T'es où, village? T'es où?

T'es où, village? T'es où?
31 août 2019
Jean-François Quessy n’a pas de famille élargie à proximité. Mais il a trouvé du soutien dans son quartier.

On entend souvent cette célèbre citation : « il faut tout un village pour élever un enfant ». Qu’on se dise les vraies choses... Parfois, en tant que parent, on cherche le village pas à peu près et on a l’impression d’être seul au monde avec nos craintes et nos problèmes!

Chez-moi, nous n’avons pas de famille élargie à proximité. J’ai cru pendant des années que nous étions une figure d’exception. Que presque tous les papas et les mamans pouvaient compter, presque n’importe quand, sur des grands-parents pour les appuyer, pour les dépanner, pour les rassurer.

Mais, des parents dans notre situation, dont le tissu familial s’est effrité avec les années ou qui doivent composer avec la distance qui les sépare de leurs proches, il y en a plusieurs.

Le village, c’est plus que la famille

Nous avons tendance à oublier qu’un village, ça peut être grand et inclure bien du monde : les amis, le voisinage, les collègues de travail, les groupes de soutien sur les réseaux sociaux, les gens que l’on rencontre en fréquentant des organismes communautaires, etc.

En plus de la famille de ma conjointe qui est très présente (bien qu’elle soit à cinq heures de route), nous avons des amis de longue date (ils ne sont pas nombreux, mais ils sont fort importants) et nous avons aussi la chance de vivre dans un quartier exceptionnel.

Celui-ci est bondé de parents fort sympathiques et bienveillants. Nous sommes tous là les uns pour les autres et nous avons à l’œil les enfants des autres comme s’ils étaient les nôtres.

Je n’avais jamais connu ce qu’était « l’esprit de quartier » auparavant, mais je vous confirme que ça apporte une sécurité et une paix d’esprit qui font un bien énorme.

Ensemble, c’est possible

Certes, à l’extérieur de notre cocon familial, nous n’avons pas tous les mêmes besoins relationnels. Nous n’avons pas tous le besoin d’avoir de multiples activités avec d’autres gens, d’avoir des soupers tous les vendredis ou de parler à nos voisins ou à nos parents chaque jour.

Mais, je crois que nous avons tous un besoin en commun : celui de savoir que nous ne sommes pas seuls.

Gardons tous les yeux grand ouverts pour dépister les parents qui ont besoin de soutien et qui se sentent trop souvent laissés à eux-mêmes.

Et à vous qui n’avez pas encore trouvé votre village : surtout, n’abandonnez pas et partez à sa recherche! Non seulement il y a un village quelque part prêt à vous aider, mais il y a aussi quelqu’un, dans ce même village, qui a besoin de vous et pour qui vous ferez une différence et un bien incroyable.

 

Photo : Sarah-Jane Champoux et Francis Middleton

Jean-François Quessy
Je suis un père passionné, mais aussi un grand amoureux qui aborde sa vie avec humour.
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Commentaires (7)

  1. Diane 31 août 2019 à 15 h 29 min
    Effectivement quand la famille ou les amis sont trop loin, il faut pouvoir compter sur quelqu'un. Quand un voisin arrivait, je l'invitais toujours à demander s'il avait besoin surtout concernant les enfants. Je ne voulais pas qu'ils se sentent seuls s'il arrivait de la maladie ou un accident et que personne ne puisse les aider. Je leur proposais donc de l'aide si un enfant se trouvait malade et qu'ils en avaient d'autres à la maison. Ça n'est pas arrivé mais j'ai gardé les enfants de ma voisine et jamais elle ne s'inquiétait quand elle devait tarder. Je préparais les enfants au bain et les repas étaient pris alors quand elle arrivait ou son conjoint pour reprendre les enfants elles étaient prêtes à aller au lit. C'était comme les miens. J'ai adoré ce temps où j'avais toute la marmaille, les 3 miens et les autres, parfois 10 ensemble et deux bébés à la bouteille, mais je prenais le temps de les faire boire dans mes bras, desservir la table attendait. Je ne pouvais imaginer un bébé boire seul. Ils ont besoin de tendresse et de sécurité et je me faisais ce devoir tout comme je n'ai jamais laissé aucun de mes enfants boire seuls. Oui quand la famille est trop loin ou moins présente il faut des gens du quartier qui puissent prendre le relais quand les familles ont besoin. C'est un devoir de citoyen mais nul n'est automatiquement à l'aise pour s'occuper d'enfants mais il y a tellement de façon de donner.
  2. Jean-Francois Quessy 9 septembre 2019 à 15 h 47 min
    Il y a un « esprit de voisinage » qui s'est peut-être perdu au fil du temps, mais qui demeure encore présent à plusieurs endroits. Je pense que cette collaboration, cette ouverture sur les autres, cette curiosité pour les gens qui nous entourent reviendra avec la prochaine génération (en tout cas, j'ai espoir!). Je sens que le monde commence à redevenir un peu moins individualiste qu'il l'a été, plus humain. Je ne sais pas si ma perception est bonne ou erronée, mais je sais que de mon côté, je tiens à inculquer ce type de valeurs à mes enfants et à les amener à s'intéresser aux autres et à développer une culture de l'entraide. Merci pour votre commentaire!
  3. Caroline 4 septembre 2019 à 20 h 18 min
    WoW! J'abonde dans votre sens. La peur du jugement fera en sorte que les gens ne s'impliqueront pas envers les enfants des autres et nous comme famille, on ''clash'' dans le décors parce-qu'on considère l'enfant des autres avec se même regard vaillant et encadrant. J'aimerais parfois avoir ce même échange. Un pas à la fois!
  4. Jean-Francois Quessy 9 septembre 2019 à 15 h 53 min
    Vous avez raison Caroline, il y a une certaine crainte à s'impliquer auprès des enfants des autres. Mais, vous savez, comme parents, avant de s'impliquer auprès de ces enfants, je crois qu'il faut commencer par s'ouvrir aux autres parents et bâtir un lien de confiance avec eux. Après, le reste va suivre. Mais, c'est un gros défi! C'en est un pour moi en tout cas parce que je n'ai pas tendance à aller parler avec n'importe qui, à jaser avec le deuxième et le troisième voisin, etc. Mais, par de petits gestes, je pense qu'on peut réussis à recréer ce réflexe d'entraide qui est malheureusement moins présent de nos jours.
  5. Pascale Bertrand 9 septembre 2019 à 15 h 22 min
    Bonjour et merci pour votre billet. En cette période de la rentrée chargée en tâches et en émotions (entrée en garderie du petit dernier et passage en CPE pour le grand frère alors que maman est déjà retourné au travail depuis 3 mois), nous oublions parfois d’apprécier les gens autour de nous qui sont là pour nous en cas de besoin et qui ne demandent qu’à aider. Il faut se permettre d’avoir besoin des autres et oser aller vers eux! Sortir de la peur du jugement et des tabous du mythe du parent parfait... c’est plus difficile à faire que ça en a l’air et oui, la première réaction quand on est débordé est souvent de comparer et de penser que les autres sont plus choyés. Morale: en s’ouvrant aux autres, on peut tous créer notre village personnel autour de nous et de notre famille!
  6. Jean-Francois Quessy 9 septembre 2019 à 15 h 41 min
    Vous avez tellement raison, Pascale! Je pense qu'il faut arrêter de se comparer, de vouloir atteindre la perfection et assumer que nous sommes tous des êtres humains, des parents, avec plein de qualités et d'imperfections. En s'entraidant un peu, sans se juger, on peut tous grandir et se sentir mieux dans notre rôle de parent, mais aussi se valoriser en faisant une petite différence pour notre voisin. Bonne rentrée! ;)
  7. Jimena 12 septembre 2019 à 09 h 26 min
    Merci pour ce billet ! Je viens d'une culture latine, avec ma mère on a toujours cette irrésistible envie de parler à tout le monde...(ou beaucoup parfois). À travers les expériences qu'amène inévitablement l'immigration et le choc culturel, nous avons souvent été confrontés à une certaine méfiance par rapport à cette attitude "sociale", ce que je peux tout à fait comprendre; c'est une simple différence culturelle. (C'est dommage, mais en occident de façon générale, j'ai remarqué que le sourire et la gentillesse débordante sont souvent perçus comme une faiblesse d'esprit.) Mais vous avez raison, la société a envie de s'éloigner de cette overdose d'individualité. Dans mon quartier ça m'a pris du temps, mais j'ai rencontré des gens qui ont véritablement le coeur sur la main. Je rêve d'un quartier où tout le monde se salue et se fait raisonnablement confiance. J'oserais ajouter que la mixité culturelle bien présente aujourd'hui amène aussi son petit grain d'épice dans cette belle recette de volonté bienveillante.

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