Sport amateur: quand l'enfant ne compte plus...

Sport amateur: quand l'enfant ne compte plus...
Par Julie Fortier, Responsable éditoriale, Naître et grandir
11 décembre 2018
Lorsqu’ils pratiquent un sport, les enfants veulent gagner et non seulement participer. Mais même dans la défaite, les parents doivent rester positifs.

Le cas rapporté dans les médias de cette gardienne de but de 8 ans retirée de son équipe de hockey - à la suite de la pression des parents - a fait beaucoup réagir récemment. Il y a aussi la pénible histoire de ce gardien de but de 13 ans rapportée dans La Presse samedi dernier. Le sport amateur est-il devenu un monde cruel, dominé par des parents sans pitié?, peut-on se demander.

Bien sûr que non, mais même si ces histoires - trop souvent qualifiées de cas isolés - envoient une mauvaise image du sport amateur (particulièrement du hockey mineur), il est important qu’elles soient dénoncées. Ne serait-ce que pour inciter les adultes qui gravitent autour de la planète du sport amateur à se questionner sur leur propre comportement.

Tous devraient d’ailleurs lire le livre C’est l’enfant qui compte de la journaliste Isabelle Audet et de l’analyste sportif Dany Dubé (éditions La Presse). Ils y abordent des situations courantes dans le sport mineur en proposant aux parents et aux entraîneurs plusieurs pistes de solution.

Comment réagir après une défaite?

Chaque chapitre du livre se termine par un aide-mémoire destiné aux parents et aux entraîneurs. C’est inévitable, il est question de défaites. À ce sujet, parmi les messages-clés que l’on retrouve : « éviter de souligner les erreurs après un affrontement » et « accepter que le succès se trouve ailleurs que dans la victoire ».

Évidemment, il est difficile pour le moral des troupes de faire face à une série de défaites, car les enfants veulent gagner et non seulement participer. Mais les parents doivent demeurer positifs en toutes circonstances, insistent les auteurs. Ils doivent oublier le pointage et concentrer leurs commentaires sur d’autres aspects du jeu, par exemple : la ténacité, la bonne attitude de leur enfant, le progrès de l’équipe, etc. C’est ainsi que les enfants comprendront ce que veut dire faire partie d’une équipe, soulignent-ils.

« Les adultes qui gravitent autour de l’équipe doivent souligner ce qu’ils voient de positif. Notre soutien parental est primordial. S’il y a un moment où il est important de mettre l’accent sur nos valeurs, c’est bien dans l’adversité », ajoutent les auteurs.

C’est d’ailleurs ce que mon conjoint et moi avons observé l’an dernier alors que l’équipe de notre garçon de 12 ans, qui était gardien de but, a connu une saison particulièrement pénible. Les parents ont toutefois toujours eu une bonne attitude envers les deux gardiens de l’équipe, malgré les attentes en raison du niveau compétitif assez élevé. Ils étaient plusieurs à les encourager à la suite d’une défaite. J’ai même vu un grand-papa d’une autre équipe féliciter mon garçon pour son jeu après avoir subi un blanchissage.

Cela lui faisait sans doute du bien, mais probablement plus à moi, je l’avoue. Ces moments de défaite sont très difficiles à vivre en direct pour une maman de gardien de but (et un papa)… Ce n’est pas pour rien que les deux histoires relatées dans les médias concernent des gardiens de but : ils subissent et ressentent beaucoup de pression. À cet âge, ils n’ont pas non plus tous les outils pour y faire face. Heureusement, les parents de l’équipe comprenaient qu’une défaite n’est pas la responsabilité d’un seul joueur. Et si les entraîneurs et les parents font bien leur « job », les enfants le savent aussi.

Cela n’a toutefois pas été suffisant : à 12 ans, mon garçon a décidé d’accrocher ses patins. Même si, pour plusieurs raisons, j’ai été plutôt soulagée par cette décision, j’aurais voulu qu’il connaisse une autre « fin de carrière ». Toutefois, cette année, il découvre un nouveau sport, le volley. Il explore en même temps une autre vision du sport et un jeu d’équipe différent. Bien sûr, il y a encore des défaites, mais moins de pression et, je l’espère, plus de plaisir. 

 

Photo : GettyImages/francisblack

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Commentaires (2)

  1. Joël 14 décembre 2018 à 09 h 03 min
    Mon petit-fils de cinq ans veut qu'on l'inscrive dans une équipe de hockey. Je suis prêt à participer, autant financièrement qu'en participation active, mais je me questionne. Il semble que le milieu du hockey soit particulièrement dur, parce que bien des parents visent la Ligue Nationale, alors que bien peu d'enfants aient le talent pour y accéder. En fin de compte, pour les enfants qui y participent, le hockey organisé est-il un bienfait ou une blessure?
  2. Matthias 18 décembre 2018 à 12 h 50 min
    Je peux te rassurer. Mon fils (5 ans) est inscrit depuis cette année au hockey mineur et ce que je vois ne correspond pas à tes appréhensions. Il n'y a pas vraiment de parents "durs" qui mettent une pression énorme sur l'équipe ou les joueurs à cet âge. C'est plutôt récréatif et l'accent est vraiment mis sur le plaisir. Je suppose que plus tard, surtout avec les "doubles lettres" et les classements, cela va changer, mais d'ici là, les garçons et les filles ont du plaisir sur la glace sans trop préoccupations compétitives vaines.