Maman grandit

Maman grandit
Par Josée Bournival, Auteure, animatrice et blogueuse
24 avril 2019
Le roulement des vêtements, chaque saison, nous permet de constater à quel point nos enfants grandissent. Mais nous, les parents, grandissons aussi!

Clémentine me regarde d’un air découragé. Le manteau léger que j’avais prévu pour elle ce printemps ne lui fera assurément plus à l’automne. Elle a tellement grandi… J’essaye les bottes de pluie de Léonard et je fais le même constat : la mauvaise herbe… ça pousse vite! ;-)

Deux fois par année, au moment d’effectuer le roulement des vêtements de saison, je constate à quel point mes enfants grandissent. En beauté. Ils sont plus grands physiquement, mais ils sont aussi plus autonomes, plus agiles. Leurs têtes se remplissent de connaissances générales, d’expériences vécues, d’émotions diverses.

Ce qui se remarque moins, ce sont les changements vécus par les parents. Nous grandissons aussi!

Cette année, j’apprends à négocier avec une enfant qui a choisi les crises comme mode d’expression. Ma patience est mise à rude épreuve! Mais chaque fois que je dénoue une tempête sans monter le ton, je suis fière de moi. Je n’avais pas cette patience avant. Ma réaction n’est pas toujours la bonne. Parfois, je change de pièce parce que j’ai envie de m’énerver. Mais chaque fois, j’essaye de respirer par le nez.

J’ai aussi grandi en tant que maman poule. J’ai tendance à surprotéger mes enfants, à pallier leur manque d’organisation, à passer derrière eux pour corriger ce qui leur fait défaut. Je me demande parfois si j’agis ainsi pour être aimée d’eux. Parce qu’ils seront fâchés si je refuse d’aider. Toujours est-il que je m’améliore. T’as perdu un livre emprunté à la bibliothèque? Tu fais les efforts pour le trouver. Tu ne ramasses pas tes vêtements? Je ne vais pas le faire à ta place. Tu avais une feuille à faire signer? Tu expliqueras à ton professeur pourquoi elle ne l’est pas. Je me pile sur le cœur à l’occasion pour ne pas leur venir en aide. Je me répète que les surprotéger nuit à leur autonomie.

J’ai aussi fait des pas de géants concernant mon équilibre familial. Les enfants sont toujours ma priorité, mais j’essaye de ne pas m’oublier… un autre grand défi!

Je trouve merveilleux que mon rôle de mère me force à évoluer, à m’améliorer, à devenir une meilleure personne. Parfois, il faut regarder en arrière pour voir tout le chemin parcouru.

Et vous? Vous arrive-t-il de constater que vous grandissez comme parent? Quels progrès avez-vous faits? De quel changement êtes-vous le plus fier?

 

Photo : Gettyimages/Kontrec

Josée Bournival, Auteure, animatrice et blogueuse
Je suis la maman de 3 grandes filles et d’un petit garçon. Je souhaite échanger avec vous sur une foule de sujets reliés à la vie de famille.
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Commentaires (11)

  1. caroline 24 avril 2019 à 14 h 06 min
    Bonjour Josée, Dernièrement, j'ai fait le même constat que vous. Une phrase que je retiens de votre magnifique texte, est celle-ci : ''Je trouve merveilleux que mon rôle de mère me force à évoluer, à m’améliorer, à devenir une meilleure personne. '' Ce même message je le constate aussi pour mon conjoint. Du père qui fait passer sa famille en avant plan et du chemin parcouru pour devenir cet homme merveilleux. Je le constate que je grandi comme parent. Tout comme vous, c'est un combat de tout les jours de ne pas pallier pour eux. Je ne sais pas jusqu'à quels point je peux nuire en faisant ça? Tout n'est pas que noir ou blanc! Mais en les aidant, je me dis que je leur montre l'exemple et ils sont plus enclin par la suite de venir en aide avec les autres membre de la famille parfois je me trompe évidement. C'est dure a expliquer avec des mots. Quand on est parents, on a tendance à vouloir régler tout de suite mais il faut penser à long terme. Une chose que je suis fière est de mieux communiquer mes besoins, mes attentes etc. De déléguer plus, faire confiance, accepter que ce ne soit pas parfait ex.: si mes enfants veulent laver les fenêtres, j'apprécie qu'ils m'aident et je m'en fou que la fenêtre ne soit pas top ça coche ;-) de toute façon, elle sera sale dans 10 minutes. J'apprécie de mettre l'anxiété, le stress et l'angoisse dans ma poche arrière :-) J'ai du chemin encore à faire mais je suis bien accompagner avec mon équipage ;-) Merci encore pour cet article si bien livré. :-) xx
  2. Naître et grandir 25 avril 2019 à 09 h 43 min
    Quel beau témoignage Caroline! Merci pour ce partage. :)
  3. Josée Bournival 27 avril 2019 à 07 h 26 min
    Bonjour Caroline. Quel bonheur de vous lire. Je sens beaucoup de fierté à travers vos mots. Beaucoup de questionnements également. ;-) C'est parfait ainsi. Josée XX
  4. Diane Sabourin 25 avril 2019 à 11 h 05 min
    Quelle beau sujet! On parle beaucoup de nos petits trésors, mais peu des parents. Mon expérience personnelle et professionnel ont confirmer à maintes reprises, le lien fusionnelles entre parents et enfants. Intervenantes en petite enfance depuis plus de 20 ans, j'ai réalisé qu'il faut parfois prendre le temps de porter l'attention et le soutien aux parents, afin que leurs enfants s'épanouissent plus sereinement. Merci encore pour ce beau sujet! Un monde intéressant à explorer!!
  5. Josée Bournival 27 avril 2019 à 07 h 27 min
    Bonjour Diane. Merci de votre gentil commentaire. Lorsque je réfléchis aux sujets que je souhaite aborder, j'essaye de sortir, un peu, des sentiers battus. Je pense aussi qu'il faut s'attarder au bien-être des parents. ;-) Josée XX
  6. Anne Lataillade 26 avril 2019 à 10 h 31 min
    Je me retrouve dans ce que vous dites d'autant plus que ma seconde (4 ans) est handicapée alors j'ai d'autant plus évolué! au point que ma famille ne comprend pas grand chose à notre mode de fonctionnement! tant pis, ça fonctionne comme ça, on a trouvé un équilibre et c'est bien là l'essentiel! ils n'ont pas évolué, moi oui! :p
  7. Josée Bournival 27 avril 2019 à 07 h 29 min
    Bonjour Anne. Quel constat intéressant. J'imagine, effectivement, que le handicap d'une enfant force toute la famille à évoluer. Le sentez-vous également chez votre aîné? Qu'est-ce que cette situation lui apporte, à votre avis? Josée XX
  8. Anaïs 29 avril 2019 à 05 h 26 min
    Bonjour Josée. C'est drôle, l'autre jour, un ami me dit: "C'est pas parce qu'on devient parents que ça change fondamentalement qui on est..." Et je ne suis pas du tout d'accord avec lui!!! En tous cas, moi, j'ai changé. En bien? J'en ai l'impression... Plus indulgente avec les autres, c'est sûr, et avec moi-même du coup, on fait tous comme on peut! Ah, et j'ai appris à mieux cuisiner... C'est grandir un peu, non? Je trouve que nos enfants nous embarquent dans une drôle d'aventure... Merci beaucoup pour vos textes, ils font toujours du bien
  9. Josée Bournival 29 avril 2019 à 14 h 09 min
    Bonjour Anaïs. Effectivement que c'est grandir que de mettre de nouvelles cordes à son arc! Que ce soit comme cuisinière, infirmière, coach de soccer ou tutrice de mathématique! Bravo de le relever! Au plaisir. Josée XX
  10. Lily 29 avril 2019 à 21 h 51 min
    Merci Josée pour ce texte profond et sensible, comme toujours. Pour ma part, j’ai immensément grandi en tant que personne dans la dernière année, et je pense que le fait d’être mère et d’aimer des enfants sans limite m’a donné la motivation de me regarder en face et de changer. Je vis une situation particulière, et pourtant je suis loin d’être la seule, alors je pense qu’il faut en parler. Je suis conjointe d’un toxicomane. J’ai toléré des choses folles dans ma vie et dans ma maison pendant des années et j’ai soumis mes enfants à cela. Au fil des ans, je suis devenue anxieuse. Très anxieuse. J’ai vu une thérapeute qui m’a pistée sur le fait que j’étais Codépendante et depuis, j’ai apporté plein de changements dans ma vie. J’ai accepté de prendre de la médication (pendant cette saison de ma vie), ce qui m’a rendu le sommeil - et la patience. Je me suis redonné de la place (pour mes passions et mes besoins). J’ai commencé la méditation, qui m’aide tellement à lâcher prise et à être plus dans l’instant -surtout quand je suis avec mes petits. J’ai brisé le mur de secret et de honte qui m’entourait (ça fait un bien fou!). Bref, si je n’avais pas eu d’enfants, j’aurais peut-être enduré longtemps l’inacceptable. Tout ça m’a rendue plus présente pour mes enfants, plus patiente et plus résiliente, je dirais. Tout ça à permis que mon conjoint s’occupe de son problème de toxicomanie et ça joue sur notre vie de famille, évidemment. Je ne peux pas défaire le passé, mais je peux être un modèle, dans le présent. Je peux être un pilier pour mes enfants et m’engager à lutter pour mon bien-être et pour le leur, toujours.
  11. Mireille Lévesque 2 mai 2019 à 09 h 36 min
    Magnifique texte, très profond et poétique ! J'apprends également à me piler sur le cœur pour laisser mon garçon de trois ans devenir plus autonome, tomber parfois, mais faire ses expériences et devenir fier de lui. Ce n'est pas facile, mais j'apprends à lâcher prise, et je comprends qu'aimer réside parfois dans le fait de laisser aller... :)

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