Votre enfant a-t-il les gènes pour veiller tard?

Votre enfant a-t-il les gènes pour veiller tard?
Par Kathleen Couillard, Journaliste scientifique
Faites-vous partie de ceux qui se disent que leur enfant peut veiller tard à l’occasion? Votre réponse pourrait dépendre des gènes de votre enfant.

Imaginez que nous sommes le soir du réveillon de Noël ou du jour de l’an. Il est 19 h 55. Êtes-vous de ceux qui se disent : « Déjà presque 20 h. Il faut que je couche mon petit, sinon il sera insupportable demain! », ou plutôt de ceux qui répondent : « Bah... Il peut bien veiller jusqu’à minuit. Ce n’est pas très grave »? Il serait bien possible que votre réponse dépende en fait des gènes de votre enfant, selon une étude réalisée en partie à Montréal.

Les enfants ne sont pas tous égaux devant le manque de sommeil. Une nuit écourtée ou une sieste sautée rend certains enfants irritables ou très peu tolérants à la frustration. C’est pourquoi les auteurs de l’étude ont voulu analyser les effets de la génétique sur le comportement des tout-petits qui ont mal dormi.

Les scientifiques ont donc recruté 209 mères de Montréal et d’Hamilton, en Ontario, pendant leur grossesse. Après la naissance, ils ont interrogé ces femmes régulièrement sur les habitudes de sommeil de leur enfant ainsi que sur leur comportement et leur gestion des émotions à 3 ans. Ils en ont également profité pour prendre un prélèvement chez ces tout-petits pour établir leur profil génétique.

C’est ainsi que les chercheurs ont déterminé que les enfants qui portaient une particularité génétique bien précise étaient plus sensibles au manque de sommeil. Ils éprouvaient entre autres de la frustration, de la peur, de l’inconfort, de la tristesse ou des problèmes de concentration lorsqu’ils dormaient moins.

Alors, doit-on se décourager si notre enfant fait partie de ceux qui semblent avoir gagné cette particularité à la loterie des gènes? Pas nécessairement, selon les chercheurs. Ils ont en effet observé que ces enfants étaient aussi ceux qui avaient le meilleur comportement lorsqu’ils dormaient une bonne nuit. Quant aux enfants qui n’avaient pas ce profil génétique particulier, ils n’amélioraient pas leur comportement si on leur permettait de dormir davantage. En d’autres termes, certains enfants seraient plus avantagés que les autres lorsqu’on leur permet de bien dormir.

Il ne s’agit pas de la première étude à suggérer que la génétique a un rôle important à jouer dans le sommeil des tout-petits. Bien sûr, il n’est pas possible de savoir si votre enfant a les gènes qui lui permettent de veiller tard. Si vous l’avez déjà expérimenté, vous savez déjà si le manque de sommeil perturbe votre enfant. Sinon, vous le découvrirez peut-être le lendemain du réveillon de Noël ou du jour de l’an!


Kathleen Couillard est aussi l’auteure du blogue Maman Éprouvette.

Kathleen Couillard, Journaliste scientifique
D'abord microbiologiste, je suis maintenant journaliste scientifique et maman. Je concilie donc, pour mon plus grand plaisir, science, parentalité et enfance.
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