Éducateurs, où êtes-vous?

Éducateurs, où êtes-vous?
Par Geneviève Doray, Directrice, Naître et grandir
25 avril 2019
Quiconque met les pieds dans un service de garde le constate : les hommes y sont très rares.

Quiconque met les pieds dans un service de garde le constate : les hommes y sont très rares. Il n’y a que 4 % d’éducateurs, un chiffre stable depuis une quinzaine d’années.

Nous avons même décidé, étant donné que ce sont surtout des femmes qui occupent ces postes, de juste écrire « éducatrice » dans nos articles afin d’alléger le texte. Cette réalité du milieu ne semble d’ailleurs pas partie pour changer, car encore très peu de garçons s’inscrivent en techniques d’éducation à l’enfance.

C’est la passion du métier et le dévouement qui sont importants, et cela peut se retrouver autant chez une femme que chez un homme.

C’est dommage qu’il y ait plusieurs programmes pour encourager les filles à opter pour des métiers non traditionnels, mais rien pour les garçons. Je pense qu’il n’est jamais souhaitable qu’un type d’emploi regroupe une majorité d’employés d’un seul sexe, et ce, peu importe le secteur. Il est bon d’avoir de la diversité, autant du point de vue de l’âge que de l’origine ou du sexe.

Je crois sincèrement en la complémentarité des rôles masculin et féminin. Les éducateurs apportent une richesse supplémentaire aux enfants et je trouve ça plate qu’il n’y en ait pas plus qui font ce travail. On me dit que des préjugés persistent à l’égard des hommes et que c’est souvent ce qui les dissuade de choisir ce métier (les piètres conditions salariales aussi, bien sûr). Alors que les papas ont conquis une place de choix auprès de leurs tout-petits, à quand la même révolution dans les services de garde?

 

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Photo : GettyImages/monkeybusinessimages

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Commentaires (13)

  1. J.Prince 28 avril 2019 à 13 h 24 min
    Si les conditions, les salaires et la perception des gens étaient meilleurs, il y en aurait plus. Ce serait un plus pour tous les enfants. Mais quand vous gagnez comme salaire un max de $40 000, ça fait l'affaire de peu d'hommes...
  2. Natalie Cossette 28 avril 2019 à 17 h 44 min
    40 000$ Ouf! Ça prend du temps à atteindre ça!!
  3. Geneviève Doray 29 avril 2019 à 13 h 17 min
    Grâce à la mobilisation des personnes qui travaillent dans les services de garde, il y a eu une amélioration notable des conditions de travail de l’ensemble des éducatrices dans les 10 dernières années. En 2013-2014, le salaire moyen était de 35 578 $ pour les éducatrices en CPE et 32 362 $ pour celles en garderie privée. Même si ces salaires sont dans la moyenne pour les femmes avec une formation équivalente, ils demeurent en deçà de plus de 10 000 $ sur ce que gagnent les hommes ayant une formation équivalente. À quand l'équité?
  4. Michelle 4 mai 2019 à 21 h 20 min
    "Nous avons même décidé, étant donné que ce sont surtout des femmes qui occupent ces postes, de juste écrire « éducatrice » dans nos articles afin d’alléger le texte." Peut-être cela n'aide pas de jeunes hommes à se projeter comme futurs éducateurs...
  5. Réjean Dumouchel 4 mai 2019 à 23 h 38 min
    Il y a en effet beaucoup d'éducation à faire au sujet de ce fléau qui est l'utilisation exclusive du féminin dans les textes relatifs aux éducatrices (teurs) en milieu de garde. En langue française l'utilisation du féminin exclut le féminin, au contraire du masculin qui inclut le féminin. C'est pourquoi en tant que responsable de service de garde en milieu familial masculin je ne sens pas concerné par tous ces textes exclusivement féminin.
  6. Monique 7 mai 2019 à 17 h 55 min
    Un fléau? Vous y allez un peu fort, non? Permettez-moi de vous rappeler la définition de ce mot: "Catastrophe, désastre public, calamité qui frappe une population.". Ici, on parle d'un mot au féminin dans des textes d'un site web et d'un magazine... Sérieux?
  7. Daniel 7 mai 2019 à 17 h 22 min
    Je suis RSG depuis 28 ans ( 20 dernières années reconnu d'un BC) dans la région de Gatineau. Les 11 premières années, j’étais seul, mais depuis 17 ans maintenant, mon épouse m'assiste. Nous avons un milieu double. Pour moi, le fait d’être un homme ne m'a jamais affecté et je n'ai jamais eu à faire face à des préjuges. Au contraire, je crois que puisqu'il y a beaucoup de maman seule, cela m'a beaucoup aidé a constamment maximiser mes places. D'ailleurs plusieurs mamans, et même des papas, m'ont mentionné au courant des années combien ils appréciaient le fait que leurs enfants aient la présence d'un homme dans leur vie. Je me suis toujours donné comme but dans mon travail de prendre les enfants le plus jeune possible (poupon) et de les "amener à l’école" et je suis fier de dire qu'au moins 9 fois sur 10, j'ai réussi. C'est la chose qui me motive le plus dans ce travail qui me passionne. Prendre un tout-petit et 4-5 ans plus tard, l'enfant te fait une carte avec un coeur ou un dessin pour te dire au revoir me donne encore des frissons. Je voulais juste te partager ça, car ton édito m'a touché. Il est rare que les hommes sont mentionné dans ce milieu, je t'en remercie.
  8. Geneviève Doray 7 mai 2019 à 17 h 27 min
    Wow, quel magnifique témoignage! On sent tout votre amour pour les tout-petits; les parents de votre milieu de garde ont beaucoup de chance. Merci :-)
  9. Geneviève 8 mai 2019 à 10 h 32 min
    Très beau texte et oui effectivement la présence plus importante d'hommes dans les services de garde serait appréciée et positive tant pour les petits garçons que pour les petites filles. Une présence masculine bienveillante a des bienfaits incroyables sur les enfants. J'espère qu'un jour il y aura plus d'hommes dans les services de garde. Et concernant l'utilisation du masculin ou du féminin dans un texte pour rejoindre la majorité, je trouve ça ridicule de s'y attarder et se lamenter à ce sujet. Je suis infirmière et dans les textes sur les infirmières, il est écrit l'infirmière même s'ils visent également les infirmiers. On s'adresse à la majorité avec le terme associé. Je suis convaincue que ce n'est pas une raison réelle de se désister de la profession auquelle on aspirait en voyant qu'on s'adresse au féminin. Les femmes se sont bien accomodées de l'utilisation du masculin systématique depuis longtemps. On n'est pas pour dire 'les éducateurs' ou 'les infirmiers' alors qu'il s'agit de presque juste de femmes.
  10. Geneviève Doray 21 mai 2019 à 09 h 33 min
    Entre Geneviève, on se comprend bien :-p Merci de votre commentaire!
  11. François Dorais 20 mai 2019 à 07 h 53 min
    J'ai un ami éducateur et il a eu de la difficulté à s'intégrer aux cpe qu'il a essayé. Sans vouloir tout généraliser, son expérience a mis en lumière certaines différences qui existent entre les éducateurs et les éducatrices. J'ai remarqué que souvent, les hommes avaient tendance à jouer davantage et plus "rough" avec les jeunes, à se soucier moins des règles, à être plus chaotiques. Résultat: les enfants bougent souvent plus, mais sont également plus excités! Les femmes sont plus douces, plus aimantes et préfèrent souvent maintenir le calme et une plus grande sécurité par le respect des règles. Je crois que les liens de complicité qui émanent de ces techniques différentes sont essentielles et complémentaires pour les enfants, mais peuvent être confrontantes pour un milieu qui s'est habitué à l'une plutôt qu'à l'autre. D'un côté, mon ami avait un style vraiment très original, un monde imaginaire très riche et il aurait gagné à y aller plus progressivement pour mieux s'intégrer aux réalités des femmes en place. D'un autre côté, il semble évident que si l'on veut plus d'hommes dans ce milieu de femmes, elles vont devoir accepter que l'identité de leur environnement de travail actuel soit transformé pour que les hommes puissent eux aussi s'émanciper au sein des cpe et autres milieux avec jeunes enfants....(et parenthèse evidente, les hommes devraient également avoir plus de classe, de retenu et de respect pour les femmes qui sont intéressés par leurs milieux "traditionnels"!). Par exemple, jouer davantage avec les enfants et même se chamailler avec eux pour sortir du rôle de surveillants/observateurs, surtout lors des périodes à l'extérieur. Qu'en pensez-vous?
  12. Geneviève Doray 21 mai 2019 à 10 h 10 min
    Je pense que nous gagnons tous à entendre ou lire des témoignages comme celui de votre ami. Cela met en lumière plusieurs facettes du métier d’éducateur et éducatrice. Il est certain que le faible nombre d’éducateurs peut faire en sorte que l’adaptation soit plus longue et difficile dans certains milieux de garde. Chose certaine, c’est la complémentarité de chaque humain (qu’il soit éducateur ou éducatrice) qui permet à l’enfant de bien se développer!
  13. Geneviève Doray 21 mai 2019 à 09 h 40 min
    Des étudiantes de 2e année en Techniques d'éducation à l'enfance au Cégep de Drummondville ont préparé un vidéo afin de promouvoir le métier d'éducateur à l'enfance et ils m'ont invité à y participer. Ils posent de bonnes questions et il est enrichissant d'écouter les témoignages. Bonne écoute: https://www.facebook.com/822369881451194/posts/849141728774009

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