L’ABC des petits bobos

L’ABC des petits bobos
Par Dre Taz, Omnipraticienne

Dans la culture népalaise, on applique de la bouse de yack. Pour ma grand-mère, rien de plus efficace que le dentifrice. Quand j’étais moi-même une fillette, c’était le fameux mercurochrome écarlate. Des études récentes prouvent de plus en plus que le miel serait une option.

Et si vous demandez l’avis de mon fils, la seule arme valable contre les bobos est sans conteste le sparadrap de Spider-Man.

Je crois qu’il y a autant de mythes sur la façon de traiter les petits bobos que mon fils arbore de bobos en une semaine... Faisons un peu le ménage dans tout ça. 

Même s’ils sont discrets, banals et qu’ils ne valent pas le détour dans une clinique ou à l’urgence, les bobos méritent quand même toute notre attention. Une infection est rarement introduite par le matériel qui a blessé (à moins d’une morsure ou d’un métal souillé, dans quels cas vous devez consulter un médecin). En fait, ce sont les bactéries normalement présentes sur la peau qui provoquent des complications.

C’est pour ça qu’il n’est pas recommandé de simplement passer une lingette désinfectante. Pas plus que le peroxyde ou l’alcool, qui irritent plus qu’ils ne désinfectent.

Le principe est le même pour les grandes blessures que pour les petites égratignures : IRRIGUER, IRRIGUER, IRRIGUER. En salle d’urgence, on utilise de l’eau saline, mais l’eau de robinet et du savon font tout aussi l’affaire. Lavez donc généreusement la plaie. Et le plus tôt possible après l’incident.

Ensuite, quoi? Comme 75 % des Québécois, vous pensez peut-être que laisser une plaie à l’air libre accélère le processus de guérison? Pourtant, c’est tout le contraire! Le fait de laisser une croûte se former empêche la guérison, car elle crée un obstacle entre les cellules saines.

On recommande d’appliquer un antibiotique topique, en crème ou en onguent. C’est ce qui gardera la plaie humide et formera une barrière contre les bactéries et les saletés externes, sans pour autant empêcher la guérison.

Finalement, il ne reste plus qu’à apposer un pansement sec, qu’il s’agisse d’une simple gaze ou d’un Spider-Man!

En résumé, on nettoie, on traite et on couvre. Cela peut sembler très primaire, et pourtant, j’ai trop souvent vu un innocent bobo devenir une horrible plaie purulente qui demande des soins d’un professionnel. 

Et vous, comment soignez-vous les petits bobos de vos enfants?

Dre Taz, Omnipraticienne
Je sais combien la santé est un sujet qui nous préoccupe tous... Inspirés par ma pratique d'omnipraticienne, mes textes sont d'abord ceux d'un parent comme vous!
Toutes les chroniques de l'auteur

Chroniques sur le même sujet