Apprendre sur le tas

Apprendre sur le tas
24 octobre 2018
On peut penser être prêt, mais on ne l’est jamais vraiment. En fait, la seule chose pour laquelle on peut vraiment être certain, c’est qu’on devra affronter l’inconnu.

J’ai souvent dit à propos de la paternité qu’on peut penser être prêt, mais qu’on ne l’est jamais vraiment. En fait, la seule chose pour laquelle on peut vraiment être certain, c’est qu’on devra affronter l’inconnu.

On peut se penser outillé. Et pourtant…

Ça s’est passé il y a 3 ans 1/2, peut-être 4 ans. On vivait déjà avec un petit bout d’vie depuis plus de 2 ans. La routine était installée, ça roulait bien. Puis un autre enfant s’est ajouté. À deux, on réussissait bien, même que ma blonde réussissait pas mal bien toute seule quand j’étais absent.

Et puis un soir, elle a voulu, avec raison, retrouver un soupçon de liberté. J’étais là pour prendre la relève. J’étais confiant, elle pouvait partir la tête tranquille.

Mine de rien, c’était ma première fois tout seul avec mes deux garçons. Je me pensais prêt. Je me pensais outillé. Je me pensais fort, avec les épaules assez larges pour soutenir mes épaulettes de père exemplaire.

La réalité

Mais non, je n’ai rien géré. Je n’y arrivais tout simplement pas. Comme si je ne réussissais pas à avoir les bons réflexes. À travers les pleurs d’un bébé, les demandes de l’autre, une couche à changer, un biberon à donner, je cherchais mon air et ma patience s’essoufflait.

Les heures ont passé comme un pansement qu’on tire tranquillement. Ma blonde est revenue, heureuse de s’être retrouvée. Les enfants avaient fini par s’endormir et je faisais comme si de rien n’était. J’étais seul dans le salon. Elle est venue s’asseoir à côté de moi pour me raconter sa soirée. Je l’ai écoutée, silencieux. Elle m’a alors demandé comment a été la mienne. J’ai répondu silencieusement, mes yeux se sont mouillés... puis j’ai éclaté.

Je n’avais pas réussi. Je n’avais pas été à la hauteur du modèle de père que je m’imposais. Et le pire, c’est que je ne voyais pas comment je pourrais éventuellement recommencer l’expérience, cette simple expérience de juste être seul avec mes enfants. Le monde entier ne s’était pas écroulé, mais une petite partie oui.

Prendre du recul

Elle m’a pris dans ses bras et elle m’a regardé : la marmaille dormait et tout le monde était en un morceau. Oui, j’étais à bout et la maison était en bordel, mais j’avais quand même réussi. La pression, c’est moi qui me la mettais.

Ma conjointe s’est sentie mal de me laisser seul avec les enfants quelque temps. Elle avait peur pour moi, peur que je brise encore. Mais voilà, les outils que je n’avais pas, je les ai accumulés de fois en fois. Et maintenant, je peux me targuer d’être ce père que je voulais être il y a 4 ans.

Jusqu’à la prochaine fois…! ;)

 

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Photo : GettyImages/PeopleImages

Fier Père
Je suis Keven Beauregard, fier père de 2 garçons qui tente, tant bien que mal, de transformer l'ordinaire en extraordinaire! Des fois, ça fonctionne.
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Commentaires (2)

  1. Marc-André 29 octobre 2018 à 10 h 39 min
    Merci pour cette chronique, j'avais l'impression qu'on parlait exactement de ce que j'ai pu ressentir quelques fois lorsque je me suis retrouvé seul avec notre fille de 2 ans. Ça nous fait sentir un peu moins seul dans cette situation et un peu plus "normal". Je suis un jeune papa, et les courriels hebdomadaires de Naître et grandir m'aident beaucoup dans tous les aspects de la paternité. Un fidèle lecteur, Marc-André
  2. Fier Père 3 novembre 2018 à 15 h 16 min
    Salut Marc-André! Merci pour ton commentaire. Je suis content de voir que mon histoire a tapé dans le mille car c'est principalement le but de ce blogue, faire sentir qu'on est tous dans le même bateau au fond, dans les hauts comme dans les bas. Merci de lire! Bonne journée!

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