À toutes les Lauralie de ce monde

À toutes les Lauralie de ce monde
Chère petite Lauralie, notre garçon quittera bientôt le service de garde où vous vous êtes connus. Je suis convaincu que tout ira pour le mieux. Il nous manquera toutefois un petit quelque chose : toi!

Chère petite Lauralie,

Dans quelques semaines, notre garçon quittera le service de garde où vous vous êtes connus, côtoyés, apprivoisés, aimés. Ce sera, pour lui et pour notre famille, un nouveau départ dans un milieu scolaire parfaitement adapté à ses besoins.

Notre fils y rencontrera de nombreux intervenants qui seront là pour l’aider à s’épanouir, à grandir et pour lui donner les outils nécessaires pour atteindre les sommets qu’il sera en mesure d’atteindre. Il sera dans une classe avec trois garçons de son âge. De petits bonshommes qui, comme lui, sont des superhéros à leur façon.

Je suis convaincu que tout ira pour le mieux.

Il nous manquera toutefois un petit quelque chose : toi!

Toi, la fillette de 4 ans qui accourait vers notre garçon chaque matin à son arrivée à la garderie. Celle qui le prenait dans ses bras, qui le serrait fort pour lui démontrer son amour, qui le tirait par le bras pour l’amener du point A au point B, qui riait aux éclats avec lui, qui le regardait avec des yeux brillants, qui était attentive à ses moindres besoins et qui pouvait deviner quand quelque chose ne tournait pas rond avec lui.

Tu sais, Lauralie, cette année, tu as été bien plus qu’une amie de garderie.

Non seulement tu as contribué grandement à l’intégration d’Éli-Noam dans son groupe, mais tu nous as rappelé à quel point nous gagnerions à remettre nos « lunettes d’enfants » plus souvent afin de voir la différence avec la même perspective que toi.

Pour toi, notre fils n’était pas un « handicapé ». Il n’était pas un « épileptique ». Il n’était pas un « déficient intellectuel ». Il n’était pas un « TDAH ».

Jamais l’une de ces caractéristiques ne l’a défini comme être humain.

Notre garçon était un tout.

Notre enfant était tout simplement un enfant!

Et, pour nous le rappeler et nous le faire comprendre, il fallait vraisemblablement une autre enfant.

Merci, Lauralie, d’avoir été cette enfant.

Merci pour ta présence, pour ton ouverture d’esprit, pour ton amour inconditionnel, pour ta complicité, pour tes sourires et pour ta joie de vivre.

Merci aussi à tes parents qui t’ont transmis de grandes valeurs, celles qui ont assurément façonné la vision que tu as des humains et qui ont guidé tes agissements avec notre fils.

Tu vas nous manquer, Lauralie.

La vie d’Éli-Noam ne sera plus pareille sans toi. Mais elle aura été bien plus belle grâce à toi!

Photo : GettyImages/adamkaz

Jean-François Quessy
Je suis un père passionné de deux garçons et je travaille comme thérapeute en relation d'aide.
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