Gérer leurs déceptions

Gérer leurs déceptions
Par Josée Bournival, Auteure, animatrice et blogueuse
À tout âge, mes enfants vivent des déceptions, petites ou grandes. J’essaye de les accompagner à travers l’acceptation qu’on ne peut pas tout contrôler.

Les yeux de Léonard vont du bout de la table à l’espace situé derrière son assiette. À l’autre bout, devant sa sœur Blanche : un verre bleu pâle. Derrière son assiette : un verre bleu foncé. Le commun des mortels n’y verrait aucune importance, mais mon fils fond en larmes. À travers ses sanglots, il nous fait comprendre qu’il aurait voulu l’autre verre. Il est déçu.

Ça fait partie de la vie! Et à petite dose, ces frustrations permettent d’apprendre la patience, la persévérance, etc. Ce n’est pas à éviter à tout prix.

J’essaye quand même de le raisonner :

- Toi aussi tu as un très beau verre. Bleu comme Chase dans la Pat Patrouille.

- NON.

Je tente alors la diversion :

- T’as envie qu’on chante la chanson de Pat Patrouille pour remercier papa de son bon souper?

- NON!!!

J’essaye de négocier :

- Blanche, veux-tu changer de verre avec ton frère?

Ça serait si simple et ça éviterait la crise.

- Non merci, maman.

Léonard boira son lait dans le verre bleu foncé. C’est une petite déception qui finira par passer d’elle-même.

Mais parfois, il y a de grandes déceptions causées par des éléments hors de notre contrôle. Vous vous souvenez de la tempête de la mi-janvier? Ce samedi-là, on devait célébrer le 7e anniversaire de Simone avec ses grands-parents paternels et maternels. Coup du sort, cette année, Grand-maman et Grand-papa passent l’hiver dans le Sud. De leur côté, Papi et Mamie n’ont pas pu faire la route de la Mauricie à la Montérégie en raison de la tempête.

- Ben là, j’aurai aucun invité à ma fête… C’est pas une fête, a marmonné Simone, la voix remplie de chagrin.

J’avais le cœur gros pour elle. Ma Bobinette comprenait très bien que la sécurité de ses grands-parents était plus importante qu’un souper. Elle savait qu’on remettrait la fête. Mais elle en avait rêvé toute la semaine. Elle attendait cette visite avec impatience.

Heureusement, Simone a un tempérament positif et résilient. J’ai eu une idée et elle a embarqué à pieds joints dans ma petite folie : on a invité les poupées de mes filles. On a dressé une table juste pour elles. Chacune a même apporté un minicadeau à la fêtée. Dans l’après-midi, on a soigneusement sélectionné leurs tenues, on les a coiffées, etc.

À l’heure de se coucher, Simone m’a avoué que c’était sa plus belle fête À VIE!!! ;-)

À tout âge, mes enfants vivent des déceptions, petites ou grandes. J’essaye de les accompagner à travers l’acceptation qu’on ne peut pas tout contrôler. Qu’être déçu est normal. Mais que ça ne sert à rien de rester triste. Mieux vaut changer de plan. Se trouver un nouvel objectif. Je ne réussis pas toujours, mais j’essaye.

Tout ce qui m’importe, c’est que leurs déceptions ne viennent pas de mon amoureux et moi. Nous essayons de toujours tenir parole.

Pour le reste, c’est la vie!

Et vous? Trouvez-vous difficile de gérer les déceptions de vos enfants? Quelles anecdotes avez-vous sur le sujet?

 

Photos : GettyImages/energyy et Josée Bournival

Josée Bournival, Auteure, animatrice et blogueuse
Je suis la maman de 3 grandes filles et d’un petit garçon. Je souhaite échanger avec vous sur une foule de sujets reliés à la vie de famille.
Toutes les chroniques de l'auteur