L'autonomie sur le tas

L'autonomie sur le tas
23 février 2018
On en vient à valser trop souvent avec le découragement; on voudrait trouver le moyen de pouvoir accélérer l’apprentissage de l’autonomie.

L’autonomie. Ce mélange d’assurance et de débrouillardise qui fait que notre enfant trouve le moyen de faire ce qu’il veut par lui-même. Pas l’autonomie du gamin de 2 ans qui veut tout faire tout seul en saccageant les trois quarts en essayant. Non, la vraie autonomie.

Celle que nous supplions tous les matins et soirs quand ils veulent qu’on les lave à leur place. Quand ils font « le bacon » pour que ce soit des mains d’adultes qui mettent leur chandail. Ou quand on leur essuie les fesses tracées de nonchalance.

On en vient à valser trop souvent avec le découragement. On voudrait trouver le moyen de pouvoir accélérer l’apprentissage.

C’est à ce moment, dans un parfait timing, que la maternelle entre en scène, comme le monstre à abattre pour passer au second niveau. Avec ces pantalons d’hiver pas mettables tout seul. Ces grands corridors comme un labyrinthe un peu simple servant à aiguiser le sens de l’orientation. Ces mitaines toutes mouillées l’hiver quand il fait 2°C. Ces lunchs qu’ils doivent manger par eux-mêmes, composés d’un dessert qui les regarde avec les yeux du chat dans Shrek en suppliant de le manger en premier. Pas à pas, l’autonomie s’installe tranquillement.

Mais même si nous devrions ressentir la joie de voir notre enfant devenir de plus en plus responsable et autonome, un autre sentiment prend le dessus. Un sentiment obligé, incontournable, jouant le rôle d’un couvercle à enlever pour profiter de toute la satisfaction à laquelle nous avons droit. Ce sentiment, c’est l’angoisse de laisser notre enfant seul pour affronter le « monstre ». Et on alimente notre anxiété de parents poules en se posant mille questions, en se faisant mille scénarios.

J’ai vécu ce petit stress l’autre jour. Le froid était fort et on avait laissé (OK, oublié…) les pantalons d’hiver dans son casier la veille. En rentrant à l’école, il se fait dire « va mettre ton sac dans ton casier et va rejoindre les autres amis dans la cour ». Moi, en bon père, je complète en lui disant : « Tu mettras ta salopette mon homme, OK? » Et là, l’angoisse. Il ne lui restait que 10 minutes avant que la cloche sonne. Je l’imaginais, stressant pour réussir à temps, pleurer parce qu’il n’est pas capable. J’avais beau m’en faire, je ne pouvais pas lui donner un coup de main. Dans l’arène, les parents ne sont pas admis. Garçon doit apprendre en encaissant les coups.

Heureusement, toute cette inquiétude est souvent apaisée à la fin de la journée, quand il nous raconte la superbe aventure qu’il a eue dans le ring avec ce fameux monstre qui, au fond, est un gros nounours prêt à l’aider à passer le niveau. Et nous sommes fiers d’eux.

Et nous profitons enfin de la satisfaction.

 

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Photo : GettyImages/monkeybusinessimages

Fier Père
Je suis Keven Beauregard, fier père de 2 garçons qui tente, tant bien que mal, de transformer l'ordinaire en extraordinaire! Des fois, ça fonctionne.
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Commentaires (1)

  1. Hélène Isabelle 24 février 2018 à 16 h 55 min
    Texte très intéressant et aidant