Gérer leurs déceptions

Gérer leurs déceptions
Par Josée Bournival, Auteure, animatrice et blogueuse
À tout âge, mes enfants vivent des déceptions, petites ou grandes. J’essaye de les accompagner à travers l’acceptation qu’on ne peut pas tout contrôler.

La vie n’est pas un grand fleuve tranquille. Des déceptions, petites et grandes, on en vit au quotidien. Accepter qu’on ne contrôle pas tout est une première étape. Ensuite, il faut communiquer cet enseignement à nos enfants. Je l’avoue, c’est souvent plus facile à dire qu’à faire.

L’anecdote que je vais vous partager a été vécue dans toutes les cuisines familiales. J’en suis convaincue! Imaginez la scène :

Les yeux de Léonard vont du bout de la table à l’espace situé derrière son assiette. À l’autre bout, devant sa sœur Blanche : un verre bleu pâle. Derrière son assiette : un verre bleu foncé. Le commun des mortels n’y verrait aucune importance, mais mon fils fond en larmes. À travers ses sanglots, il nous fait comprendre qu’il aurait voulu l’autre verre. Il est déçu.

Ça fait partie de la vie! Et à petite dose, ces frustrations permettent d’apprendre la patience, la persévérance, etc. Ce n’est pas à éviter à tout prix.

Je me rappelle très bien toutes les tactiques utilisées pour contourner la crise.

- Toi aussi tu as un très beau verre. Bleu comme Chase dans la Pat Patrouille.

- NON.

Je tentais alors la diversion :

- T’as envie qu’on chante la chanson de Pat Patrouille pour remercier papa de son bon souper?

- NON!!!

J’essayais de négocier :

- Blanche, veux-tu changer de verre avec ton frère?

Ça serait si simple et ça éviterait la crise.

- Non merci, maman.

Léonard buvait donc son lait dans le verre bleu foncé. C’était une petite déception qui finissait toujours par passer d’elle-même.

Mais parfois, il y avait de grandes déceptions, causées par des éléments vraiment hors de notre contrôle. Je n’oublierai jamais le 7e anniversaire de Simone. Coup du sort, cette année-là, Grand-maman et Grand-papa passaient l’hiver dans le Sud. De leur côté, Papi et Mamie n’avaient pas pu faire la route de la Mauricie à la Montérégie en raison d’une horrible tempête de neige.

- Ben là, j’aurai aucun invité à ma fête… C’est pas une fête, avait marmonné Simone, la voix remplie de chagrin.

J’avais le cœur gros pour elle. Ma Bobinette comprenait très bien que la sécurité de ses grands-parents était plus importante qu’un souper. Elle savait qu’on remettrait la fête. Mais elle en avait rêvé toute la semaine. Elle attendait cette visite avec impatience.

Heureusement, Simone a un tempérament positif et résilient. J’ai donc eu une idée et elle a embarqué à pieds joints dans ma petite folie : on a invité les poupées de mes filles. On a dressé une table juste pour elles. Chacune a même apporté un minicadeau à la fêtée. Dans l’après-midi, on a soigneusement sélectionné leurs tenues, on les a coiffées, etc.

À l’heure de se coucher, Simone m’a avoué que c’était sa plus belle fête À VIE!!! ;-)

À tout âge, mes enfants vivent des déceptions, petites ou grandes. J’essaye de les accompagner à travers l’acceptation qu’on ne peut pas tout contrôler. Qu’être déçu est normal. Mais que ça ne sert à rien de rester triste. Mieux vaut changer de plan. Se trouver un nouvel objectif. Je ne réussis pas toujours, mais j’essaye.

Tout ce qui m’importe, c’est que leurs déceptions ne viennent pas de moi. J’essaye de toujours tenir parole.

Pour le reste, c’est la vie!

Mise à jour le 9 septembre 2025
Publiée originalement le 23 janvier 2018

Naître et grandir

Photos : GettyImages/energyy et Josée Bournival

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