besoin de développer un grand sens de l’organisation; et des parents trop organisés peuvent à l’inverse provoquer une aversion envers les règles chez leur enfant.

Tout n’est pas blanc ou noir par contre, il y a aussi du gris. Pendant que je passe du temps à montrer à mon fils comment développer une pensée stratégique grâce à un jeu de société, mon meilleur ami entraîne son fils à mieux garder les filets sur une patinoire. Ultimement, chaque enfant aura développé une force différente. Est-ce qu’on peut juger d’une force par rapport à une autre, de la noblesse de l’une face à l’autre? Le faire ne sera qu’un jugement de valeur sans importance.

Aussi, si je vous confirme avec assurance que vous êtes de bons parents, ce n’est certainement pas pour être gentil. Vous me connaissez mieux que ça quand même! Je crois sincèrement que l’on définit un bon parent à sa capacité de reconnaître ses forces et ses faiblesses, et à faire preuve d’ouverture afin de s’améliorer constamment.

Ce n’est pas tellement ce qu’on a fait hier qui importe, mais surtout ce qu’on fera demain. Être un bon parent, c’est la capacité de se remettre en question, de remettre en question nos interventions. De s’adapter aux nouvelles situations en allant chercher de l’information, en demandant conseil à nos parents, à nos amis, de faire tout ce qu’on peut faire pour être simplement meilleur la prochaine fois. Pas parfait, juste meilleur.

Dr Nicolas Chevrier, psychologue
Mes 3 enfants me permettent de peaufiner mes talents de psychologue tous les jours…
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