«Être différent, c'est cool!»

«Être différent, c'est cool!»
Mon fils voit une possibilité de découvrir la réalité de quelqu’un d’autre qui, bien qu’il ait une vie qui s’articule différemment de la sienne, est tout aussi humain que lui.

En fin de semaine, mon plus vieux (qui vient tout juste d’avoir 6 ans) participait à une activité spéciale de bricolage organisée par la municipalité. Au retour, nous avons eu cet échange dans l’auto :

- Moi : « Ça a bien été? »
- Grand Fils : « Oui, papa, j’ai aimé ça! Et sais-tu quoi? Il y avait un enfant différent. Il était handicapé, en fauteuil roulant. »
- Moi : « Good! Il faisait les activités avec vous? »
- Grand Fils : « Oui, et il était chanceux, il avait une éducatrice avec lui. En plus là, il était full bon. Vraiment, l’éducatrice elle l’aidait un peu, il était full bon! »
- Moi : « Super ça! Est-ce qu’il pouvait parler? »
- Grand Fils : « Oui, mais pas avec des mots. Il faisait juste des sons. Sauf que quand il faisait ses sons, ça voulait dire quelque chose. Il fallait juste comprendre quoi... »
- Moi : « Wow! Parfait! »
[Silence]
- Grand Fils : « J’aime ça les gens différents moi. C’est cool! Il faut comme juste essayer de les comprendre pour pouvoir les aider. Mais, c’est cool! »

Ce billet pourrait finir ainsi, tout simplement. Parce qu’au fond, mon garçon a déjà tout dit.

Avec nos yeux d’adultes, nous serions nombreux à observer une pareille situation et à en venir à la conclusion qu’« Être différent, c’est dur! »

Même tableau : deux perceptions opposées.

J’ai deux enfants et mon plus jeune a des besoins particuliers et d’importants problèmes de santé. Il est l’un de ces enfants que l’on pourrait qualifier de « différents » (bien que l’on soit tous uniques et différents, mais vous comprenez ce que je veux dire). Ça a assurément une incidence sur la vision que son frère a des autres enfants qui ne sont pas comme lui.

Je n’essaierai pas de vous convaincre que mon grand a raison et qu’être différent est plus « cool » que de passer une semaine sur une plage au Mexique en plein mois de janvier. Je sais à quel point les défis sont énormes et se renouvellent jour après jour, tant pour l’enfant que pour ses parents.

Mais, je ne peux m’empêcher d’être excessivement fier quand il me parle ainsi, lorsqu’il démontre une telle ouverture d’esprit et une sensibilité aussi exceptionnelles pour un petit bonhomme de 6 ans qui se retrouve devant la différence.

Une opportunité

Au lieu de se replier sur lui-même, il y voit une opportunité. Une possibilité de découvrir la réalité de quelqu’un d’autre qui, bien qu’il ait une vie qui s’articule différemment de la sienne, est tout aussi HUMAIN que lui.

Un discours que, malheureusement, trop peu d’adultes tiennent. Et, c’est un peu compréhensible parce que tout ce qui est inconnu est inévitablement quelque peu insécurisant.

Mais, c’est cette ouverture d’esprit qui, ultimement, changera tout!

Est-ce qu’être différent c’est « cool »?

Je ne sais pas.

Mais mon gars, lui, il est « cool ».

Et aujourd’hui, il m’a inspiré et il vient peut-être d’en faire de même avec vous. Et, si ça pouvait se traduire dans nos gestes, ce serait franchement « cool »!

 

Jean-François Quessy est aussi l’auteur du blogue  Un gars, un père.

 

Photo : iStock.com/FatCamera

Jean-François Quessy
Je suis un père passionné de deux garçons et je travaille comme thérapeute en relation d'aide.
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